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C’est sans encombre que le président de la République a effacé tous les obstacles du calendrier électoral français. Le second tour des élections législatives dimanche dernier lui a mis en main les derniers atouts de l’Etat restant à distribuer. Et pas un ministre sortant n’a chuté lors de ce scrutin qui a vu se lever une vague rose, couleur du PS, le Parti socialiste.
La mise est à tel point raflée que Le Figaro Magazine s’inquiète en Une de ce qu’il appelle « l’Etat PS ». Comme le souligne l’hebdomadaire, François Hollande dispose désormais de « davantage de pouvoir qu’aucun président de la Ve République avant lui. Plus fort que Mitterrand en 1981 ! Mieux que De Gaulle en 1965 ».
Les mains une fois distribuées, place à présent au jeu de la carte. Que va faire le gouvernement Ayrault II ? « Après la vague rose, l’heure des comptes » va sonner, enchérit Le Point, sur la couverture duquel François Hollande, mains ouvertes, regard malicieux, lâche cette formule : « … Oh ! j’avais oublié de vous dire… » (sous-entendu, durant la campagne électorale, je me suis bien gardé de vous parler des mesures qui fâchent).
Rigueur : l’été meurtrier
Mais qu’avait donc oublié de nous dire le président ? Que « mijote » François Hollande, se demande, en Une, Le Nouvel Observateur ? Le journal prédit sans détour « l’inévitable tournant de la rigueur » et ouvre les pistes, selon lui les plus probables, de futures coupes dans les dépenses. Car l’Etat doit trouver « 50 milliards d’euros d’économies sur cinq ans. Sous le double regard des Allemands et des marchés », souligne Le Nouvel Obs
La campagne électorale à présent terminée, François Hollande « ne peut plus esquiver », enchérit Le Point, qui anticipe un « choc fiscal » pouvant s’avérer destructeur d’emplois. « Vous n’avez pas tout vu », avertit l’hebdomadaire au sujet de la dette publique.
Pour L’Express, l’été, à cet égard, sera « brulant ». Car François Hollande « n’a plus aucune excuse pour différer ses choix majeurs, ni plus une seule minute à perdre : il lui faut agir immédiatement et sur tous les fronts, car tous les fronts s’embrasent. Chômage, déficits, euro, pouvoir d’achat ».
Le Chef de l’Etat au front ? Un grand classique de la République. Encore faudrait-il que chef, il le soit vraiment. Ce dont L’Express semble douter. Car, en Une, le journal, qui publie une photo de François Hollande et Valérie Trierweiler, ose poser cette outrageuse question : « qui est le chef ? ». Allusion sans voile à l’affaire du tweet de la compagne du président, qui continue de passionner la presse hebdomadaire.
Tweet & jalousie : vilain défaut
Après avoir enflammé la fin de campagne électorale des législatives avec son message de soutien sur Internet au candidat rival de Ségolène Royal dans une circonscription de l’ouest de la France où l’ancienne compagne du président, et mère de ses quatre enfants, a été défaite, Valérie Trierweiler est de nouveau en Une de deux hebdomadaires, L’Express donc, mais aussi Marianne, qui ouvre le dossier des « grandes jalouses » ayant « changé l’histoire ».
Le journal n’hésite pas à remonter jusqu’à la Rome antique pour évoquer le destin sanguinaire d’Agrippine, sœur d’un empereur, Caligula, femme d’un autre, Claude, et mère d’un troisième, Néron (sans que le rapport entre l’antique Agrippine et la très moderne compagne de l’actuelle président français, grande utilisatrice d’Internet, saute aux yeux à la lecture de ce dossier).
Mais il faut croire que l’affaire continue de passionner les lecteurs. Sans quoi la presse ne lui consacrerait pas tant de place dans ses colonnes. Et le résultat est un paradoxe que relève L’Express. Pourtant l’un des hommes les plus secrets de toute la classe politique, François Hollande est « celui dont les Français connaissent le mieux la vie privée ».
Il est en tout cas un hebdomadaire dont on attendait de lire les commentaires sur cette histoire de tweet. C’est bien sûr Paris Match, dont Valérie Trierweiler est aussi la journaliste. Tout en évoquant « l’offense faite à Ségolène », le magazine a confié à Jean-Marie Rouart le soin d’analyser cet épisode rocambolesque de la vie politique française. L’académicien le qualifie de « dysfonctionnement sentimentalo-politique (…) d’une gravité inédite », d’où ressort une « impression de cafouillage » inaugurant le règne de François Hollande.
A en croire Le Point, la « présidence monarchique » du chef de l’Etat serait sous l’empire du « pouvoir médiatique », lequel « voit et amplifie tout », une « certaine presse » se ruant désormais aux « trous de serrure ».
Alors, est-ce l’effet de cette affaire, du reflux normal après la vague, aussi rose soit-elle, ou des mesures de rigueur qui se profilent ? Toujours est-il, en tout cas, que la popularité de François Hollande est en baisse de deux points par rapport au mois dernier dans le sondage Ifop que publie ce matin Le Journal du Dimanche. 59% des Français seraient ainsi satisfaits de l'action du président. Le pourcentage de mécontents pour le chef de l'Etat monte de 33% à 40%.
Foot : Ghostbusters
« SOS fantômes », lance, en Une L’Equipe Dimanche, en référence au film américain du même nom, étant rappelé que les Bleus jouaient en blanc hier soir à Donetsk, que leur sélectionneur est encore Laurent Blanc et qu’ils ont vraiment été transparents face à l’Espagne.
« Quelle tristesse ! », soupire Le Parisien Dimanche, qui regrette qu’il n’y ait pas eu de match. Sic transit..

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