Dimanche 10 mai. C’est demain. Et ce sera en effet le premier tour des élections législatives en France. Le premier tour ? Pour Le Figaro, ce sera le « troisième tour ». Pour Libération aussi, puisque, paraphrasant le cri de guerre des amateurs de football lors du Mondial de 1998 en France, Libération titre : « Et un, et deux, et troisième tour ».

Les deux quotidiens portent, ce matin, le même regard sur le scrutin et son incertitude. « Rien n’est joué », lance ainsi en manchette Libération, tandis que, pour Le Figaro, tout est « encore possible ».
 
Législatives : espoirs de droite
 
Mais au-delà des formules, les vues de ces deux quotidiens françaises sont, on s’en doute, aux antipodes. Car pour ce qui est des enjeux de ces élections présentées, donc, comme le troisième tour de la présidentielle, chacun y va de ses attentes.
 
Journal proche de la droite, Le Figaro tente, sans surprise, de convaincre ceux de ses lecteurs qui, convaincus, ne le seraient pas encore, de voter pour faire barrage à « l’application du programme économique (…) de François Hollande ».
 
Détaillant à sa manière le contenu de ce « programme économique » que le journal attribue au président français, Le Figaro scande en Une, comme une litanie, que « tout est encore possible » et conclue son adjuration que « lundi, il sera trop tard ».
 
Dans sa supplique, le quotidien invoque en une énumération fourre-tout les objectifs programmatiques auxquels il tient. Cela va du programme nucléaire à la compétitivité des entreprises, en passant par les retraites, les universités, la justice pénale, l’école ou encore le droit de vote.
 
Pour y parvenir, Le Figaro appelle de ses vœux une « cohabitation entre un président socialiste et une majorité parlementaire de droite et du centre ».
 
Législatives : espoirs de gauche
 
Pour Libération, bien entendu, les objectifs sont diamétralement opposés. Sans davantage de surprise, le journal proche de la gauche qu’est Libération ne pouvait, ce matin, être en reste.
 
Son objectif est donc inverse de celui du Figaro, l’inverse de la cohabitation consistant, ici, à donner au gouvernement « les moyens d’action législatifs les plus larges, les plus puissants possible ». Car depuis un mois, souligne Libération, le dit gouvernement « ne peut que manier les symboles et les décrets alors que la zone euro est en feu, le chômage en hausse et l’économie en panne ».
 
Le quotidien le souligne, « il y a urgence à agir »
 
Libération, à son tour, énumère, justement, les urgences du moment, qui vont, selon lui, des dettes et déficits à la relance de croissance, en passant par la réduction des dépenses et la relance de l’emploi. « Encore deux tours pour entrer, enfin, dans le vif du sujet », résume Libération.
 
Bien entendu, la presse quotidienne régionale française décortique elle-aussi les enjeux locaux de ce scrutin, qui se prête oh combien à un tel type d’analyse au cas par cas.
 
Le Parisien-Aujourd’hui en France ne fait pas autre chose ce matin, en passant en revue les circonscriptions des principaux candidats. La Une du journal est du reste illustrée par un photomontage des figures de proue des têtes d’affiche de la vie politique française, tout du moins celles qui « jouent gros demain », lance le journal.
 
Rwanda : l’énigme Barril
 
Du nouveau sur le génocide rwandais ? Selon une « source proche du dossier », évoquée par une dépêche de l’Agence France Presse, l’ex-gendarme français Paul Barril, ancien numéro 2 du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale, aurait été entendu avant-hier comme témoin dans l’enquête française sur l’attentat d’avril 1994 contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana. Attentat qui avait déclenché le génocide. Des perquisitions auraient également été effectuées chez plusieurs de ses proches.
 
Libération corrobore ces informations et titre sur « le retour du mystère Barril ». Pour bien comprendre cet élément nouveau, il faut rappeler que, depuis 2007, l’enquête française a été confiée à deux magistrats, les juges Trevidic et Poux, qui ont pris le relais de l’instruction menée depuis l’origine par le juge Bruguières.
 
Il faut rappeler également que le capitaine Barril avait dit avoir été présent à Kigali une semaine après l’attentat et qu’il avait récupéré les boites noires de l’appareil abattu, ce qui, par la suite, s’était avéré erroné.
 
Ce matin, donc, Libération confirme cette audition et ces perquisitions ordonnées par le juge Trevidic. Pour le journal, cette audition « marque une nouvelle orientation, décisive, de l’enquête. Rien ne dit que l’ex-gendarme ait participé à l’attentat », concède toutefois Libération. Mais le quotidien souligne tout de même que « c’est François de Grossouvre, le conseiller du président Mitterrand, qui avait envoyé Barril au Rwanda. Or, Grossouvre s’est suicidé dans son bureau de l’Elysée le 7 avril 1994. Soit, le lendemain de l’attentat. Le jour où le génocide a commencé », conclut Libération.
 
Foot : J - 2 pour les Bleus
 
C’est parti pour la grand-messe du sport-roi en Europe. L’Equipe salue en Une le « feu d’artifice » tiré hier par la Russie contre la République Tchèque (4 – 1) et le match nul entre la Pologne et la Grèce. Laquelle « reste debout », souligne le quotidien sportif. Et le journal prédit un « choc » ce soir entre l’Allemagne et le Portugal, en attendant France-Angleterre. Et-là, nous ne sommes pas à J - 1, comme les élections, mais à J - 2. A chacun son compte à rebours.

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