
Le froid qui sévit en Europe a augmenté les besoins en gaz du continent. Ce qui ne va pas sans mal : les perturbations de l'approvisionnement en gaz russe sont importantes depuis deux jours. Mais l'Europe ne craint plus la pénurie.
A températures exceptionnellement basses, besoins exceptionnels de gaz pour le chauffage. Toute l'Europe a soudain augmenté ses commandes à Gazprom, puisque le producteur russe représente un quart des besoins européens. Pourtant, depuis deux jours certains pays voient baisser les quantités livrées par la Russie via ses gazoducs : moins 7% à la frontière de la Pologne, où l'industrie est rationnée au profit des particuliers, moins 10% en Italie, moins 30% en Autriche et en Slovaquie.
Gazprom dément avoir fourni moins de combustible aux Européens pour compenser la plus forte demande intérieure que connaît dans le même temps la Russie. Le géant du gaz affirme même que depuis le milieu de la semaine dernière il a augmenté de 20% l'approvisionnement du gazoduc Yamal, qui traverse la Biélorussie, la Pologne et rejoint l'Allemagne et qu'il a augmenté au maximum les capacités du gazoduc Blue Stream qui rejoint la Turquie puis l’Europe. A nouveau Gazprom rejette la responsabilité sur l'Ukraine, par laquelle passe encore le principal gazoduc européen Transgaz (aboutissement de Brotherhood). L'Ukraine, pays le plus mortellement frappé par la vague de froid, aurait augmenté considérablement sa ponction de combustible en ce début d’année, alors que son gouvernement souhaitait au contraire la baisser pour ne pas subir trop lourdement les nouveaux prix imposés par Moscou.
Pourtant, la situation a bien changé depuis 2009 où certains Etats, comme la Slovaquie, avaient vu leur approvisionnement gazier totalement coupé. Un nouveau gazoduc, Nord Stream, a été inauguré en novembre dernier, il passe sous la mer Baltique pour rejoindre l'Allemagne, ce qui diminue la dépendance du gaz russe à la route ukrainienne (de 80% elle n'est plus que de 65% vers l’Europe). Des interconnections ont été réalisées pour faire circuler le gaz d'Ouest en Est si besoin. Surtout, les capacités nationales de stockage ont été grandement renforcées et, cette année, elles sont au plus haut, étant donné la douceur qu'a connue l'Europe jusqu'à la semaine dernière. Il n'y a donc pas de pénurie de gaz en vue.

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati














Commentaires
Réagissez à cet article