Elle a cette fois-ci bien commencé avec la candidature de François Fillon à la présidence du principal parti d’opposition en France. Deux mois après la défaite de Nicolas Sarkozy, à la présidentielle, l’ancien Premier ministre a décidé d'officialiser sa candidature.

« Je suis candidat », lance ce matin François Fillon, tout sourire, costume rayé, cravate à pois, assis sur un bureau à la Une du Journal du Dimanche. Tout sauf un scoop (si ce n’est la date de l’annonce), étant rappelé sa petite phrase au Figaro Magazine il y a un mois et demi, où il soulignait qu’il n’y avait pas de « leader naturel » à la tête de l’UMP.

Dans Le JDD, François Fillon place sa candidature sous le signe du « rassemblement ». Il entend « s'opposer à une politique inconséquente » de la gauche et ambitionne de « préparer la reconquête, sans attendre ». Loin de lui, bien entendu, l’idée d’être candidat contre quiconque. Loin de lui l’idée de déclarer une quelconque « guerre des chefs » à l’UMP.

Mais le « choc » entre l’actuel secrétaire général du parti et « l’éternel numéro deux » de Nicolas Sarkozy semble « inévitable » pour la présidentielle de 2017, concède Le Journal du Dimanche.

Non, « ce n’est pas un scoop », souligne Le Parisien Dimanche, mais « depuis quinze jours », François Fillon s’était mis en ordre de bataille avec ses fidèles. Outre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez, l’ancien Premier ministre, en cas de victoire, pourrait être également épaulé par un représentant de la droite dite « autoritaire », croit savoir le journal, qui avance le nom du député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

UMP : canard sans tête

La guerre des chefs à l’UMP est désormais inévitable, car l’actuel secrétaire général du parti Jean-François Copé ne dissimule guère ses ambitions, lui aussi, dans la perspective de la prochaine présidentielle. Et il n’est pas le seul.

A tel point que, sans attendre, la presse hebdomadaire s’en pourlèche les babines. Le Point y consacre même sa Une cette semaine, avec un titre emprunté à la filmographie de Martin Scorsese : « Les affranchis ». Dans le film du réalisateur américain, il est question de gangsters à la violence sans limites. Sur la couverture du Point, les « affranchis », positionnés en formation de combat, fixent le lecteur avec des mines qui en disent long sur leurs ambitions. Avec, dans le rôle de leader de cette organisation, François Fillon, l’air grave et le regard en dessous d’un Robert de Niro qui n’est pas là pour plaisanter.

Mais il y a plus violent encore. Dans VSD, la guerre de succession à l’UMP et, en perspective, la reconstruction de la droite devient la « guerre des gangs ». Carrément ! Entre Jean-François Copé et François Fillon, « les couteaux sont tirés », emphatise le périodique.

Mais au-delà des ambitions et des rivalités personnelles, l’enjeu de cette bataille est bien entendu le positionnement futur de la droite française et l’épineuse question, pour elle, de ses rapports avec le parti d’extrême-droite Front National. Comme le souligne Le Nouvel Observateur, « tous les leaders modérés de la droite, ou presque, ont été mis en accusation (…) par des ex-députés droitiers qui leur imputaient leurs défaites aux élections législatives ».

Les débats sur les « alliances et les valeurs » sont donc loin d’être achevés au sein de l’UMP, et le journal s’interroge sur l’éventualité d’un « axe UMPFN », c'est-à-dire un rapprochement sous une forme ou sous une autre, entre l’UMP et le Front national consécutif à la campagne électorale de la présidentielle. Car le « sarkozysme », insiste Le Nouvel Obs, a « déplacé le centre de gravité de la droite, qui était au centre-droit (…) vers une droite radicale, aux portes de l’extrême-droite ».

Comme le résume L’Express, l’UMP est donc « prise en tenaille » et le prochain patron de l’UMP « aura fort à faire pour conserver l’unité de du parti ». Ce qui conduit le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller, dans Le Point, à comparer l’UMP à un « canard sans tête » et la guerre qui se prépare en son sein à celle des Atrides, ces descendant d’Atrée dans la mythologie grecque. Lesquels Atrides, dans leur maison maudite par les dieux de l’Olympe, consacraient le plus clair de leur énergie à s’entretuer.

CPI : Fatou Bensouda en son tribunal

La Cour pénale internationale est à l’honneur cette semaine, avec un entretien accordé à Paris Match par son nouveau procureur, Fatou Bensouda. Chef du parquet à la CPI, la juriste gambienne a en effet reçu Match dans son bureau de La Haye pour un court entretien qui lui a permis de déclarer que « le temps de l’immunité (était) révolu ». Avocate de 51 ans, Fatou Bensouda succède donc à l’argentin Luis Moreno Ocampo. Elle dit vouloir « accélérer la cadence » à la CPI.

Au sujet de Laurent Gbagbo par exemple, Madame Bensouda déclare que l’ex-président ivoirien « va être jugé très rapidement ». Le nouveau « procureur » de la CPI entend aussi « imprimer sa marque » dans deux domaines : celui du droit des enfants et celui du droit des femmes. « Je veux, dit-elle, que ceux qui enrôlent des enfants de force dans une milice ou qui orchestrent des crimes sexuels à grande échelle sachent qu’ils seront tous poursuivis par mon tribunal ».

Vous l’aurez remarqué, Fatou Bensouda parle de la CPI comme de son tribunal. Cette semaine dans Paris Match, elle a fendu l’armure.

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