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« Après des heures d’affrontement, les salafistes chassent le MNLA de Gao », s’exclame Le Républicain à Bamako. Le Républicain qui nous relate le film des événements.
Dès 9 heures du matin hier, « des combats à la kalach opposent le MUJAO au MNLA dont le QG se trouve à l’ex gouvernorat de Gao. »
A la mi-journée, après un pilonnage au mortier, « le MUJAO maître des lieux s’empare du QG fumant. »
Dans l’après-midi, « Les positions du mouvement indépendantiste à l’Assemblée régionale, à la Poste, au Palais de justice et au Camp 2 tombent les unes après les autres. »
A 17 h, relate Le Républicain, « les corps de 24 combattants du MNLA sont exposés place de l’Indépendance. Parmi eux, peut-être celui du colonel Bouna donné pour mort dans toute la ville. »
Commentaire du quotidien malien : « tout le monde se doutait que ça ne pouvait pas vraiment marcher entre le MNLA et Aqmi ou MUJAO. Les premiers signes de divergence sont révélés dès avril. Divergences doctrinales d’abord : le MNLA est indépendantiste mais laïc, le MUJAO lui est islamiste et pour l’unité territoriale du Mali. Divergences éthiques ensuite : les islamistes tiennent à la charia, le MNLA en a une sainte horreur. MUJAO et Aqmi professent l’austérité, le MNLA est flexible. Et puis il y a les divergences de cultures et de moyens. Le MNLA est un mouvement touareg pendant que la haute hiérarchie salafiste est arabe. (…) Enfin, les Islamistes sont perçus comme riches, le MNLA est fauché. »
Mais en fait, conclut Le Républicain dans son éditorial, plus qu’Ansar Dine, c’est Aqmi qui tire les ficelles dans le Nord-Mali : « la victoire– même provisoire – des salafistes de Gao confirme ce que nous redoutions tous, à savoir que c’est Aqmi, le vrai maître du jeu ; affirme donc le quotidien malien. A cet égard, le ver était dans le fruit depuis plus longtemps que janvier dernier où le MNLA a publié son premier communiqué de victoire. Tout le monde a été roulé dans la farine : Ansar Dine qui enterre des Touareg tués par son marionnettiste ; les idéologues de l’indépendance de l’Azawad ; les avocats défenseurs d’une communauté touareg victimisée à souhait ; les payeurs de rançons. Seule consolation pour Gao : il n’a plus à la fois la peste et le choléra mais l’un des deux fléaux. »
Le poids déterminant du Qatar…
Le site d’information Guinée Conakry Infos, lui, met tous les islamistes dans le même sac… Ils sont plus que jamais en position de force. « En ce jeudi, les islamistes au nord du Mali, qu’ils soient du MUJAO, d’Ansar Dine ou encore d’Aqmi, doivent ressentir un sentiment de réconfort. Au début des incursions rebelles au mois de janvier dernier, ces groupes islamistes étaient à peine évoqués. Mais aujourd’hui, et surtout après la sévère correction administrée hier au MNLA à Gao, ils sont en passe de régner en maîtres dans la région… »
Et Guinée Conakry Infos de s’interroger : d’où tirent-ils leur force ? Réponse du site d’informations guinéen : « selon certains analystes, les islamistes ont reçu des appuis humains et des soutiens financiers consistants. Et à propos, certaines sources évoquent l’apport de l’émirat du Qatar, cette puissance émergente du Golfe. Après avoir œuvré à la chute de Mouammar Kadhafi aux côtés des puissances de l’Otan, le Qatar souhaiterait visiblement établir une zone d’influence en plein Sahel. Sauf que dans cette crise au nord du Mali, tempère Guinée Conakry Infos, le Qatar risque bien de se retrouver en face de Maliens dégoûtés et patriotes, des Ouest-Africains résolus à défendre leurs libertés et… des Occidentaux, leurs alliés d’hier. Ce scénario n’est point virtuel. »
Réaction de la CEDEAO ou sursaut des populations ?
En effet, on peut s’attendre à une réaction musclée de la Cédéao, estime Le Pays au Burkina : « pour l’heure, on attend de voir ce que les chefs d’Etat de la Cédéao annonceront comme décisions, à l’issue du 41ème sommet qui se tient, ce jeudi, à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Peut-être que la récente flagellation d’un couple sur la place publique, le lâche assassinat d’un élu local et les affrontements entre groupes armés finiront par émousser la sympathie des têtes couronnées de la sous-région et mettre des bornes à leur patience. »
Analyse divergente pour L’Observateur qui ne croit guère à une réaction ouest-africaine mais plutôt à un sursaut des populations locales… « Il se peut que la solution provienne de l’intérieur, affirmeen effet le quotidien burkinabé ; des populations des zones occupées dont on a vu la détermination lors des courageuses manifestations de Gao, d’une part, et, d’autre part, cerise sur le gâteau, de la bonne idée du MNLA et du MUJAO de se canarder. A supposer que les deux groupuscules choisissent de persévérer dans pareille voie, ils faciliteront la tâche à ces populations des zones occupées qui n’ont jamais accepté les nouvelles philosophies politico-religieuses qu’on a décidé de leur imposer. Pour une fois, conclut L’Observateur, que l’on nous permette de souhaiter le pire pour qu’ensuite survienne le meilleur ; si le futur de la nation malienne doit passer par le sabordage du tandem MNLA-MUJAO, on ne versera pas de larmes à cet effet ; bien au contraire, on souhaite qu’ils aient la bonne idée de parachever les divergences qu’ils ont eu la bonne idée de commencer ; pour que (re)vive ce Mali qu’ils ont eu la mauvaise idée de diviser. »

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(1) Réaction
analyse juste
Je pense que "l'observateur" a une analyse réaliste du problème du nord concernant l'implication des populations locales en lien avec les conflits internes aux terroristes locaux pour commencer a enrayer cette invasion. Toutefois, la bonne volonté locale ne suffira pas à renverser la tendance, je crois.
Il va bien falloir une action commune est forte pour déloger ces gens sans foi, ni loi, car il est bien évident que "la charia" n'est pas leur soucis, au vu de ce qui se passe, mais plutôt de maintenir coûte que coûte "une zone de non droit" pour favoriser leurs trafics en tout genre.
Je pense souvent à tous ces gens maliens qui doivent supporter cette cohabitation forcée, et j'ai honte de me trouver dans "mon confort bamakois", mais je suis bien impuissant , moi seul, a trouvé un mode d'action, n'étant no politicien, ni militaire.
Ce confort va d'ailleurs aller décroissant étant donné la catastrophe économique qui est en train de s'installer au Mali...et moi je ne toucherai pas des indemnités d'ancien Président.
Je souffre de cette situation, et je sais que si nous en sommes là, c'est bien de notre fait, et en aucune manière de l'extérieur, car cette situation était prévisible et cela depuis de nombreux mois.
Nous sommes "otages" nous aussi...