Des renforts islamistes en provenance de Kidal sont arrivés à Gao. Mais si, au lendemain des sanglants combats entre islamistes et Touaregs, le calme était revenu hier à l’ombre de la Dune rose qui domine l’antique Gao, les populations civiles sont inquiètes d’une possible contre-offensive des indépendantistes. Et la presse s’en alarme.
A Bamako, Le 22 Septembre en entonne-même La Marseillaise ! « Rappelons-nous, populations de Tombouctou, de Gao et de Kidal, que l’on n’est mieux servi que par soi-même, enjoint le Maliweb.net, qui claironne. Enfants de la Patrie, le jour de gloire est arrivé ! ». Et bien sûr, tout le monde aura reconnu, non-pas l’hymne national malien mais, en l’occurrence, le français.
Le jour de gloire. Pas pour les touaregs du MNLA en tout cas, chassés de Gao qu’ils ont été. Camouflet infligé par les islamistes, qui apparaissent de plus en plus comme les maîtres du Nord.
« Pour s’être débarrassé du MNLA, la coalition Aqmi, Mujao, Ansardine est la seule vraie force militaire au Nord du Mali à l’heure qu’il est, concède Le Républicain. Qu’elle soit une mafia narcoterroriste ou l’armée d’un jihad qui ne se limitera pas qu’aux régions septentrionales, elle n’est plus une nébuleuse mais un pouvoir à part, qui a pignon sur rue, qui a une puissance de feu et d’engagement inquiétants pour tout adversaire », complète le journal du net. Très remonté contre le président burkinabé, Le Républicain estime que « Blaise Compaoré aura encore plus de mal, après une médiation flinguée par bien de ses homologues, à prouver aux Maliens qu’il n’est que leur ami. Car, (…) le MNLA l’a prouvé mercredi : il ne fait plus partie de la solution mais des problèmes du Nord ».
Mali : le prix du sang
Dans ce contexte, le gouvernement de transition communique. Ce matin dans Le Challenger, le ministre des affaires étrangères déclare que le gouvernement auquel il appartient « aime trop la paix pour ne pas préparer la guerre. Que nul ne s’y trompe, formule Sadio Lamine Sow, notre détermination est inscrite dans le marbre. Le Nord de notre pays sera rendu entier à la mère patrie, dussions-nous consacrer toutes nos ressources pour atteindre cet objectif et aucun Malien digne ne sera pas peu fier de payer de son sang pour faire son devoir sacré, poursuit le ministre d’Etat. La négociation n’est qu’une option et rien d’autre pour signifier à la rébellion que jamais il n’y aura ni indépendance ni fédération ni autonomie, ni que sais-je encore…Rien ne changera notre devise : un peuple, un but, une foi».
Mais à Bamako, Le Prétoire doute, c’est le moins que l’on puisse dire, de la capacité du gouvernement de transition à faire face à cette crise que subit le Mali. Le journal ne prend guère la peine d’appeler le Premier ministre malien par son nom. Il l’affuble de sobriquets ! Sous la plume du journal, Cheick Modibo Diarra, qui fut jadis directeur du programme spatial Mars Pathfinder à la Nasa aux Etats-Unis, est ainsi baptisé « l’interplanétaire » ou encore « le messie ». Cinglant et définitif, le journal bucheronne : « Le messie que la communauté internationale a proposé et que l’on croyait être à la hauteur pour résoudre la question du Nord du Mali (…) n’est plus d’actualité. Accrochez-vous, ça tangue ! », lance Le Prétoire.
Cédéao : asthénie malienne
La crise malienne. Ce sera une fois encore le plat de résistance des chefs d’Etat de la Cédéao, réunis à Yamoussoukro, capitale de la Côte d’Ivoire. « Que peut encore la Cédéao au Mali ? », se demande en Une Fraternité Matin. Très favorable à une intervention militaire de la communauté des Etats d’Afrique de l’ouest au nord-Mali, le quotidien gouvernemental ivoirien se fait, en quelque sorte le porte-parole des Maliens eux-mêmes ce matin dans la mesure où Fraternité Matin affirme que, « face aux atrocités dont les groupes salafistes du Mujao et d’Ançar Dine se sont rendus coupables au nord du pays, les Maliens sont de plus en plus nombreux à réclamer, ouvertement, le déploiement rapide de la force en attente de la Cédéao, pour éviter la boucherie qui résulterait d’un soulèvement plus que probable des populations maliennes contre les rebelles inféodés au groupe terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ».
Que peut-on attendre du sommet de Yamoussoukro ? Dubitatif, le quotidien burkinabé L’Observateur se montre circonspect. « Certains précédents fâcheux démontrant à quel point trouver un consensus relève de la quadrature du cercle pour les dirigeants de l’instance ouest-africaine, il est permis de s’armer de patience tout en croisant les doigts en attendant peut-être que le miracle se produise et que se découvre la panacée », relève, dubitatif, L’Observateur.
« Super Mario » : une étoile est née
Victoire surprise hier soir de l’Italie face à l’Allemagne en demi-finale de l’Euro 2012. « Balotelli brise le rêve allemand », clame Fraternité Matin. Le quotidien ivoirien publie une photo de l’attaquant italien d’origine ghanéenne, bras en croix, pommes ouvertes, prise hier soir dans le chaudron de Varsovie après le premier des ses deux buts qui ont crucifié l’Allemagne en demi-finale de l’Euro 2012 de football. Une photo qui aura sans doute du sens pour les lecteurs ivoiriens de Fraternité Matin car, sans vouloir être sacrilège, « Super Mario », sur ce cliché, rappelle à s’y méprendre la croix blanche qui domine en majesté la cathédrale d’Abidjan. Tout à son enthousiasme, Adam Khalil du service des sports de Fraternité Matin salue ce les deux « chefs-d’œuvre d’un artiste aux multiples facettes ». A star is born.

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Le rôle véritable du Quatar
Le Quatar est impliqué partout où il y a eu du grabuge ces derniers temps. Et pour ce qui est de l'Azawad, son soutient à peine voilé aux islamistes démontre bien ses intensions véritables dans chaque zone où il s'active.