« Dieu seul sait quand la plaie casamançaise pourra enfin se refermer », écrit L'Observateur au Burkina Faso. Ce conflit « a toujours hanté les arcanes du pouvoir central. (...) Abdoulaye Wade avait promis de régler le problème en seulement 100 jours, autrement dit en un tour de main. Mais voilà que 12 ans après, la Casamance (...) attend toujours le fameux tour de passe-passe ».

La presse réagit après l’interview sur notre antenne, lundi, de l'un des principaux leaders de la rébellion casamançaise, Salif Sadio. Pour Lescables.net , au Sénégal, le président Macky Sall et Salif Sadio, « ne parlent pas le même langage ».

 « A trop tirer sur la corde… »

« Un véritable dialogue de sourds », commente le site d'information, car pour le chef de l’État, il est hors de question de négocier une quelconque indépendance pour la partie sud du pays. Et son offre de paix « est tombé dans l'oreille d'un sourd », écrit encore Le Quotidien, toujours à Dakar. « Il faut croire que certains jusqu’au-boutistes (...) trouvent désormais leur compte dans une économie de guerre sur fond de trafics, conclut L'Observateur  au Burkina. Et plus que tout, ils redoutent la paix et ses inévitables compromis. Cela dit, Salif Sadio gagnerait à ne pas refuser la main qui lui est tendue, car, à trop tirer sur la corde, elle finira par rompre ».L’audition de « Rimka ».

On reste au Sénégal, avec d’autres réactions après, cette fois, l'audition par la gendarmerie de Karim Wade, le fils de l'ancien chef de l’État. Karim Wade, l’ex « ministre du Ciel et de la Terre », comme ses opposants l'avaient surnommé, très critiqué pour sa gestion du budget de l’État.

Le jour de l'audition, « Karim Wade est sorti des locaux de la Gendarmerie de Colobane par une porte dérobée, sans s'adresser à la presse ni à plusieurs de ses militants qui avaient assiégé les locaux », raconte Sud Quotidien . « Il n’y a aucune raison de s’inquiéter. Nous n’avons rien à nous reprocher », explique l'un de ces supporters à Walfajdri.

Ces audits ont été commandités par le président Wade. [Cela] montre que Wade a été soucieux de la bonne gouvernance du pays ». « Beaucoup de Sénégalais reconnaissent qu'en matière d'infrastructures, « Rimka » a métamorphosé la capitale sénégalaise, consent L'Observateur , au Burkina Faso. (...) Karim a ajouté de la terre à la terre, convenons-en ».

« La douce revanche de Macky Sall »

Le journal burkinabé ajoute que « cette audition fait penser à une douce revanche » de Macky Sall. Il rappelle que le président avait été « débarqué » du perchoir de l'Assemblée nationale après une convocation jugée « cavalière » par Wade père et fils. « Chacun savait sa rancune tenace, surtout que le choix de son fils biologique pour lui succéder, au détriment de cet autre dauphin qu'était [Macky] Sall, ne laissait place à aucun état d'âme ».

L'intéressé s'en défend. Dans une interview au mensuel panafricain Notre Afrik , basé à Bruxelles et repris par Fasozine  au Burkina Faso, il explique que ses rapports avec Abdoulaye Wade « sont mauvais depuis [leur] rupture politique, mais [que] pour autant [il n'a] pas de problèmes personnels avec lui ».

« Un temps pour bâtir, un temps pour partir »

On poursuit avec une mode à la démission des chefs d’États africains trop malades pour gouverner, à lire dans Le Pays . C'est la nouvelle hospitalisation de Robert Mugabé à Singapour qui donne cette occasion au journal burkinabé. Car le président zimbabwéen « est officiellement le plus récent et le plus emblématique des chefs d’État africains qui mènent au quotidien une lutte contre la mort mais qui s’accrochent, mordicus, au pouvoir ».

L'objectif ici, explique Le Pays , « n'est pas de décrire la faillite cinglante des politiques sanitaires africaines » qui pousse des chefs d’État à aller se faire soigner à l'étranger. Mais plutôt cette façon qu'ils ont de s'accrocher au pouvoir « comme à une bouée de sauvetage ». « Démission ? Connais pas ! Et c’est là que le bât blesse, lance le journal. Car (...) les présidents qui meurent au pouvoir ont toujours laissé derrière eux des pays en proie à des instabilités chroniques. (...) Être héros pour toujours, (...) c’est surtout savoir qu’il y a un temps pour bâtir et un temps pour partir ».

Une grève pour de l’eau et de la nourriture

On termine avec cette société chinoise accusée d'esclavagisme au Cameroun, qui donne lieu à un mouvement de grève à Lom Pangar. C'est à lire dans le quotidien Mutations . Lom Pangar se trouve dans l'est du Cameroun, là où une entreprise chinoise construit un barrage hydraulique. Mais depuis le 25 juin, les 218 ouvriers ont arrêté de travailler, raconte le quotidien camerounais.

Dans cette entreprise: pas de contrat de travail, ni de grille des salaires, ni encore de paiement des heures supplémentaires. Et puis, les employés dénoncent avant tout des problèmes « de nourriture et d’eau ». L'un d'entre eux confie à Mutations: « Je gagne 45.000 Francs CFA par mois. Lorsqu’on prélève 36.000 Francs CFA pour la nourriture, il ne m'en reste que 9.000 [l'équivalent de 14 euros]. Est-ce qu'on peut travailler seulement pour manger ? » s'interroge-t-il.

Alors le ministre du Travail a fait le déplacement. Il a sommé la société à « se conformer immédiatement à la réglementation camerounaise»... tout en demandant aux ouvriers de reprendre le travail, étant donné « l’importance du barrage pour l’ensemble de l’économie camerounaise en termes d’amélioration de l’offre énergétique ».

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