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En ce premier anniversaire de l’insurrection ayant abouti à la chute de Kadhafi, quelques journaux dans la sous-région en dressent un bilan amère.
« Les ex-rebelles du CNT sont maintenant califes à la place du Guide, formule ainsi Fazoline, au Burkina-Faso. Leurs alliés occidentaux peuvent se frotter les mains, fiers d’avoir eu la peau de Kadhafi. Mais la Lybie est loin d’avoir retrouvé la paix. »
« Certes, le 17 février est un grand jour ». Mais, un an après, les Libyens ont-ils le « cœur à la fête ? « Assurément non », tranche L’Observateur Paalga. Selon le journal, le pays entier « reste ingouvernable (…) Le CNT est si impopulaire que l’on se demande si la fête sera belle dans le pays (…) La Libye se disloque peu à peu, chaque entité préparant son autonomie », regrette L’Observateur, selon lequel, « il semble plus facile de vaincre Kadhafi que de gouverner après lui ».
Anniversaire « amère », estime encore Guinée Conakry Info. Un an après, « ce n’est pas encore l’eldorado. A un système dictatorial est en train de succéder un autre système dictatorial, avec en prime, une inquiétante dose d’islamisme zélé », se navre le site internet guinéen. « Comme par le passé, on torture, on emprisonne et on tue dans une révoltante impunité. Seule l’identité des victimes a changé. Hier, il s’agissait des adversaires de Mouammar Kadhafi (…) Aujourd’hui, le malheur changeant de camp, il a déménagé chez ceux qui ont eu la naïveté de croire et de défendre le même guide jusqu’à sa fin », se récrie Guinée Conakry Info.
RDC : l’église se rebiffe
En République démocratique du Congo, l’église catholique empêchée de manifestation. La police est intervenue sans ménagement à Kinshasa pour disperser une marche de chrétiens remettant en cause les résultats proclamés des dernières élections.
Et pourtant, souligne Le Potentiel, « la veille de la marche pacifique (…) le porte-parole civil de la Monusco et l’ambassadeur des USA en RDC avaient lancé un appel aux autorités les invitant au respect (des dispositions) de la Constitution relati(ves) aux marches pacifiques ».
Pour le journal L’Avenir, pas de doute, la marche des chrétiens « a récolté un échec cuisant ». Il s’agit ni plus ni moins d’un « ballon dégonflé », et même d’un « camouflet pour l’église catholique ». Et L’Avenir d’enfoncer le clou : « la population en a marre de ces marches ».
Avis diamétralement opposé du journal Le Congo Indépendant. Lequel évoque, au contraire, la « lutte finale entre le pouvoir kabiliste et l’Eglise catholique ». Et Le Congo Indépendant prévient : « le pouvoir kabiliste ‑ habitué à régler tous les différends par la force brutale ‑ aura désormais en face de lui un vrai contre-pouvoir : l’Eglise catholique ».
Cette actualité congolaise est également commentée au Burkina-Faso, où le quotidien Le Pays trouve « atypique » et « sujette à caution » la démarche de l’église en RDC. « On ne comprend pas que c’est au moment où le vin est tiré, que l’Eglise revient sur le passé », s’étonne Le Pays, selon lequel l’église congolaise « donne en tout cas l’occasion au pouvoir de dire qu’elle roule pour l’opposition à partir du moment où ses récriminations contre le scrutin (…) sont les mêmes que celles des opposants à Kabila ».
Mali : sus aux hommes bleus !
Au Mali, les prochaines élections sont liées au « retour de la paix et de la stabilité ». Avis signé du président de l’assemblée nationale, Dioncounda Traoré. Lequel s’impose comme le « chef d’orchestre de la grande symphonie politique » autour de la crise, estime le journal malien L’Aurore, qui souligne ce matin les « atouts de rassembleur » du Pr. Traoré.
Cette crise au Nord-Mali s’est, en tout cas, invitée au sommet de la CEDEAO à Abuja au Nigéria.
Et l’Afrique de l’ouest est « inquiète pour le Mali », lance, en France, le journal L’Humanité. Pour le quotidien communiste, « l’escalade de la violence dans cette région du pays pourrait bien alimenter une crise politique à Bamako, à quelques semaines de la date prévue pour l’élection présidentielle ». Cette crise, en tout cas, « revêt bien désormais, un caractère régional », souligne L’Humanité.
Le Figaro confirme. « Les affrontements avec les indépendantistes se concentrent près de la frontière algérienne », note le journal, qui constate un « vrai changement de tactique de la part des autorités maliennes. Jusqu’alors, souligne le quotidien, Bamako était resté fidèle à une stratégie d’évitement qui consistait à fuir les combats et à se replier ». Mais face à la grogne de ses militaires comme de leurs mères ou de leurs épouses, le président Amadou Toumani Touré « n’avait d’autre choix que de réagir », complète le journal. Résultat : « l’armée attaque les Touareg », titre Le Figaro.

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