L’espoir, Libération le voit au tournant. Le quotidien relate les signes d’affaiblissement du régime baasiste sur le front intérieur.

« C’est la nuit qu’il faut croire à la lumière », écrit Vincent Giret dans son éditorial, citant le romancier Edmond Rostand.

« Dans la nuit syrienne où sévissent les séides de Bachar al-Assad, quelques espoirs scintillent enfin. Le tyran de Damas n’est pas encore défait, mais il ne peut plus gagner. L’armée libre, composée pour l’essentiel de civils, fait mieux que résister, cette armée du courage a remporté une victoire héroïque : le régime ne peut plus contrôler le pays. »
 
Dans Le Figaro, panorama de cette coalition des insurgés qui tiendraient un tiers du territoire syrien selon le journal : 40 000 hommes environ, disséminés dans tout le pays, une chaîne de commandement décentralisée et un armement qui se modernise avec le concours des pays du Golfe et de la Turquie. « En première ligne face à la répression, ce sont eux, beaucoup plus que les opposants de l’étranger, qui compteront dans la Syrie de demain », souligne le quotidien, qui note également avec inquiétude le développement de cellules de quelques centaines de djihadistes hors de contrôle des chefs de l’ASL.
 
La perspective islamiste refroidit certains éditorialistes, notamment celui du Journal de la Haute-Marne : « Pour le moment, les Amis du peuple syrien ne veulent voir que la fin du pouvoir actuel, écrit le quotidien. Il serait peut-être plus prudent de faire – déjà – un premier tri et d’aider uniquement les éléments qui peuvent annoncer un véritable plan de démocratisation. L’exemple libyen montre que l’Occident s’est laissé abuser. Remplacer une dictature militaire par une société soumise à la charia revient à légitimer l’abus de confiance à grande échelle. »
 
La Russie et la Chine bloquent la communauté internationale
 
Autre limite relevée par la presse sur le dossier syrien, l’inaction de la communauté internationale. Pour La Nouvelle République du Centre-Ouest, « l'arme du veto est la plus mortelle des dissuasions. Combien de temps Russes et Chinois bloqueront-ils toute véritable solution ? La cohorte des Amis du peuple syrien, mise en branle pour tenter de contourner la paralysie onusienne, aligne vœux pieux et menaces directes. »
 
« Elles sont comme ça les grandes démocraties : molles », tranche d’un ton belliqueux Le Courrier Picard. « Il y a deux sortes d’hommes qui ne choisissent pas leur mort : le militaire et l’homme tyrannisé, reprend le journal. Pour sauver le deuxième, il faut le premier. »
 
Relancer le moteur franco-allemand
 
Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel se retrouvent à Reims demain pour célébrer l’amitié franco-allemande, à quelques mois du 50e anniversaire du traité de l’Elysée signé en janvier 1963 par le général de Gaulle et Konrad Adenauer.
 
Depuis ce texte fondateur, on parle de « couple » ou de « moteur ». Que les éditorialistes appellent à relancer.
 
« L’Europe en crise a besoin de cette parole, juge l’Union/l’Ardennais, quotidien d’une région où l’on connait le coût des guerres du XXe siècle. Cette communion franco-allemande, autour des valeurs de l’homme debout, dépouillé de l’abîme et des tourments d’hier, est un chemin lumineux pour que le vivre ensemble dans l’Union soit balisé d’un pragmatisme serein et irréversible. »
 
« Hollande et Merkel joue la réconciliation », titre en Une Le Figaro, qui étale pourtant dans ses pages les divergences de vues entre les deux leaders. « La chancelière avait espéré que la page des “propos de campagne” germano-sceptiques du président serait rapidement tournée après les législatives françaises. Elle est au comble de l’exaspération à l’égard de François Hollande », écrit le journal.
 
Ce n’est pas la première fois que les relations sont mitigées entre les deux pays, rappelle Le Figaro : Pompidou et Willy Brandt, Chirac et Schroeder, Sarkozy et Merkel ont eu du mal à trouver leur rythme de croisière. Mitterrand et Kohl éprouvèrent leur amitié lors de la réunification allemande, qui provoquait la méfiance à l’Elysée. « Plongée dans une crise existentielle, l’Europe ne peut s’offrir le luxe d’un affrontement durable entre un bloc du Sud mené par la France et un bloc du Nord guidé par l’Allemagne », conclut Le Figaro.
 
Et puis, ce plaidoyer du Courrier de l’Ouest en faveur de la langue française :
 
« Cette semaine à Québec, écrit le journal, les participants au premier forum de la langue française ont expliqué que nous aurions d’autant plus intérêt à défendre notre langue partout dans le monde que l’avenir lui tend les bras. A condition de comprendre que son sort se joue en Afrique où 85% des francophones vivront dans une trentaine d’années. La langue anglaise a vécu un XXe siècle triomphant parce qu’elle a su perdre son accent britannique et avaler les mots à la mode yankee. Nous devrions méditer son exemple. »

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