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    Les majors dans les starting-blocks pour exploiter le gaz en Birmanie

    Un derrick, servant à soutenir un dispositif de forage de puits de pétrole. Getty Images/Skip Nall

    La levée progressive des sanctions européennes et américaines contre le régime birman aiguise les appétits des grandes sociétés pétrolières.

    La visite du patron de Total ce week-end est un signe : Christophe de Margerie a tenu à s'entretenir successivement avec l'opposante historique Aung San Suu Kyi, avec le président birman et son ministre de l'industrie. Total n'avait pas quitté la Birmanie : les sanctions européennes ne s'appliquaient pas aux hydrocarbures... Le groupe français avait donc continué d'exploiter le gisement gazier de Yadana, dans la mer d'Andaman, malgré les accusations de complicité avec les pratiques de la junte s'agissant du travail forcé ou du sort des communautés locales.

    Mais cette pression des ONG avait tout de même empêché le groupe français de développer d'autres gisements en Birmanie que ce champs, surtout destiné à alimenter les centrales électriques du voisin thailandais, par gazoduc. Aujourd'hui que le régime birman montre un jour plus respectable, et surtout que les sanctions européennes et américaines sont peu à peu levées, toutes les majors pétrolières pointent leur nez. Le dirigeant de l'Américain Chevron espère de son côté une levée rapide de toutes les sanctions américaines, qui l'empêchent d'accroître ses investissements. Si Chevron est partenaire de Total dans le même gisement de Yadana, c'est parce que les sanctions américaines n'étaient pas rétroactives, mais ce champ gazier ne suffit pas non plus à l'appétit du géant américain.

    Alors que la Birmanie a un potentiel gazier propre à combler une belle fringale d'hydrocarbures, puisque ses réserves récupérables seraient de 1700 milliards de m3 de gaz soit la moitié des réserves australiennes, avant tout au large, en direction du golfe du Bengale. Un potentiel largement inexploré jusqu'à présent. Les compagnies asiatiques ne s'y trompent pas. Depuis l'an dernier et le nouvel appel d'offre birman, l'Inde, la Thaïlande, Singapour et bien sûr la Chine, l'alliée de toujours, multiplient les contrats pétroliers et gaziers, mais surtout pour des gisements terrestres. Pour les gisements en mer, l'expérience des majors semble être attendue par l'industrie birmane. L'Anglo-néerlandais Shell, partenaire historique du pétrole en Birmanie autrefois, convoite ainsi l'extension d'un champ maritime avec une société thaïlandaise. De son côté, Total aurait envoyé dans les eaux birmanes la plateforme de forage d'une société norvégienne, qui a continué à oeuvrer en Birmanie. En éclaireur, jusqu'à la mi-juillet.

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