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jeudi 09 février 2012
Dharavi : Le bidonville qui vaut des millions (rediffusion)
Shakil Shaikan supervise la construction de 3 tours de 7 étages qui seront construites dans un des secteurs de Dharavi. Le prix phénoménal de l’immobilier à Bombay permet de reloger gratuitement les gens contre la revente d’une partie du terrain.
Shakil Shaikan supervise la construction de 3 tours de 7 étages qui seront construites dans un des secteurs de Dharavi. Le prix phénoménal de l’immobilier à Bombay permet de reloger gratuitement les gens contre la revente d’une partie du terrain.
RFI/Sébastien Farcis
Par Sébastien Farcis

C’est l’un des plus grands bidonvilles d’Asie, une ville dans la ville de Bombay, que le monde a découvert sur grand écran, en 2008, avec le célèbre film Slumdog Millionnaire, de Danny Boyle. Dharavi compterait entre 600 000 et 1 million d’habitants qui vivent dans des conditions difficiles, mais qui ont créé une activité impressionnante depuis près d’un siècle: c’est dans ce bidonville qu’est, par exemple, recyclée la majorité du plastique, de la ferraille ou des appareils électroménagers de Bombay, et de toute sa région. Dharavi accueille également des potiers et des milliers d’autres artisans, qui génèrent en tout un chiffre d’affaires estimé à 500 millions d’euros par an.
Mais Dharavi, auparavant située à la périphérie de la ville, se trouve aujourd’hui au coeur de la capitale financière de l’Inde. Et ce terrain vaut donc de l’or. Un projet de réhabilitation et de relogement de tous les habitants dans des tours est sur le point d’être approuvé. Mais, il risque de mettre en péril ce qui fait l’essence même de ce quartier : son économie informelle. Reportage au coeur de Dharavi.
(Rediffusion du 5 janvier 2012).

Diaporama
Dharavi, l'un des plus grands bidonvilles d'Asie, porté à l'écran dans Slumdog Millionnaire, compterait environ 750 000 habitants. Et accueille une pépinière d'usines informelles en plein coeur de la capitale économique indienne.
RFI/Chandra Shekar
Suresh a 15 ans, et fait partie des nouveaux migrants arrivés de régions plus pauvres d'Inde pour travailler dans ce bidonville. Il transporte toutes sortes de plastique pour le triage, et se fait payer au poids.
RFI/Sébastien Farcis
Dans ses ruelles minuscules, Shakil (à g.) attend les chargements pesés sur sa balance, les comptabilise sur son cahier, et les envoie ensuite vers son petit atelier de triage. Il traite ainsi plus d’une tonne par jour, ce qui lui offre un bon revenu.
RFI/Sébastien Farcis
Dans une petite salle obscure, les trieurs cassent les objets à coups de marteau ou de pinces, et répartissent les morceaux dans sept casiers différents, suivant la qualité du plastique.
RFI/Sébastien Farcis
Jouets, morceaux de télécommande ou de ventilateur, tous les types de déchets en plastique des 20 millions d’habitants de Bombay sont récoltés à Dharavi pour être recyclés.
RFI/Sébastien Farcis
Tout ce plastique est ensuite broyé dans l’atelier adjacent, et termine sa première vie en petits morceaux. Mais il sera alors lavé, fondu en palettes, et pourra renaître sous forme de chaises ou de nouveaux jouets.
RFI/Sébastien Farcis
Les canettes de la ville et tout autre objet en aluminium sont également récupérés à Dharavi et transformés en lingots pour être recyclés.
RFI/Sébastien Farcis
Dans ce grand bidonville se cache également des mains d’or : ces travailleurs venus du Bihar, un Etat lointain et pauvre, confectionnent ici de somptueux vêtements brodés qui seront exportés dans les pays du Golfe.
RFI/Sébastien Farcis
Mais cette cité informelle est rattrapée par l’expansion de Bombay : le fameux quartier des pipelines vient d’être détruit pour laisser place à de futurs immeubles où devraient être relogés les anciens slumdogs.
RFI/Sébastien Farcis
Shakil Shaikan supervise la construction de 3 tours de 7 étages qui seront construites dans un des secteurs de Dharavi. Le prix phénoménal de l’immobilier à Bombay permet de reloger gratuitement les gens contre la revente d’une partie du terrain.
RFI/Sébastien Farcis
Des projets similaires ont déjà créé des tours dans d’autres quartiers, mais faute d’entretien, leur apparence devient rapidement lugubre et les ascenseurs tombent vite en panne.
RFI/Sébastien Farcis
La famille Chandra, comme l’énorme majorité des habitants, vit dans une seule pièce sombre de 8m2, sans toilettes et avec peu d’eau courante. Les parents et deux enfants dorment à même le sol.
RFI/Sébastien Farcis
Le nouveau projet de rénovation du quartier promet de reloger tout le monde gratuitement dans des appartements de 30m2 avec toilettes, comme celui de Suresh Shawan. Mais beaucoup craignent de perdre alors leur activité informelle et donc leurs revenus.
RFI/Sébastien Farcis

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