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Bamako et d’autres villes comme Kati ou Ségou, ont été, hier, les théâtres de manifestations consécutives aux troubles dans le nord du Mali. Les manifestants entendaient protester contre ce qu’ils dénoncent comme étant la « mollesse » de la réponse des autorités maliennes face au Mnla, le Mouvement national de libération de l’Azawad. Dans la capitale, des exactions ont été commises et des manifestants s’en sont pris aux communautés à peau claire, touaregs ou arabes.
Le Républicain parle de « jeudi noir à Bamako », qui « était en feu (…) du monument de l’indépendance à celui du Mali, les manifestants (s’étant) rendus maîtres de la ville», relate le journal.
Lequel préconise « d’éviter de donner au Mnla une triple victoire. A commencer par la victoire de la communication ». Mais, estime le quotidien, l’autre victoire qu’il faut refuser au Mnla, c’est « l’acharnement des foules contre les biens ou la personne des Touaregs et des Arabes ». Quand à la troisième « victoire » que Le Républicain enjoint d’éviter au Mnla, c’est celle d’une classe politique qui n’a en tête que « ses kits électoraux bloqués quand la République brûle ».
Mali : l’hydre et la méduse
Cette situation au Mali préoccupe au Burkina-Faso voisin. « D’où vient (…) cette mauvaise idée de faire subir l’enfer sur terre à des frères (avec qui ils vivaient en bonne intelligence avant ces évènements) parce qu’ils sont Touaregs, s’indigne ainsi le quotidien burkinabé Le Pays, au sujet des manifestants? A l’évidence, la violence des combats et leur issue incertaine pour l’heure, trouble le bon sens de nombreux citoyens maliens et les font tomber dans des considérations dangereusement ethnicistes ». Et le journal met en garde : « Il faut certainement faire baisser la fièvre pour que les élections puissent se tenir à bonne date » au Mali, professe Le Pays.
« Le risque est énorme de voir le Mali aux abois », rehausse L’Observateur, toujours au Burkina-Faso. « Si l’Hydre d’Aqmi et la Méduse de la rébellion finissent par mettre le Mali à genoux, elles ne voudront pas s’arrêter en si bon chemin ; car leur appétit insatiable aura alors pour nouvelle ambition d’accrocher toute la sous-région à leur tableau de chasse ».
Mais contrairement à son confrère Le Pays, L’Observateur, sans attendre, considère que, « dans cette atmosphère, pour volontaire qu’il soit, (le Président Amadou Toumani Touré) ne peut, à l’heure actuelle, envisager sereinement la tenue de la présidentielle (…) On n’organise pas d’élection dans un contexte de très grande insécurité qui frappe une si grande partie d’un pays », estime L’Observateur, qui a vu un ATT « désemparé » face à la situation prévalant dans son pays.
Sénégal : ouragan ou simple brise ?
Au Sénégal, l’opposition n’appelle plus seulement au retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade, mais carrément à sa démission ainsi qu’à celle du ministre de l’Intérieur. Et la presse africaine se demande ce que va faire le M23, le Mouvement du 23 juin, qui regroupe l’opposition sénégalaise, en ce vendredi de prière pour les musulmans. Comme pour le cas malien, la situation sénégalaise ne manque pas de préoccuper la presse dans les pays de la sous-région.
Restons au Burkina avec Le Pays. Le journal relève les « pressions extérieures sur Wade », notamment celles des « chancelleries occidentales », qui ont « hérissé le poil du pouvoir de Dakar ». Lequel a répliqué que le Sénégal n’avait de « leçon de démocratie à recevoir de personne ». Le Pays s’interroge sur ce genre de reflexes de « souveraineté » qui sont « les signes d’un président aux abois ».
« Pourquoi tant d’obstination », se demande au sujet d’Abdoulaye Wade, Guinée Conakry Info ? Le site guinéen d’informations en ligne se demande « ce qui peut pousser l’ancien chantre du combat en faveur de la démocratie et des droits humains à vouloir se renier ainsi. Qu’est-ce qui, dans le pouvoir et ses privilèges, aveugle tant Me Abdoulaye Wade (…) quel objectif vise l’ancien opposant historique et qui mériterait qu’il expose son pays à tous les risques ? », insiste Guinée Conakry Info, avant de fournir la réponse, toute acerbe : le pouvoir ? Abdoulaye Wade le veut « surtout pour lui et les siens. Le reste semble passer au second plan. Et puisque la fonction de président de la République ne se définit pas de cette façon, il faudra empêcher le coup de force que s’apprête à perpétrer le clan Wade contre le processus démocratique sénégalais », martèle Guinée Conakry Info.
On conclura par la presse française qui évoque aussi ce matin la situation sénégalaise, avec ces titres : celui du Figaro qui relève que « Paris et Washington mettent Wade sous pression », étant rappelé la sortie du ministre des Affaires étrangères mercredi (Alain Juppé avait parlé de « passage de générations organisé ») ainsi que celle du département d’Etat américain. Et ce titre de L’Humanité ce matin : « Wade s’accroche et provoque ».

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