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Le président de la République n’a toujours pas annoncé sa candidature à la prochaine présidentielle. Mais les signes de l’imminence de cette annonce se multiplient et la presse ne bruisse ce matin que de commentaires sur ce suspens qui n’en est sans doute plus que probablement pas un.

« Ça se précise ! », croit savoir Le Parisien-Aujourd’hui en France. « Nicolas Sarkozy accélère et met la barre à droite », constate le journal, qui affirme qu’à l’UMP, les préparatifs « sont bouclés pour le déclenchement des hostilités ».
 
« La fin de l’hypocrisie approche. Tant mieux », lance Libération, au sujet de cet agenda supposé du président que la presse tient scrupuleusement.
 
Mais au-delà de ces questions de calendrier dont elle fait grand cas, c’est surtout sur le contenu de l’entretien accordé par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine, et que l’hebdomadaire publiera demain, que les journaux français se penchent aujourd’hui, à commencer par les référendums qu’il envisage d’organiser.
 
« Nicolas Sarkozy choisit l’offensive, brandissant l’arme du référendum, l’appel à l’arbitrage populaire », relève La Croix, qui note que, sur l’emploi, le chef de l’Etat promet d’agiter le « chiffon rouge, envisageant un durcissement des obligations qui seraient faites aux chômeurs, quitte à paraître leur faire un procès en mauvaise volonté et à s’attaquer aux chômeurs plutôt qu’au chômage ».
 
Libération, toujours, se récrie. « La stratégie est celle d’un candidat sur la défensive, obligé de bétonner. Et son recours au référendum ressemble à une bouteille à la mer envoyée par un capitaine sans boussole ». D’autant, martèle Libération, que les référendums évoqués par le président « fragiliseraient toujours plus les chômeurs et les étrangers ».
 
A l’inverse, Le Figaro applaudit. « Si on avait demandé son avis plus souvent au peuple français, la France n’en serait peut-être pas là où elle en est aujourd’hui, soutient le journal. (…) Lorsque Nicolas Sarkozy propose d’user du référendum sur la question de l’indemnisation du chômage, de quoi parle-t-il ? Il soulève la question de fond du maintien, ou non, de l’État-providence, qui ne peut plus survivre à la rigueur des temps. Demander directement aux Français ce qu’ils en pensent, plutôt que de tenter de les contourner, n’a rien de scandaleux », remarque Le Figaro, qui oppose donc, ce matin, « le peuple et les élites ».
 
« Sarkozy plus réac que jamais », s’indigne L’Humanité. Car avec cette proposition de recours au référendum, le président espère, certes, « contenter l’aspiration légitime des Français au véritable exercice démocratique ». Mais il offre aussi un « gage de plus à l’électorat du Front National », rehausse le quotidien communiste, selon lequel « le président de la République est désormais candidat et son programme dégage les mêmes effluves nauséabonds (...) présenter des propositions qui stigmatisent les chômeurs et menacent les étrangers »
 
Dumping social : Renault franchit les Colonnes d’Hercule
 
Installée dans la zone franche de Tanger, cette usine qui va assembler chaque année entre 150 et 170 000 voitures à bas prix de la marque Dacia, a été inaugurée hier par le Roi Mohamed VI en présence du patron de Renault Carlos Ghosn. Et elle inquiète les syndicats de Renault, car les voitures ainsi produites à bas coûts, seront en grande partie réimportées en France.
 
« Pourquoi Renault s’installe hors de France », lance, en Une, Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le journal observe tout de même que, ce faisant, Renault « vient d’enflammer le débat sur les délocalisations ».
 
« Renault : je t’aime, un peu, bas coût », raille Libération qui s’inspire de la comptine enfantine sur l’effeuillage de la marguerite. Le journal constate que cette inauguration s’est faite « ne l’absence des responsables politiques français ».
 
Pour Le Courrier Picard, pas de doute, « Plutôt que d’exporter vers les pays émergents, Renault s’installe chez eux. Dans un monde idéal (…) on se dit qu’il serait préférable de produire en France, de faire travailler des sous-traitants français et d’employer la main-d’œuvre présente sur le sol français, objecte le quotidien. Au lieu de quoi la marque au losange s’en va profiter du dumping social » au Maroc.
 
Mais c’est encore plus dans le Nord de la France que l’inquiétude des ouvriers de l’automobile est grande. Et La Voix du Nord s’en fait l’écho. « L’inauguration d’hier sonne comme une provocation ! s’étrangle le quotidien. Il fut un temps où les hommes politiques prenaient garde à “ne pas désespérer Billancourt”. Billancourt a fermé depuis longtemps et aujourd’hui le PDG de Renault lui-même n’hésite pas à semer l’inquiétude dans ses propres usines (…) En organisant la concurrence à bas coût à proximité du marché français, le patron de Renault les affaiblit », se navre donc La Voix du Nord.

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