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    Etats-Unis et Royaume-Uni prêts à libérer leurs réserves stratégiques de pétrole

    Raffinerie pétrolière à Assalouyeh en Iran. Reuters/Caren Firouz

    Inquiets de la hausse des prix du pétrole, les Etats-Unis et le Royaume-Uni s’apprêtent à libérer leurs réserves stratégiques de pétrole.

    Les prix du baril ont augmenté de 20% depuis le début de l'année, et les pays importateurs de pétrole commencent à craindre sérieusement que leur facture pétrolière ne freine la timide reprise américaine et le retour d'un semblant de confiance en Europe, sans compter qu’ils doivent affronter le mécontentement croissant des consommateurs. Le président des Etats-Unis a beau durcir le ton vis-à-vis du régime de Téhéran au sujet du nucléaire, il ne s'en inquiète pas moins de la hausse des prix du brut que le renforcement des sanctions contre l’Iran a entraînée. C’est pourquoi Barack Obama s’apprête à lâcher une partie des réserves stratégiques de pétrole sur le marché mondial, et qu’il a demandé au Premier ministre britannique, David Cameron, de faire de même. Une initiative semblable était parvenue à freiner les prix du baril en juin de l'année dernière, lorsque les pays consommateurs membres de l'Agence internationale de l'énergie avaient décidé de libérer de concert une partie de leurs stocks stratégiques.

    L'Agence semble particulièrement inquiète du rétrécissement de l'offre mondiale de pétrole. La production iranienne de pétrole a déjà baissé. Et les exportations de Téhéran pourraient selon l’AIE chuter de 30%, lorsque l'embargo de l'Union européenne entrera en vigueur, en juillet prochain : Téhéran ne pourra pas selon l'Agence compenser les invendus en Europe par ses ventes à l’Asie -le Japon, la Chine et l'Inde, revoient déjà à la baisse leurs achats de pétrole iranien sous la pression des Occidentaux. Ce sont en définitive 800 000 barils iraniens qui pourraient manquer quotidiennement au commerce du pétrole, alors que la demande mondiale augmentera de 800 000 barils par jour. Dans un contexte où l'offre de brut s'est déjà amoindrie pour des raisons géopolitiques ou techniques en Syrie, au Yémen, en mer du Nord, au Canada, ou au Brésil, l'effort supplémentaire promis par l'Arabie Saoudite pourrait ne pas suffire à calmer les prix. D'autant que désormais, les capacités excédentaires de production au sein de l'OPEP reposent sur des pays instables : de la Libye au Nigeria, en passant par l'Irak. Reste à savoir si le geste concerté de Londres et Washington pour libérer les stocks stratégiques suffira à calmer les cours du brut.


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