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Des hélicoptères ont frappé hier le nord est du pays pour tenter de contenir l’avancée des rebelles. Lesquels, en près d’un mois, ont attaqué plusieurs villes près des frontières mauritanienne et algérienne. Et l’émotion, toujours aussi vive, continue de transpirer dans la presse malienne.

Pour L’Indépendant, c’est clair, le Mali va « devoir se lancer dans une guerre qu’on lui aura imposée ». Le journal, qui fustige les « bandits armés » ou encore de « criminels du désert », estime qu’à présent, « il faut se rendre à l’évidence que la fermeté prônée, notamment par ATT (…) doit avoir (…) droit de cité ».
 
Pour Le Républicain, au contraire, « le salut n’est pas dans la guerre. Il est dans la négociation et négocier avec son peuple n’est pas de la faiblesse », énonce le journal.
 
Mali : le rôle de la France
 
C’est dans ce contexte qu’Henri de Raincourt était hier à Bamako. Le ministre français de la Coopération a assuré le président malien Amadou Toumani Touré du soutien de la France. Mais une partie de la presse malienne a comme un doute.
 
« A quoi joue la France ? », s’interroge ainsi L’Aurore, après les déclarations du ministre français des Affaires étrangères sur notre antenne. Alain Juppé avait dit que « la rébellion avait engrangé des succès ». C’en était trop pour certains organes de presse comme L’Aurore, donc, qui relève que « le succès auquel le Ministre français des Affaires Étrangers fait allusion est entaché d’exactions graves et même passibles de comparutions devant la Cour Pénale Internationale ».
 
Et L’Aurore n’est pas le seul organe de presse à réagir à Bamako. Le Républicain trouve, lui, « déplorable, voire méprisant le cheminement par lequel Alain Juppé exige le cessez-le feu. Un ministre respectueux de l’orgueil des peuples n’a pas à constater les exploits d’une rébellion, s’indigne le Républicain. Or il l’a fait ».
 
Et tandis que les esprits s’échauffent, et que, parfois, les mots dépassent la pensée, cette réflexion à lire dans Le Flambeau. Elle émane d’un politologue malien qui enjoint « les uns et les autres à éviter de tomber dans le piège de la confusion entre les braves populations du Nord et les assaillants qui ont pris les armes. Le Mali est une vieille civilisation d’hospitalité et de pardon, écrit-il. Le véritable défi pour le peuple malien reste la préservation des acquis démocratiques issus de la révolution de mars 1991 ». Son nom : Madou Nimaga, enseignant chercheur à l’université de Bamako.
 
De son côté, Le Combat s’inquiète d’un aspect de cette question sécuritaire au nord-Mali. Le journal s’alarme-même de ce qu’il appelle la « prolifération des missiles libyens ». Le Combat évoque des missiles sol-air portables avec lesquels Al-Qaïda « pourrait s’en prendre à des appareils commerciaux ». Mais à noter qu’il cite aussi un spécialiste des questions militaires. Lequel tempère ces craintes, expliquant que « les terroristes sont plus susceptibles de viser des appareils militaires volant à faible altitude. »
 
Mali : voisins inquiets
 
Dans la sous-région aussi, la crise malienne est à la Une. Au Burkina-Faso, Le Pays estime que l’afflux de réfugiés maliens met « l’hospitalité burkinabè à rude épreuve ». On en dénombre 2000, comptabilise le quotidien. Mais la campagne céréalière « ayant été morose cette année, la tâche ne sera pas de tout repos dans la partie Nord du Burkina qui tend à se transformer en camps de réfugiés ».
 
Et puis L’Observateur se penche sur cette idée de partition du Mali pour estimer que « la partition du pays que réclament les Touaregs s’apparente plus à une fausse solution qu’à une mesure idoine qui réconcilie et fédère toutes les composantes de la nation malienne ».
 
Certes, réplique Guinée Conakry Info, mais « plus la crise perdure et sur la base des indéniables avancées rebelles face aux troupes loyalistes et au regard des conséquences humanitaires qui en découle, on commence à prendre un peu plus au sérieux les prétentions sécessionnistes, que dit incarner le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ». Et le site internet guinéen évoque lui aussi les réfugiés maliens, « qui ont choisi d’abandonner leurs domiciles et leurs biens pour sauver leur vie. Ils sont désormais estimés à plusieurs dizaines de milliers, à se trouver dans les pays voisins », affirme Guinée Conakry info.

Fiche Pays :
Commentaires (1)

CE FEU POURRAIT EMBRASER TOUTE LA REGION

Pour éviter que ma prophétie de mauvaise augure se réalise il faut éteindre vite ce feu sinon c'est grave. Il faut se dire que l'évènement se déroule dans un monde aujourd'hui devenu transparent. La page du journal, l'observateur du Burkina, que vous avez résumée ici n'est pas tombée comme un cheveu dans la soupe, elle est comme, si vous voulez, une mise au point d'une autre page, celle de l'édition précédente (miraculeusement nettoyée des publications en ligne, on donc du s'être arrangé solidairement), page qui avait été consacrée à un rebelle malien galonné qui ne se l'est pas laissé conté en terme de publicité et d'apologie pour l'exhibition de sa rébellion. Il n'en a pas fallu plus pour que l'opinion se surchauffe, des réseaux sociaux d'abord dans la matinée (je pense que le monde n'a pas encore apprécié à sa juste valeur la capacité de ces réseaux à soulever la pâte) puis dans les bureaux, et le soir, dans les maquis et les domiciles. Réaction OBLIGEE du gouvernement (sortie agacée du Ministre des Affaires Etrangères) puis hier matin la publication corrective de la page que vous citez ici. Ces faits nous font constater que des décisions comme celles des guerres et/ou des soutiens sont si cruciales qu'elles ne peuvent plus être confiées au seul bon vouloir de ceux qui dirigent. Désormais ce sera ainsi et rien ne sera plus comme avant, je vous le prédis. Pour notre rébellion, les Etats à travers les dirigeants, surtout françaises, peuvent dire ce que leur diplomatie et/ou leur intérêts recommandent mais quand çà va chauffer vous verrez les peuples à l'oeuvre, vous verrez que des Burkinabé sont prêts à voler au secours de leurs frères maliens ou sénégalais que WADE ou COMPAORE ou Alain Juppé se taisent ou tergiversent. Je vous livre en 2ème post un exemple-témon de réaction dans un forum de journal burkinabé, après la publication de la page corrective qui a enrichi votre revue de presse.

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