Ce lundi, la presse ivoirienne s'inquiète de la situation dans l'Ouest du pays, à Duékoué. C'est la une de nombreux journaux : « Duékoué encore ! Quelle série noire ! » s'exclame Fraternité Matin . « Duékoué encore à feu et à sang », titre L'Inter . Vendredi dernier, le camp de déplacés de Nahibly à Duékoué a été attaqué et incendié, rappelle le journal, par des jeunes venus de Kokoman.
Le camp abritait selon eux les auteurs d'un braquage dans leur quartier la veille, qui s'était soldé par la mort de quatre personnes. « On avait pensé qu’avec la fin de la crise post-électorale, la région serait redevenue normale, comme les autres. (...) Mais les atrocités commises régulièrement à l’ouest ont fini par donner à cette partie de la Côte d’Ivoire une bien triste réputation, poursuit Fraternité Matin.
L’Ouest rime désormais, malheureusement, avec tueries, attaques et déplacements massifs de populations. L’État de Côte d’Ivoire ne doit pas les laisser prospérer, il doit empêcher que l’ouest devienne le Far West ». Cet Ouest où « les communautés se regardent en chien de faïence », notamment en raison d'un conflit sur les terres, croit savoir le journal.
Duékoué : au centre des rancunes ?
Une partie de la presse va même jusqu'à parler d'épuration ethnique, de génocide. Le Patriote met en garde contre l'utilisation de ces termes: « Ce qui se passe à Duékoué n’est rien d’autre que la manifestation des tensions ethniques qui avaient déjà cours dans cette partie de la Côte d’Ivoire, mais qui malheureusement aujourd’hui, sont exacerbés par les rancœurs et rancunes mal contenues issues de la crise post-électorale ».
Le journal s'est rendu à Duékoué et affirme que les habitants ne veulent plus des camps de déplacés. Un jeune homme interviewé accuse notamment des miliciens de s'y cacher. « Finalement, cette petite ville concentre à elle seule toutes les haines que nous avons accumulées dans nos cœurs ces dernières décennies », regrette Fraternité Matin. Le journal ivoirien publie d'ailleurs une chronologie des atrocités commises depuis 2003 dans cette région. Il estime qu'il faut régler d'urgence le problème de Duékoué avant qu'il ne s'étende au reste du pays.
ONUCI et gouvernement « dans le box des accusés »
La presse dénonce aussi le fait qu’après ce drame, chacun rejette la faute sur l'autre. L'ONUCI et le gouvernement se retrouvent tous deux « dans le box des accusés », écrit GuinéeConakryInfo. «La responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorités ivoiriennes », s'est défendue l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire.
De leur côté, « les forces [de sécurité] proches d'Alassane Ouattara prétendent avoir été débordées », rappelle GuinéeConakryInfo. « Mais l’argument n’est guère convaincant. Il n’est pas exclu, croit savoir le média en ligne, qu’on ait délibérément laissé faire les assaillants, juste pour punir les victimes de leur proximité passée avec l’ex-homme fort du pays [Laurent Gbagbo] ».
Pour Le Nouveau Courrier , tout le monde est responsable: les Forces révolutionnaires, Alassane Ouattara, l'ONUCI... et même la CPI. Le journal se demande comment « des hommes, civils et militaires, [ont pu] en plein jour détruire un camp de réfugiés (...). Cela signifie bien qu’ils ont intégré mentalement une sorte d’axiome : la CPI, c’est pour Gbagbo et ses semblables ! »
Sans aller jusque là, Le Pays au Burkina Faso reconnait que la justice est la première urgence en Côte d'Ivoire: « pas d’impunité ou d’immunité pour les fauteurs de troubles quelle que soit leur appartenance politique ». Au lieu de se renvoyer la balle, l'ONUCI et le gouvernement devraient "de conjuguer leurs efforts (...) pour « instaurer un véritable État de droit doté d'une justice forte et équitable ». Il en est du processus de réconciliation, « le principal chantier des nouveaux maîtres d’Abidjan », conclut GuinéeConakryInfo .
Hausse des prix du carburant au Cameroun
Quelques commentaires pour finir sur la hausse possible des prix du carburant pour les Camerounais. Le gouvernement l'envisage et la presse s'en est émue tout le week-end. Le quotidien Mutations , encore ce lundi, se demande ce que le Cameroun « n'a pas voulu faire » après les émeutes de la faim en 2008.
Chaque pays y est allé de son initiative: Mutations raconte comment le Sénégal et le Mali, par exemple, ont encouragé la production de riz pour ne plus dépendre des importations asiatiques. Yaoundé avait choisi, de son côté, de bloquer les prix du carburant avec de larges subventions pour étouffer les possibles soulèvements. Mais « en adoptant ces mesures anti-économiques dans un système libéral, le pouvoir se privait d’une bonne partie des recettes », note Mutations .
Cela ne pouvait durer qu'un laps de temps: il fallait rapidement identifier des postes apparaissant comme des gouffres budgétaires. Le journal évoque notamment le budget de fonctionnement de la présidence de la République.
« A-t-on nécessairement besoin de plus de 51 000 véhicules par an pour faire fonctionner l’appareil de l’État ? » s'interroge-t-il. A défaut de s'attaquer à ces gouffres budgétaires, l'augmentation du prix du carburant à la pompe est donc nécessaire, estime Mutations.
Mais « c’est tout le monde qui devra malheureusement, pas seulement trinquer, mais boire jusqu’à la lie les mauvaises options et les improvisations gouvernementales ».

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(2) Réactions
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Slt, c'est souvent triste de constater de tels massacres et d'en faire un simple événement. A Duékoué on tue impunément aux yeux de tout le monde et rien est fait. Je me souviens qu'à la marche des femmes d'Abobo où il y a eu des morts, moins nombreux que ceux de Duékoué, le monde entier était informer. Les chaines télévisées françaises ont même fait un grand tappage médiatique. Où sont-ils ceux qui pronaient les droits de l'homme au cour des évênements d'abobo? C'est tout simplement méchant. En réalité la justice du monde, c'est celle qui tourne en faveur des grandes puissances. Et le reste on s'en fout!
Duekoué
Il est grand temps que la communauté dite internationale fasse preuve d'impartialité on s'est vu dans l'obligation de réagit il y a peu mais aujourd'hui la communauté dite internationale ne se sent pas concerné.Les gens font fi de ce qui se passe comme si ceux qui mourraient n'avaient pas de valeurs à leurs yeux.