A l’image de la situation politique chaotique à Bamako, les journaux maliens continuent d’alimenter le débat pour ou contre la junte, pour ou contre la présidence intérimaire et se préoccupent finalement assez peu de la situation dans le nord du pays… Une belle cacophonie médiatique, alors que les interrogations fusent dans la presse de la sous-région.
L’Observateur au Burkina résume la situation : « pendant que les acteurs politiques, militaires et la société civile malienne s’étripent à Bamako, les occupants du Nord ne perdent pas de temps (…), avec un mariage, pas d’amour bien sûr, mais peut-être de raison, entre les rebelles du MNLA et les islamistes d’Ansar Dine, qui a accouché de la création de l’Etat islamique de l’Azawad ».
« Un accord aux contours encore très flous », comme le souligne Walfadjri au Sénégal, mais « il s’agit bien d’un coup dur pour l’Etat central », affirme-t-il, « confiné dans le sud, et embourbé dans la transition. Bamako n’est pas dans une posture favorable pour imposer quoi que se soit », souligne Walfadjri, « mais les autorités de la transition misent sur deux facteurs :
- elles comptent d’abord sur l’antagonisme entre les deux mouvements et sur la fragilité de cet accord dont on a vu qu’il a été laborieux pour ne pas dire plus.
- le second élément sur lequel comptent les autorités de Bamako est l’attitude de la communauté internationale dont on voit mal comment elle pourrait s’accommoder d’un pouvoir islamiste d’obédience Al-Qaïda dans cette poudrière sahélienne aux enjeux géostratégiques énormes. »
Une communauté internationale bien discrète…
Justement, la communauté internationale brille pour l’instant par son inaction, relève à contrario le site d’information Guinée Conakry Infos. « Alors que la fusion annoncée d’Ansar Dine et du MNLA est perçue par certains comme un mariage fatal à la sécurité et à la quiétude de toute la région du Sahel et au-delà à l’Afrique toute entière, on est vraiment surpris de la mollesse de la communauté internationale », s’exclame Guinée Conakry Infos. « Il n’y a eu quasiment aucune levée de bouclier pour condamner la déclaration de l’indépendance de l’Azawad. De même, jusqu’ici aucune chancellerie occidentale ne s’est émue de la dimension islamiste que pourrait avoir ce nouvel Etat. Une attitude qu’on a du mal à cerner. »
En tout cas, constate Le Pays au Burkina, « cette nouvelle coalition entre le MNLA et le groupe Ansar Dine, qui ne cachent plus leurs accointances avec Aqmi, voit ses positions se renforcer de jour en jour. La dernière prise, cette cache d’armes de l’armée malienne, vient décupler la puissance de feu des indépendantistes. Le Nord Mali est devenu une poudrière, et c’est peu dire. (…) Tout cela amène à la conclusion que libérer le Nord par la force ne sera pas une partie de plaisir. On voit mal le Mali avec une armée en déconfiture s’aventurer dans ce bras de fer », souligne Le Pays, « même avec le soutien de la CEDEAO. Il faudra se résoudre à des négociations serrées. Elles seront très longues et difficiles. »
Et, « l’autonomie que Bamako aurait pu accorder à cette région, au nom de la paix et la cohésion nationale, n’est plus à l’ordre du jour », relève le quotidien burkinabé. « La question est de savoir jusqu’où les promoteurs de la nouvelle république islamique sont-ils prêts à aller pour obtenir leur reconnaissance. La communauté internationale peut-elle se permettre aujourd’hui de discuter avec une coalition qui, selon toute vraisemblance, est sponsorisée par le groupe terroriste Aqmi ? »
Aqmi isolé ?
Analyse divergente pour le quotidien Liberté en Algérie... Liberté qui estime qu’on vient d’assister à « la première lueur d’espoir depuis trois mois de conflit. Le MNLA et le groupe islamiste Ansar Dine viennent de fusionner en une seule entité, ouvrant ainsi la possibilité à un processus de paix au nord Mali », affirme le quotidien algérien.
En effet, poursuit-il, « avec cet accord de fusion, Aqmi se retrouve isolée, et ce, pour la première fois, au sein de la nébuleuse targuie. Les disciples de Mokhtar Belmokhtar, dont le rêve est de fonder un califat en territoire Azawad, se voient contrariés par cette nouvelle unité. Certes, reconnait Liberté, Ansar Dine ne renie pas l’application de la charia. Certes, le MNLA n’abandonne pas sa revendication sécessionniste, mais l’un dans l’autre, le grand perdant de cette nouvelle configuration est Aqmi qui a voulu jouer sur les contradictions des Azawads jusqu’à leur insuffler une dimension salafiste. »
Et Liberté de conclure : « il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives d’un accord fragile et plein d’incertitudes, mais alors que la CEDEAO s’embourbe diplomatiquement à Bamako, la fusion Ansar Dine -MNLA redonne une impulsion à un règlement du conflit du nord Mali et surtout marginalise politiquement Aqmi. Du moins pour l’instant. »

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(5) Réactions
c'est triste ce qui se passe
c'est triste ce qui se passe au mali; la france, la russie, la cedeao, l'ua, etc veulent que le mali s'attaque d'abord à la situation du nord mais notre 1er ministre n'est pas ptéoccupé par le nord mais lois d'amnistie, indemnisation, programmation militaire (comment parler de programme militaire, chose qui a besoin du temps, suis pas militaire, etc.)
comment comprendre que le mali lui même ne prenne aucune mesure interne pour s'attaquer à son propre problème que attendre une convocation de blaise pour négociation?
allons à la guerre, le mali a négocié pendant 52 ans sans success, il faut que le mali parte à la guerre, ensuite viendra, la négociation, les aides, qui nous trouveront sur les champs de bataille.
la naïvité des maliens ne me surprends guere, ils sont au stade de se demander si ansardine et mnla vont se fusionner, mais, c'est évident; ils ont pris les villes ensemble; à bamako on continue à serfer sur les divergences, à leur place, qui hésitera, fonction des circonstances, quitte à se retourner l'un contre l'autre au moment venu.
changeons de 1er ministre, sinon on risque d'être devant un fait accompli. mr diarra n'est pas la personnalité qu'il faut. il n'a ni l'experence, ni le statut, ni la carrure, ni la volonté, et pire, il n'est pas entrain de comprendre l'enjeu.
un 1er ministre qui met des problèmes économiques en temps guerre, alors qu'on sait, il n'est pas venu pour l'économie, mais pour le nord.
il n'a que 12 mois, en 12 mois, il ne peut pas s'attaquer à tous les problèmes du mali.
il faut changer de 1er ministre.
il se fait des priorités qui ne sont pas dans sa feuille de route
Conchieurs de l'humanité
Idéologies autarciques qui s’incarnent pour amoindrir la dignité de chacun sous couvert de contrer les drames engendrés par le système en place. Fanatisme religieux qui consolide l’ancrage des quelques potentats, et de leur servile clique apparatchik, que jamais on ne verra se faire exploser ou se sacrifier pour le prétendu triomphe de la cause… Mortifères foutaises !
Tous ces escrocs de la vie qui font du globe un atroce terrain de luttes voudraient, en plus, bâillonner toute source blasphématoire, toute amorce d’opposition. Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/2009/05/tragique-clochemerle-planetaire.html
Les maliens doit savoir que
Les maliens doit savoir que la priorité c'est le nord malien.Sanogo a prétendu avoir pris le pouvoir pour libérer le Nord Mali,je comprend pas pourquoi prendre du temps a faire de la politique politicienne.Les militaires maliens ont ils peur d'aller au front?pendant qu'ils affaiblissent le reste du Mali ,les rebelles savent ce qu'ils veulent.Il est temps de prendre les armes mes chers soldats maliens et laisser la politique aux politiciens
Si tu vois mon cher frère
Si tu vois mon cher frère l'occident très peu bavard,c'est qu'il y anguille sous roche.
Alors éviter de foncer la tête baissée comme des moutons à l'abattoir.
Prenez le temps de bien analyser, et voyez si à part la solution militaire au nord du Mali pour rétablir l'intégrité du territoire il n'y en a pas d'autre .
Sinon,la démarche du Président de l'UA Yayi Boni reste alors la meilleur.
Seul les occidentaux pourront vous aider militairement si c'est bien évidemment la solution requise
Merci
pourquoi sanogo ne va pas
pourquoi sanogo ne va pas libérer son pays? c'est grave!ce monsieur ont doit plutôt l'arrêter et l'envoyer à la CPI.