Les éditorialistes se montrent plutôt sévères à l'égard de Jean Marc Ayrault qui a prononcé son discours de politique générale hier... « Aride », pour Les Échos, « flou » pour Le Figaro, « terne » pour Le Télégramme ; autant d'adjectifs sympathiques apposés au « grand oral » du Premier ministre.

La presse qu'on sent un peu déçue de ce discours, sur la forme comme sur le fond. On va commencer par la forme: le discours, l'un des plus longs jamais prononcés, qui « ne restera pas dans les annales de l'art oratoire », estime La Montagne. « Jean-Marc Ayrault a (...) fait du Jean-Marc Ayrault et a donc été (...) un peu poussif ». « Je, je je », première personne du singulier prononcée 122 fois, rapporte Aujourd'hui en France, qui y voit le symbole de la « rupture avec François Fillon que le président Sarkozy avait réduit, un temps, au rôle de collaborateur ».

Libération salue d'ailleurs « le retour du Premier ministre » en une, tout en s'étonnant que le mot « rigueur » n'ait été écrit « qu'une seule et unique fois en 22 pages ». Pendant le discours, sur les bancs de l'UMP on « découvre les joies simples de l"'opposition" et on "réapprend à siffler" », s'amuse Libération. Des députés, qui ont insisté sur « la banalité », la « platitude », la « médiocrité » de l'intervention. « C'était du Hollande en pire, peste le député de la Drôme. Catastrophique sur la forme et indigeste sur le fond ».

Du déjà vu ?

Le fond, on va en parler maintenant. Là encore, la presse reste sur sa faim. « Il s'est contenté d'égrener les engagements pris pendant la campagne de Hollande sans y ajouter guère de précisions », regrette Aujourd'hui en France. Du coup, « tout ou presque avait déjà été entendu », peut-on lire dans l'édito de La Charente Libre. « Un discours général de politique », résume Les Échos, le « Premier ministre a gardé ses mains bien à plat sur le volant et évité tout écart », regrette Les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Ouest France tempère: « Voilà qui présente au moins le mérite de la cohérence et confirme la proximité du Président avec son Premier ministre ». Mais pour Le Figaro, « les Français ne sont guère plus avancés ». « C’est fort aimable, remarque La Charente Libre, de jurer que les classes moyennes seront épargnées par les hausses fiscales. Encore faudrait-il savoir où on situe la moyenne. C’est l’une des clés de la crédibilité du redressement et de sa popularité ».

Avortement : 13% de la mortalité maternelle au Maroc

En débat au Maroc, la légalisation de l'avortement : La Croix commence avec ce chiffre impressionnant. « 600 à 800 femmes avortent chaque jour dans la clandestinité, dans des conditions d'hygiène déplorables. Ces avortements, c'est 13% de la mortalité maternelle au Maroc. Constat accablant fait par l'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin, qui appelle à une réforme de la loi.

Pour l'instant l'IVG est interdite dans le royaume, sauf si la vie de la mère est en danger. L'acte est passible d'un à cinq ans de prison. L'association voudrait que l'on puisse l'autoriser en cas de viol, d'inceste et de malformation du fœtus, comme c'est le cas dans plusieurs pays musulmans, mais motus des autorités. Au Maroc, c'est encore un sujet tabou, explique le journal. Avec en « toile de fond: l'opprobre jeté sur les relations sexuelles hors mariage et la question de la liberté de la femme ».

Une montagne sacrée cotée en Bourse !

On passe à l'histoire du jour du Figaro Économie. Ça se passe « dans la province du Zhejiang, « ce berceau du secteur privé où ont été créées les premières entreprises indépendantes dans les années 1980 ».

Une province qui abrite aussi « l'une des quatre montagnes sacrées du pays, le mont Putuo ». Ce site « pourrait bientôt devenir symbole de prospérité économique, poursuit Le Figaro, avec la levée de 118 millions de dollars. La Putuoshan Tourism Developpement Corp. prévoit en effet de s'introduire en Bourse », pour « accroître la notoriété » du site.

Feu vert du gouvernement régional, mais pas des autorités religieuses qui remarquent qu' « aucun site religieux au monde n'a jamais présenté de dossier » avant et que cela « pourrait heurter la sensibilité des croyants ». Et la polémique « pourrait ne faire que commencer », conclut le journal. Car « deux autres montagnes sacrées bouddhiques » pourraient elles aussi faire leur entrée en Bourse.

Les Espagnols… les plus « stressés au lit »

On termine avec l'impact de la crise sur nos vies de couples, décortiqué par Aujourd'hui en France. Visiblement ça passionne la presse française, Libération l'évoquait déjà hier.

Oui car voilà : la crise nuirait à notre sexualité. « Peur de perdre son emploi, de ne pas pouvoir rembourser le prêt de la maison (...) la crise nous cause du souci, et cela... jusque sous la couette », écrit le journal. C'est même devenu un facteur essentiel, parait-il, pour ceux qui ont des problèmes de couple. Et pas qu'en France, puisque cette étude britannique commandée par les laboratoires Pfizer a été réalisée dans 7 pays européens. Au hit-parade des « frustrés économiques », comme le dit joliment Aujourd'hui en France, on retrouve la France, quatrième, devancée par les Suédois, les Italiens et les Espagnols, qui sont les plus stressés au lit selon cette étude très sérieuse.

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