La Haute Cour constitutionnelle a décidé hier de dissoudre le tout nouveau Parlement.
Et Libération se récrie. Le quotidien n’hésite pas à qualifier cette décision de « coup d’Etat institutionnel », car le Parlement venait à peine d’être élu. Libé prédit que la « colère des Egyptiens » se manifestera aujourd’hui, vendredi, car cette décision porte une attaque directe contre la confrérie des Frères musulmans, dont le candidat, Mohamed Morsi, « a des chances de remporter le scrutin de ce week-end », souligne Libé.
Le Figaro partage cette inquiétude et cette réprobation. Le journal fait le parallèle avec l’histoire de l’Algérie. En janvier 1991, les militaires algériens avaient en effet annulé le second tour des élections législatives, car elles allaient « être remportées par le Front islamique du salut », rappelle Le Figaro. On connait la suite.. « Si les militaires ont lâché Moubarak pour satisfaire la contestation, ce n'était que pour mieux s'accrocher au pouvoir. Ils n'ont jamais eu l'intention de livrer le pays aux islamistes (…) Compte tenu du poids de l'Égypte au Moyen-Orient, c'est l'avenir de l'ensemble des révolutions arabes qui est en train de s'écrire ces jours-ci sur les rives du Nil », s’inquiète le quotidien.
Grèce : la peste ou le choléra
Elections en Grèce dimanche, celle de la « dernière chance », énonce Libération qui résume le choix auquel sont confrontés les électeurs grecs en ces termes : « la colère ou la peur ». Soit, en effet, les Grecs renversent la table en élisant des opposants au plan de rigueur imposé par les partenaires européens en échange de leur aide, et alors s’en sera fini de la Grèce dans la zone euro, soit ils se soumettent en élisant des partisans, bon gré-mal gré, de cette purge, et alors ils auront reculé face à la peur du vide.
Mirobolante alternative que ces élections présentées par beaucoup comme tenant estiment de la « roulette russe, formule Libération. Le destin de la Grèce, de l'euro et même de l'Union serait suspendu à cette consultation à haut risque. (...) C'est dire l'immensité du chantier que pourrait décider d'ouvrir ce peuple, dont nul ne peut oublier qu'il occupe une place irréductible dans l'imaginaire européen ».
France : le tweet, c’est pshitt !
Pendant que la gauche, selon Le Figaro, se demande « comment tourner la page » de cet épisode du tweet qui fait grand-bruit dans le landernau politico-médiatique parisien, L’Humanité ne décolère pas au sujet de cette affaire.
« Dans ces jours précédant le scrutin qui va fixer la composition de la représentation nationale, acte majeur dans une démocratie, le débat politique s'est perdu, évanoui, a été comme absorbé par des chroniques de cour, pour ne pas dire d'alcôve, s’indigne le quotidien communiste. Vue par le prisme médiatique, la campagne électorale a fait twitt ! », formule L’Huma, en référence à l’expression employé jadis par le président Jacques Chirac au sujet d’une autre affaire qui avait, selon lui, fait « pshitt ».
France : la droite sans ennemi à droite ?
Les Français vont encore voter dimanche pour le second tour des législatives. Et de ce dernier rendez-vous électoral de l’année sortira la composition de la nouvelle assemblée nationale.
Dans son éditorial, le quotidien Le Monde daté d’aujourd’hui se penche, lui, sur la situation de l’UMP, le parti de l’ancien président Nicolas Sarkozy, mise à mal par la menace que fait peser sur elle le parti d’extrême-droite Front national.
« Cela fait bientôt trente ans que la droite française est confrontée à la concurrence du Front national et aux poisons que le parti d'extrême droite a inoculés dans la société et la vie politique du pays, écrit Le Monde. Bientôt trente ans que les responsables du RPR, de l'UDF et maintenant de l'UMP se balancent d'un pied sur l'autre devant la menace que fait peser sur eux le mouvement lepéniste : partagés entre la tentation de passer des alliances avec lui pour l'emporter sur la gauche et la crainte d'y perdre leur unité, leur identité, voire leur âme ».
Mais, rappelle le quotidien du soir, le responsable de la poussée du FN a un nom. C’est Nicolas Sarkozy et, plus encore, sa campagne de 2012 qui ont marqué un « indéniable glissement vers les thèmes, la rhétorique et les obsessions du parti d'extrême droite ».
Lance Amstrong : la chute
Accusé de dopage, Lance Amstrong a été « rattrapé par son ombre », regrette L’Equipe. Le quotidien sportif se demande « qui va tomber avec lui » et cite le cas de Johan Bruyneel, manager belge du cycliste américain. Selon L’Equipe, l’ouverture d’une procédure disciplinaire par l’agence américaine antidopage contre le septuple vainqueur du Tour de France signifie également « la chute de la maison Bruyneel ».

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