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Le thermomètre qui dégringole comme rarement de mémoire de citadins frigorifiés, et le froid qui « continue son show », comme le formule si finement Le Parisien-Aujourd’hui en France, s’invitent dans les conversations du quotidien et se retrouvent donc en bonne place dans les quotidiens. Selon Le Parisien, la France n’avait pas connu une vague de froid aussi intense « depuis vingt ans ». Ah bon ! J’ai eu beau chercher, je n’ai pas relevé les données météos de 1992 dans les colonnes du journal. Mais, emmitouflés comme des Inuits, ses lecteurs ne vont probablement pas mégotter. Si leur quotidien préféré le leur dit, ne seront-ils tentés de le croire sur parole… Après tout, ce qui compte c’est de savoir que faire. Car le froid « nous perturbe », complète le quotidien, il perturbe les transports, développe Le Parisien (et l’on imagine qu’il veut plutôt parler des transports en commun et non d’autres types de transports, qui doivent aussi être perturbés par ce froid polaire). Il perturbe les chantiers, les écoles, la distribution d’électricité, les calendriers sportifs et même les prisons. A celle de Fleury-Mérogis, près de Paris, la moitié des cellules du bâtiment D ont ainsi les vitres cassées, rapporte Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Reportage, dans Libération, sur les SDF du bois de Boulogne à Paris, les Sans domicile fixe, qui vivent sous la tente et que des équipe de la ville de Paris tentent de convaincre de rejoindre des centres d’accueil. D’ordinaire, ils ne veulent pas abandonner leurs maigres affaires. Mais la température est visiblement un « cas de force majeur », alors ils acceptent, relate le journal. Enfin, pas tous. On recherche ainsi « le Provincial », un jeune arrivé au bois de Boulogne l’an dernier, et qui a disparu depuis quarante-huit heures. Il fait – 8°. Sa tente plantée à côté du barrage de Suresnes est désespérément vide. Où est-il ? Les sauveteurs sont inquiets. « La mission de demain sera de le retrouver à tout prix ». Et s’il n’y avait que l’hiver... Au printemps et en automne, le souci, c’est l’humidité. Et en été, la déshydratation. « La misère ne prend pas de vacances ». C’est à lire dans Libération.

« Et oui, il fait froid en hiver », confirme Le Républicain Lorrain ! Et les journaux télévisés consacrent la moitié de leur contenu à cette spectaculaire découverte comme à une nouvelle notion météo qui fait flores : le froid « ressenti », bien plus vif que celui relevé par le thermomètre. Comme le note La République du Centre, cette vague de froid « donne lieu aux mêmes emballements éphémères que bien d'autres sujets traités dans l'émotion du moment, sans forcément qu'en soient tirées les leçons pour des rechutes ultérieures ».

A la Une également, une actualité, brulante celle-là, l’Afghanistan

L’Alliance atlantique a décidé d’accélérer son retrait de ce pays, en rétrocédant à fin 2013 au plus tard la responsabilité du maintien de la sécurité intérieure à l’armée afghane, soit un an plus tôt que prévu. « L'accélération du calendrier de retrait des troupes françaises d'Afghanistan a été un électrochoc pour la stratégie de l'Otan », souligne Le Figaro. Le journal explique que la mort des quatre formateurs français, tués froidement par un militaire de l'armée afghane, « a été le déclic. À quoi bon jouer les prolongations si l'on doit de toute façon s'en aller ? Il est urgent de mettre l'état major afghan en face de ses responsabilités », proclame Le Figaro.

« Que retiendra l'histoire de l'intervention de l'OTAN en Afghanistan ? », s’interroge Le Monde, qui évoque les « dix ans de tâtonnements et de tiraillements » qu’ont été cette intervention de l’OTAN décidée au lendemain des attentats du 11 septembre. Dix ans après, la venue de l'Alliance atlantique sur le sol afghan se solde par « quelque chose qui ressemble à un échec, juge le quotidien du soir. Les annonces du chef de l'Etat français de retirer son contingent ne sont que la dernière manifestation d'une solidarité de façade qui a été celle des membres de l'Otan en Afghanistan...La guerre, avec son coût humain et financier pose la question du sens de ce type d'intervention ».

Enfin un mot des Noirs de France, à la Une de Libération

Le journal leur consacre un dossier à l’occasion de la sortie d’un livre intitulé la France noire, écrit à « vingt mains », dont celles de notre cher Elikia Mbokolo, et coordonné par l’historien et chercheur Pascal Blanchard, auteur de plusieurs ouvrages sur la question coloniale et l’immigration, mais aussi à l’occasion de la projection demain, d’un documentaire télévisé sur le sujet. « Jamais un Blanc ne pourra éprouver ce que signifie être Noir en France aujourd'hui », lance le journal, qui parle de « racisme diffus, souvent involontaire, parfois plus pervers, qui traverse sans exception toutes les strates la société française ». Libé cite l'historien français Pap NDiaye, pour qui être noir en France constitue aujourd’hui un « handicap social objectif ». Cela se traduit dans la vie de tous les jours, notamment quand il s’agit de trouver un travail ou un logement, souligne Libération, qui professe : « seule une reconnaissance sociale, politique et culturelle aux antipodes d'un discours républicain dévoyé, permettra à ces individus de revendiquer et de vivre la richesse de leur double conscience : Noirs et Français. Qu'ils puissent enfin devenir aussi visibles qu'invisibles ».

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