C’est aux côtés de son homologue américain Barak Obama que le président français apparait en Une de la presse française ce matin. Pour Le Figaro, il ne s’agit rien moins que du « baptême du feu international » de François Hollande.
Sur la Une du journal, les deux chefs d’Etat ont l’air concentré, François Hollande, en train de parler, accompagne ses paroles d’un geste des mains, tandis que Barack Obama, assis à ses côtés, se tenant le menton, l’écoute avec une manifeste attention.
Sur celle du Parisien-Aujourd’hui en France, c’est le président américain qui parle en pointant du doigt son auditoire et les deux hommes sont tout sourire.
Sur la Une de Libération, les deux présidents, debouts et très à l’aise, plaisantent avec les photographes sous l’austère regard de Georges Washington, dont le portrait trône au dessus de la cheminée du bureau ovale de la Maison Blanche.
C’est donc fait. Avant l’ouverture du G8, François Hollande a pris son petit-déjeuner avec Barack Obama et les deux hommes « ont fait assaut d’amabilités », souligne Libération qui, pour l’occasion, barre sa Une d’un titre en anglais bien connu des amateurs de rock : « Breakfast in America », étant rappelé à nos auditeurs non-anglophones que « breakfast » signifie « petit déjeuner » et que « Breakfast in America » est le titre d’un album du groupe américain Supertramp qui a fait date dans l’histoire du rock dit « progressif », mais oui !
Nul n’en doute, ces images de Une relèvent d’abord, bien sûr, de la communication, alors qu’il y a quelques semaines à peine, contrairement à son rival d’alors Nicolas Sarkozy, le candidat à la présidentielle François Hollande peinait à rencontrer les grands de ce monde.
De la « comm » donc, mais pas seulement. De la diplomatie aussi, accentue Libération. Car si les dirigeants passent, « l’alternance n’existe pas en matière diplomatique ». A l’appui de cette doctrine, le journal évoque le cas du retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Lequel « ne concernera finalement que les troupes “combattantes” et ne différera guère du calendrier établi par le président précédent », relève Libération.
Françafrique : fluctuat nec mergitur ?
Le journal, toutefois, se demande ce matin si la relation France-Afrique sera la même que par le passé. Forcément. Si la politique étrangère d’un Etat est sensée être immuable, qu’en sera-t-il de l’engagement du président Hollande de « mettre fin à la Françafrique, refrain entendu de Mitterrand à Balladur, de Jean-Pierre Cot à Sarkozy », s’interroge Libération.
Le quotidien se garde bien de répondre, tout en rappelant sa conviction. « Il est évident, insiste Libération, que les liens entre la France et ses anciennes colonies sont inégaux et humiliants pour les Africains. Mais, les pesanteurs de l’histoire et des intérêts bien compris des pouvoirs en place ont toujours bloqué cette remise en cause plus que nécessaire de cette relation nuisible aux Africains. François Hollande et Laurent Fabius, qui revient du Gabon, épicentre indigne de la Françafrique, sauront-ils mener à bien ce chantier ? ». Poser la question n’est pas, en l’occurrence, forcément y répondre.
France-USA : cap croissance
Cette première rencontre Hollande-Obama s’est tenue en prélude au G8, et les deux dirigeants ont fait part de leur convergence de vue sur les grands dossiers du moment. A commencer par la croissance, préoccupation majeure du président français. Dès sa prise de fonction mardi dernier, François Hollande s’était sans délai envolé pour Berlin afin d’en parler avec la chancelière allemande Angela Merkel.
Vendredi matin, heure de Washington, il s’en est également entretenu avec le président américain. Et ce matin, la manchette du Figaro rehausse la convergence de vue entre la France et les Etats-Unis sur ce thème : « Obama-Hollande, accord sur la croissance ». Le quotidien rapporte ainsi les déclarations du chef de l’Etat, qui a dit, lors d’une conférence de presse à l’ambassade de France à Washington, que lui et son homologue américain avaient « la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro ».
Il faut dire, observe Le Monde, que le président américain « est au moins autant préoccupé par l’état de la zone euro que par les intentions de M. Hollande en Afghanistan. Les Américains sont tétanisés à l’idée que la sortie de la Grèce de l’euro ne déclenche un séisme financier de l’ampleur de celui de l’été 2008 ». C’est ainsi, note le quotidien du soir, que les Etats-Unis apprécient encore « l’atout stratégique que représentent ces vieux alliés d’une Europe déclinante ».
François Hollande convainquant ? La presse française donne ce matin le sentiment d’y croire. « Hollande-Obama, comme de vieux amis » titre ainsi Le Parisien-Aujourd’hui en France. Entre eux, « le courant est passé », rapporte le quotidien.
Valérie Trierweller : First Girl Friend
Quand à Valérie Trierweller, la compagne du président français, que CNN a baptisée la « Fiste girl friend », les Américains l’ont découverte « avec une curiosité un peu émoustillée », affirme Le Figaro. Selon le journal, le fait que « la journaliste française ne soit pas mariée au nouveau président fait rouler gentiment des yeux dans ce pays très chrétien, mais les Américains n’en semblent pas moins disposés à accepter cette nouvelle fantaisie des Français décidément très libres ».

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