
Avec Sabrina Zaoui du Mjic (Mouvement de la jeunesse indépendante pour le changement) Ammar Belhimmer Chroninqueur- Le Soir d'ALger maître de conférences à l'université, Nourredine Benissad, président Ligue algérienne des droits de l'Homme, Wahid Bouabdallah (FLN) et Makri Abdelrazak du MSP (Alliance Verte islamiste).
« …La greffe des « printemps arabes » n’a pas pris en Algérie. (…) Moi, je le dis, je le dis souvent, l’Algérie n’est pas l’Egypte, ni la Libye, ni la Tunisie. L’Algérie a fait sa révolution en 1988. Nous avons payé le prix un petit peu cher. La population vit dans la peur. D’ailleurs, c’est trop difficile pour nous de mobiliser les gens autour du projet du changement. C’est le cas aussi pour les partis politiques qui ont été discrédités par le système actuel. Ce n’est pas le même contexte. »

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Indépendance et la révolution inachevée
Les sécessionnistes algériens ont déclenché la révolution contre le colonisateur français. Les chefs de l'insurrection avaient appris sur les bancs de l'école communale l'histoire de France et la révolution de 1789.Cependant la république coloniale avait toujours refusé de conférer aux autochtones alias les indigènes, la citoyenneté et l'égalité des droits. Il ne leur restait plus que de se révolter pour obtenir l'égalité et la liberté.La majorité de la population autochtone était paysanne et analphabète. Les dirigeants révolutionnaires ont motivé les larges masses, comme dirait Mao Zédong, en leur parlant de l'islam et de l'étranger roumi, le français chrétien, qu'il fallait, pour être libres, chasser hors du dar al islam (la maison de l'islam)!La révolution algérienne était ethnico-religieuse, un djihad, car la liberté de l'individu et l'égalité des droits selon l'esprit des lumières, ne figuraient pas dans les bagages du moudjahid( le combattant de la foi)!Le journal révolutionnaire créé en juin 1956 s'appelle précisément Al Moudjahid. Les créateurs du journal furent gênés aux entournures pour justifier ce titre, en écrivant que la révolution demande un effort pour combattre, qu'en un sens c'est comme un djihad! Les islamistes de 1954 et leurs épigones se sont avisés de constater qu' en 1988 les gouvernants, quoique algériens, sont néanmoins impies, selon leurs propres conceptions de la religion, et ils justifièrent leurs massacres et les viols au nom du djihad. L'Algérie est comme tous les autres pays arabo-musulmans, elle ne voit pas de salut autrement que dans un Etat confessionnel. Or là, où la religion fait la loi, la liberté n'existe pas.