« Au boulot maintenant ! » : c’est le grand titre, sans équivoque de La Tribune après l’installation de la nouvelle Assemblée nationale sénégalaise hier et l’élection de l’ancien Premier ministre Mustapha Niasse au perchoir. « Et maintenant, il est temps de se mettre à l’œuvre et de travailler pour abréger les souffrances du peuple sénégalais, s’exclame La Tribune. (…)
Si les Sénégalais ont mis Macky Sall à la tête de ce pays, poursuit le journal, (…) c’est en grande partie, parce que le régime déchu incarné par Wade, était au summum de son incompétence (…). Ce nouveau régime doit s’inspirer de la déconvenue du défunt. Macky a toutes les cartes en main.
Les Sénégalais sont fatigués, constate encore La Tribune. Et depuis son installation, il y a eu trop de bruits et peu d’actes réconfortants. Les coupures d’électricité reviennent comme pour nous rappeler notre triste sort. Après les larmes, Niasse a l’obligation de regarder la réalité en face. »
Pour le quotidien Le Soleil, « cette douzième législature est vraiment attendue, comme celle des ruptures. (…) Il s’agira, pour les députés, comme l’a dit Mustapha Niasse, d’écouter le peuple pour le comprendre et ensuite, de se mettre à son service. »
Justement, relève Enquête, autre quotidien sénégalais, « l’installation du nouveau parlement a vécu hier, les allures d’un grand rassemblement des citoyens sénégalais autour de la Place Soweto. Là même où Abdoulaye Wade a commencé sa descente aux enfers. Pour tous, un impératif s’impose aux nouveaux députés, affirme le journal : la prise en charge correcte des intérêts des citoyens. »
Et Enquête de citer cette phrase lue sur un panneau dans la foule : « soyez des élus du peuple et pour le peuple, les prototypes du citoyen du changement. Pensez aux jeunes qui vous ont fait confiance (...), représentez-nous dignement et souvenez-vous enfin que la patrie importe plus que le parti. »
Traoré vs Diarra…
Au Mali, on attend toujours de savoir qui prendra l’avantage à la tête de l’exécutif. La presse sous-régionale continue de s’interroger, notamment sur les intentions du président intérimaire Dioncounda Traoré. Le site d’information Fasozine résume la situation : « alors qu’il s’apprête à recomposer l’équipe gouvernementale, avec de gros points d’interrogation sur le maintien ou non du Premier ministre - Cheick Modibo Diarra, décrié par une bonne partie de l’opinion malienne et africaine -, Dioncounda Traoré vient de rebattre en profondeur les cartes du jeu politique malien.
En décidant de mettre en place de nouveaux organes pour gérer au mieux la délicate période de transition qui semble n’avoir toujours pas démarré depuis deux mois, Dioncounda Traoré monte incontestablement au filet pour assumer la plénitude de ses fonctions présidentielles, sans état d’âme, même si les confortables prérogatives accordées au Premier ministre devraient en souffrir.
De fait, relève Fasozine, certains observateurs ne s’y sont pas trompés, qui voient dans la nouvelle configuration institutionnelle qui se dessine, un déshabillement du Premier ministre, dont le costume risque bien de devenir des plus étriqués. »
Une crise qui va durer ?
Et cette partie de bras de fer risque bien de durer… « Ce n’est pas une simple scène de ménage entre les deux têtes de l’Exécutif, affirme L’Observateur au Burkina, mais plutôt un clash. Cheick Modibo Diarra va-t-il se laisser dépouiller de ses prérogatives, lui que l’Accord-cadre investit de "pleins pouvoirs" ? Se résoudra-t-il à jouer au soutier alors que les textes de la transition font de lui le capitaine du navire en détresse ? » Sans doute pas, estime le quotidien burkinabé.
En effet, précise-t-il, « on peut se demander sur quoi Dioncounda Traoré peut bien s’appuyer pour engager une telle épreuve de force avec un PM qui, visiblement, bénéficie du soutien de l’armée, du moins de ce qu’il en reste. Il y a certes la CEDEAO et même la Communauté internationale qui semblent, elles, jouer la carte Traoré. Mais jusque-là, les troupes de l’organisation sous-régionale n’ont pas débarqué sur les bords du Djoliba.
Si bien qu’à l’heure actuelle, conclut L’Observateur, le rapport de forces reste en faveur du chef du gouvernement, qui n’entend pas céder une parcelle de son autorité. Ce n’est donc pas pour demain la sortie de crise politique au Mali, dont la partie septentrionale est sous coupe réglée de groupes islamistes. »
Alors, va-t-on vers un enlisement politique au Mali ? Car le temps presse, estime le site d’information Guinée Conakry Infos . « Et le temps, c’est justement ce que Dioncounda Traoré n’a pas, affirme-t-il. Il ne peut se payer le luxe de se lancer dans d’interminables tractations, alors même que dans le nord, on annonce les premiers morts par lapidation ! (…)
Face à l’urgence, il ne lui resterait que l’option du passage en force, estime Guinée Conakry Infos. Pour cela, il peut compter sur le soutien de l’écrasante majorité politique que représente la coalition du FDR. Il peut également miser sur la bienveillance de la communauté internationale. Mais il ne faudra pas minimiser, prévient le site guinéen, la capacité de nuisance de la minorité formée par les structures politiques, qui s’étaient montrées favorables au coup d’Etat du 22 mars dernier. »

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