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Les cours de l'arabica sont au plus bas depuis deux ans tandis que ceux du robusta restent élevés.
L'euphorie sur le marché de l'arabica n'est plus qu'un vieux souvenir. Les récoltes décevantes en Colombie, terroir de l'arabica le plus délicat, avaient en 2010 déclenché une fièvre acheteuse qui avait duré onze mois et mené la livre d'arabica à plus de 3 dollars à New York en mai de l'an dernier. La dégringolade n'en est que plus rude. L'arabica a perdu la moitié de sa valeur à mesure que l'avalanche de café brésilien approchait. Un arabica moins fin mais dont la quantité va inonder le marché dans les semaines qui viennent, avec non seulement une bonne récolte comme tous les deux ans, mais une récolte record.
De son côté, le café du pauvre, le robusta, conserve étonnamment un prix très élevé à Londres. Sa décote par rapport à l'arabica n'est plus aussi importante que dans le passé. C'est comme si l'intérêt des spéculateurs s'était déplacé sur ce marché, plus étroit il est vrai, depuis le mois de janvier. Les producteurs vietnamiens ont su y faire comme souvent, en organisant une rétention de la récolte d'autant plus supportable financièrement que la météo favorable leur avait permis d'économiser des coûts d'irrigation. Ils ont attendu tranquillement que les prix remontent. On se bat à présent pour des stocks de robusta très faibles dans les entrepôts certifiés par Londres. Et la récolte indonésienne de robusta, en retard, sera d'abord destinée à la consommation locale. Car les pays émergents, de l'Asie à l'Amérique latine, consomment de plus en plus de robusta, sous forme de café soluble. Et dans les pays avancés, l'usage du robusta s'est accru au cours des deux dernières années, aux dépens de l'arabica qui était si cher. Les torréfacteurs aux Etats-Unis et en Europe ont modifié leur mélange, la tasse ; ils n'ont pas vu fuir pour autant leurs clients.
Les consommateurs occidentaux, de plus en plus soucieux de leur pouvoir d'achat, ont accepté de boire un café un peu plus corsé de robusta. Il n'est donc pas du tout sûr aujourd'hui que l'arabica est plus accessible, que les torréfacteurs lui redonne la place qu'il avait autrefois. Pourquoi modifieraient-ils leur tasse alors qu'ils vont maintenant dégager des marges plus confortables ?

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