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Demain, ce sera fini ! Dimanche 17 juin, deuxième tour des élections législatives. Et la presse fourbit ses derniers arguments comme ses ultimes titres avant la bataille finale.
Et tandis que Le Figaro, ce matin, monte sa Une comme à l’accoutumé, avec un titre consacré à la droite voulant empêcher les socialistes d’obtenir des électeurs les « pleins pouvoirs », Libération opte plutôt pour le langage des couleurs. A la Une de Libération, un titre tout de sobriété « Le dernier tour est arrivé » – ça, on le savait déjà, mais en toile de fond, le journal a littéralement peint sa Une d’un dégradé chromatique allant du rouge en haut de page, au bleu-marine en bas, avec, pour l’essentiel, du rose chapeautant un peu de vert. Lequel n’est séparé du bleu que par un fin liseré de couleur orange.
Législatives françaises : rose pourpre et bleu-marine
Traduction : le rose dominant est, vous l’aurez compris, la couleur du Parti socialiste ; le vert, celle de ses alliés écologistes ; la fine frontière orange représente les centristes du Modem ; en haut, le rouge confondu avec le rose est sensé dépeindre le Front de gauche ; et le bas de page en bleu marine évoque, à n’en pas douter, le prénom de la présidente du parti d’extrême-droite Front national, Marine Le Pen.
Ce qui frappe dans cet arc-en-ciel volontiers postmoderniste peint par Libération, c’est le dégradé des couleurs dominantes avec leurs extrêmes. Impossible, à l’œil nu, de discerner la limite entre la gauche et l’extrême-gauche, entre la droite et l’extrême-droite. Mais visiblement, l’artiste anonyme auteur de cette toile illustrant le jour J - 1 avant le dernier tour des législatives a manifestement sorti sa règle à calcul pour délimiter, à sa manière, les proportions de chaque couleur de sa toile.
Législatives françaises : vivement dimanche !
Reste le fond des derniers arguments de campagne développés par la presse française. Dans son éditorial, Le Figaro souligne l’importance de l’abstention au premier tour. « Près de vingt millions de Français ont choisi dimanche dernier de ne pas aller voter », dénombre le journal, qui y perçoit un réservoir potentiel de voix à mobiliser pour éviter ce que le quotidien dénonce en manchette les fameux « pleins pouvoirs » à la gauche que Le Figaro aimerait éviter par le vote de demain. Le journal veut encore y croire puisque, complète-t-il, dans une cinquantaine de circonscriptions, l’écart entre la droite et la gauche était, dimanche dernier, inférieur à 2%. Cela veut bien dire, estime le quotidien, qu’un « basculement de 1% dans un sens ou dans l’autre changera le résultat ». Certes. Mais cette arithmétique électorale suffira-t-elle pour créer la surprise que Le Figaro appelle de ses vœux, son plus ardent désir étant d’éviter une « vague rose » dans les urnes ?
Libération, sans surprise, ne se pose même pas la question. Pas de tsunami socialiste en vue pour le journal. Simplement le souhait d’une « majorité à l’Assemblée nationale » pour François Hollande. « Mais laquelle et où ? », se demande Libération. Autrement dit, majorité absolue ou relative ? Ce point d’interrogation mis à part, le quotidien, manifestement las de l’atmosphère de cette interminable période électorale que vient de traverser la France, n’a qu’un cri du cœur ce matin : « Vivement dimanche soir » !
Mais comme on sait déjà que le répit ne sera que de courte durée, Libération anticipe. Dès lundi, François Hollande va devoir « repartir (…) en campagne pour arracher une autre majorité, cette fois sur le chaotique théâtre européen ».
France-Allemagne : un ton au-dessus
C’est l’autre grand titre de la presse ce matin, la chancelière allemande critique la France de François Hollande. Angela Merkel « inflige un sévère recadrage à Hollande », titre Le Figaro. La chancelière estime que « les idées françaises mènent à la médiocrité », rehausse le journal.
Libération évoque la « grosse colère d’Angela Merkel » et se demande s’il s’agit d’un « clash », d’une « crise » ou d’une « rupture ».
« Le ton monte » entre la France et l’Allemagne, constate Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le journal relève que « cela faisait des années que l’on ne s’était pas parlé ainsi dans le couple franco-allemand ». On le voit, si certains aspirent à être déjà à dimanche, il est des lendemains de week-end qui promettent de relever du sport.
Foot : quand parle la foudre
Victoire de la France face à l’Ukraine à l’Euro 2012. « Enfin le déclic ! », s’enthousiasme Le Parisien-Aujourd’hui en France, qui a trouvé les Bleus « libérés et conquérants », après que ces derniers aient battu les Ukrainiens 2 à 0 hier soir à Donetsk dans une atmosphère « de tonnerre ! ». Il faut dire que la foudre s’est abattue sur le match, qui a dû être interrompu cinq minutes après le coup d’envoi, avant de reprendre une fois l’orage passé et la pelouse épongée.
Et comme on pouvait s’y attendre, L’Equipe ne pouvait pas rater ce titre qui faisait référence à l’orage de Donetsk. « La foudre bleue », lance le quotidien sportif, sur une photo pleine page de Yohan Cabaye, auteur du second but français contre l’Ukraine.

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