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« Fin de vie », et non pas « euthanasie ». François Hollande a « veillé, remarque La Croix, à ne pas prononcer le mot qui fâche lors de son allocution » hier. Au grand damne du Figaro, pour qui « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Le président, il faut le dire, était attendu au tournant, « aussi bien par les promoteurs d’un droit à mourir (...) que par les opposants à l’euthanasie ». François Hollande s’est demandé si on ne pouvait pas aller plus loin que la loi Léonetti de 2005, qui autorisait un patient à arrêter un traitement ou à refuser l’acharnement thérapeutique.

Une loi qui n’a pourtant jamais mis fin au débat de fonds : doit-on aider ou non quelqu’un à mourir s’il le souhaite ? « Il n’est plus possible d’échapper à cette question », estime L’Alsace. Le président français en appelle à une discussion « noble et digne » sur le sujet. Une réflexion qui devrait être publique, estime Jean Léonetti, l’auteur de la loi de 2005, dans Le Figaro. Ce débat a le bon goût, note aussi La Croix, de ne pas être relancé, pour une fois, par « une situation humaine dramatique et (...) médiatisée ». On se souvient par exemple de l’affaire Sébire, du nom de cette femme qui, souffrant d’une tumeur lui déformant le visage, avait sollicité en vain le droit de recourir à l’euthanasie, avant d’être retrouvée morte d’une overdose de médicaments à son domicile.
 
Une page se tourne en Tunisie
 
La Tunisie au Palais Bourbon ! La presse française commente aussi ce mercredi la visite du président Moncef Marzouki en France.« Un petit air de revanche sur le destin, pense Ouest France. Il y a dix huit mois, alors exilé en France, c’est dans l’anonymat le plus complet qu’il avait entendu la ministre de l’Intérieur de l’époque se déclarer prête (...) à aider logistiquement (...) Ben Ali à rétablir l’ordre ». Aujourd’hui, poursuit le quotidien, « une page se tourne et [le président tunisien] en connaît tout le poids ». Une page qui se tourne aussi pour la politique étrangère française : c’est ce que veut montrer François Hollande. « La Tunisie et les autres “printemps arabes” étaient devenus le symbole des errements d’une certaine diplomatie », écrit Sud-Ouest. Le journal encourage au passage la France à annuler la dette d’un pays « à la croisée des chemins ».
 
Fin de la Françafrique ou raison d’État ?
 
La presse française commente également la remise par l’Unesco d’un prix très controversé : le fameux Prix « Unesco-Guinée Equatoriale ». Un prix pour « la recherche en sciences de la vie » créé « par un État dépourvu du moindre laboratoire de recherche », s’étonne La Croix. Un État contrôlé par Teodoro Obiang Nguema, « le plus ancien dictateur en exercice en Afrique ». Une cérémonie boycottée par la France, entre autres, où a été ouverte une enquête pour suspicion de détournement de fonds publics. Teodorin Obiang Nguema est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. La Croix publie une photo des voitures de luxe du fils du président de Guinée équatoriale, saisies à Paris en 2011. Que va faire Paris ?, s’interroge Libération. François Hollande envoie des signaux contradictoires. Il a nommé un ministre du Développement « déterminé à lutter contre la corruption et les transferts financiers illicites. Mais il a [aussi] reçu à l’Élysée son homologue gabonais Ali Bongo ». Le journal conclut sur une question: « La volonté de rupture avec la Françafrique va-t-elle se fracasser sur le principe de la raison d’État ? »
 
En Iran, le poulet censuré
 
« Haro sur le poulet ! » s’inquiète Aujourd’hui en France. Les comédiens iraniens n’ont plus le droit de manger du poulet à la télévision. Le journal raconte que le chef de la police a décidé de censurer ce type d’images sur les chaînes publiques à cause de l’inflation qui touche, notamment, le kilo de poulet. Il est passé d’1,40 € à 4 € en une semaine. Un luxe, donc, pour une bonne partie des Iraniens et le chef de la police déclare que la télévision d’État « ne doit pas être la vitrine de ce qui est inaccessible ». En fait, il craint que si le poulet apparait trop souvent à l’écran, cela ne pousse « les défavorisés à s’en prendre aux classes aisées ».
 
Le Camembert, c’est maintenant !
 
Le poulet sera peut-être en revanche au menu des 50 ans de l’amitié franco-allemande. Ce menu est concocté à Berlin ce mercredi par pas moins de 25 cuisiniers triés sur le volet. 25 cuisiniers du très fermé « Club des chefs des chefs », écrit Libération. Cette appellation pompeuse regroupe les cuisiniers de l’Élysée, du Kremlin ou encore de la Maison Blanche. C’est une tâche délicate que ce menu, explique le journal, car il ne faut pas froisser les sensibilités. François Hollande, apprend-on, « déteste les artichauts et Michelle Obama tient aux légumes ». Et puis du fromage, bien sûr, qui a d’ailleurs fait son grand retour à l’Élysée, nous dévoile Libération. Le Camembert, c’est maintenant : il sera réintégré au repas élyséen après avoir longtemps été banni sous l’ère Sarkozy.

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