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La nouvelle fait la Une de la presse nord-africaine. « Egypte : l’ex-président Moubarak en état de “mort clinique”, selon l’agence officielle Mena, (…) suite à une attaque cérébrale. » C’est ce qu’on peut lire, notamment, dans El Watan en Algérie.El Watan qui note que cette nouvelle « intervient au moment où des milliers d’Egyptiens ont manifesté place Tahrir au Caire pour dénoncer le “coup constitutionnel” des militaires au pouvoir, qui viennent de s’octroyer de vastes prérogatives leur permettant de rester aux commandes quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle. »

Pour Liberté, autre quotidien algérien, cette attitude des militaires égyptiens est somme toute logique… « On ne renie pas son ADN, s’exclame-t-il. L’armée égyptienne, qui s’est forgée sur l’idée d’une République nationaliste, antimonarchiste et anti-confrériste, a retrouvé le sien. En reprenant en main, de manière brutale, les rênes du pouvoir, elle revient à ce qui a toujours fait sa force, convaincue qu’elle est le dernier rempart de l’Égypte. (…) Dans le scénario invraisemblable qui se joue au Caire, poursuit Liberté, l’armée égyptienne a réagi comme un corps détaché de la société. L’armée incarne l’État. L’islamiste incarne la subversion. Donc, l’islamiste ne peut incarner l’État. De cette transitivité implacable découle le bras de fer qui paralyse l’Égypte. »
 
Stratégie de confiscation
 
« Ironie du sort, relève pour sa part le site d’information Fasozine, au moment où la mort de l’ancien président est annoncée, des milliers d’Egyptiens ont une fois de plus pris d’assaut, la mythique place Tahrir, pour dénoncer les prérogatives que les militaires se sont arrogés afin de continuer à tenir les ficelles du pouvoir en Égypte. C’est dire combien l’armée égyptienne, qui a fabriqué Moubarak et dont les chefs détiennent une grande part de l’économie et de l’industrie sur les bords du Nil, entend garder son influence sur la vie politique. (…) Une armée qui ne semble pas disposée à jouer franc jeu dans la transmission du pouvoir, poursuit Fasozine, et de tout le pouvoir aux nouvelles autorités librement choisies par les Égyptiens. Elle a unilatéralement dissous l’Assemblée du peuple et s’est octroyée un anachronique “droit de veto” dans la seule visée de faire obstacle aux articles de loi qui ne seraient pas conformes aux “intérêts suprêmes du pays”. (…) On est en plein dans une stratégie de confiscation de l’essentiel du pouvoir par l’Armée, conclut Fasozine, qui ne fait d’ailleurs pas de mystère sur sa volonté de maintenir l’Egypte sous coupe réglée. »
 
« Egypte : une révolution sans fin ? », s’interroge Le Pays au Burkina. « Tous ceux qui croyaient dur comme fer que les élections étaient la panacée égyptienne ont visiblement commis une imprudence et devraient vite se raviser, estime le quotidien burkinabé. Car, même après les consultations électorales, le Caire et ses banlieues sont en perpétuelle ébullition. L’on se demande encore jusqu’où ira le bras de fer engagé entre une Cour de justice qui tient à faire respecter sa décision de dissolution du parlement et des Frères musulmans qui sont visés par cette décision qu’ils entendent combattre à tout prix. »
 
Coquille vide ?
 
Beaucoup de commentaires également dans la presse française… Pour Libération, en verrouillant les institutions, « les militaires se sont ainsi attribué le pouvoir législatif et la gestion du budget en attendant l’élection de la nouvelle Assemblée, qui ne devrait pas avoir lieu avant la fin de l’année. Si l’armée a promis de remettre les clés de l’exécutif au futur chef de l’Etat avant la fin juin, la présidence risque cependant de n’être plus dans les faits qu’une coquille vide. Ainsi, constate Libération, les militaires peuvent rester aux commandes du pays quelle que soit l’issue de l’élection présidentielle. »
 
Enfin, Le Figaro consacre deux pleines pages à la disparition d’Hosni Moubarak, avec une longue biographie intitulée « le pharaon déchu ». Et ce résumé : « le successeur de Sadate a régné pendant près de trente ans sur l’Egypte. Il n’a pas vu venir le réveil d’un peuple que l’on disait passif. »
 
Le Figaro qui revient également sur la confiscation du pouvoir par les militaires, sur les nouvelles manifestations Place Tahrir et qui constate que les Frères musulmans se retrouvent finalement bien seuls face aux militaires : « dans ce qui se présente comme un bras de fer avec l’armée, les Frères musulmans dépendent désormais du soutien que leur apporteront les autres forces révolutionnaires, affirme Le Figaro. Or celles-ci ont maintes fois dénoncé l’“arrogance” de la confrérie qui, après ses premiers succès électoraux, a cru pouvoir s’arroger tous les pouvoirs au détriment des formations concurrentes. (…) Échaudés, nombre de militants laïques ont accueilli avec soulagement la récente dissolution d’un Parlement entièrement verrouillé par les islamistes. Et hier soir, relève Le Figaro, certains d’entre eux ont ostensiblement boudé les retrouvailles de la place Tahrir. »

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