Dernières infos

Les quotidiens français reviennent ce lundi sur la stratégie de François Hollande, lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv. « Un crime français », titre Libération en une pour reprendre les termes du président de la République – « Ce crime fut commis par la France ». Le président reconnait donc la responsabilité du pays dans la déportation des Juifs. Un discours très commentée aujourd'hui par les éditorialistes, globalement salué, avec quelques nuances dans La Croix.

« La phrase est douloureuse à entendre, difficile à accepter. Peut-on ainsi attribuer un crime à toute une nation ? » Le journal se demande si cela n'est pas injuste à l'égard de ceux qui ont résisté. « Il ne s'agit pas d'une perverse volonté de dénigrer son pays, semble lui répondre Libération. (...) Le devoir de mémoire ne se divise pas ».

Avec ce discours, François Hollande, en tout cas, « marche dans les pas de Chirac », selon Midi Libre. L'ancien président avait amorcé cette reconnaissance mais pas de manière aussi directe, note La Croix. Plus qu'un hommage, Les Échos y voit un « passage de témoin », « presque une filiation ». « C'est louable, écrit Midi Libre, mais pas dénué d'intérêt politique».

Car « la séquence nostalgie » a permis au président français de prendre de la stature et de rompre avec son prédécesseur. « Il n'en finit pas d'enterrer Nicolas Sarkozy », insiste Le Figaro. En tout cas, conclut Le Journal de la Haute-Marne, « qu'un président de droite et de gauche se rejoignent sur cette blessure de l'histoire met fin, on peut l'espérer, à ce déni qui étreint notre pays dès lors qu'il faut se pencher sur son passé ».

« 75% d’inconscience »

Beaucoup d'économie également à la une des quotidiens ce lundi. Le Figaro titre par exemple sur cette promesse de campagne des socialistes, une loi pas encore votée, qui s'appliquerait aux revenus 2012: taxe à 75% pour les revenus dépassant un million d'euro. « 75% d'inconscience », martèle le journal, pour qui « l'exil des cadres dirigeants a déjà commencé ».

« J'avais recruté trois cadres américains. Ils sont partis », confie le PDG d'un groupe du CAC 40. D'autres entreprises, affirme Le Figaro, « installent à l'étranger quelques fonctions clés et préparent des baisses de rémunération pour les cadres restés à Paris ».

Aujourd'hui en France revient de son côté sur la situation délicate dans laquelle se trouvent plusieurs opérateurs téléphoniques. Le marché a été bouleversé par l'arrivée cette année de Free, qui a cassé les prix. Résultat, « Bouygues a déjà annoncé un plan social, SFR dévoilera le sien à l'automne ».

Et « le gouvernement voudrait revenir sur la loi Chatel qui protège les utilisateurs » pour sauver plusieurs milliers d'emplois, annonce le quotidien. Cette loi avait notamment réduit la durée d'engagement d'un client auprès de son opérateur. Mais « faut-il privilégier les clients ou l'emploi ? » se demande Aujourd'hui en France en une. Le député UMP Luc Chatel tranche: pour lui, revenir sur cette loi, ce serait « prendre les clients en otages ».

Du pain et du foot

On poursuit cette revue de presse avec une polémique en Argentine sur les retransmissions télé des matches de football. « Le football gratuit pour tous à un prix », titre Le Monde. Pour comprendre, il faut remonter à 2009, date à laquelle la présidente Cristina Kirchner procède à une nationalisation originale: celle des transmissions de football, détenues à l'époque par une chaîne câblée.

« Le nouveau programme est baptisé « football pour tous » » et passe donc sur une chaîne publique. Alors pour les Argentins, c'est tout bénéfice. Mais pas forcément pour l’État qui pensait se refaire sur la publicité. « Seulement voilà, explique Le Monde, le bas de l'écran et les spots sont monopolisés par la communication gouvernementale ».

Et le foot a servi d'appât pour le principal programme politique de la chaine publique, « qui n'est pas précisément un modèle de rigueur journalistique et d'équilibre », consent le journal. Au final, le coût de l'opération pour l’État est de quatre milliards de pesos (720 millions d'euros) selon le quotidien d'opposition La Nacion. « Est-ce justifié, se demande Le Monde, dans un pays où un tiers de la population vit dans la pauvreté ? ».

Le culte de l’argent entre dans le dico

Pour finir, de nouveaux mots entrent dans les dictionnaires chinois et cela en dit long sur les évolutions de comportement de la société. Libération note que dans cette dernière édition du dictionnaire Chine nouvelle, on trouve donc les mots baijin zhuyi (« le culte de l'argent »), mais aussi bang dakuan (littéralement, « se faire un max de thunes»). Des termes qui, nous dit-on, « désignent entre autres les femmes qui pratiquent la chasse aux millionnaires ».

Plutôt étonnant, puisque « jusqu'en 1980, les dictionnaires étaient très politiques », se rappelle le correspondant de Libération. En 1971, le mot liberté avait par exemple « une connotation très péjorative »: « la liberté de la classe exploiteuse d'exploiter la classe ouvrière ». En 2012, sa définition est plus conventionnelle: la liberté, c'est « le pouvoir d'agir dans le cadre de la loi ». Mais la liberté, précise le dictionnaire, est tout de même « indissociable de la discipline ». Nuance…

Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(0) Réaction
Fermer