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C’est à se demander si la torpeur de l’été aura raison de la nervosité des boursicoteurs. La journée a été agitée hier sur les marchés actions. La Bourse de Paris s’est envolée de 4,4%, et ce rebond consécutif à sa chute de la veille est davantage un signe de fébrilité que de sérénité.

« La BCE inquiète les marchés, août s’annonce périlleux », titrait hier en début d’après-midi le journal Le Monde. Mais à peine le quotidien était-il dans les kiosques que des nouvelles de l’emploi meilleures que prévues en provenance des Etats-Unis faisaient, avec vigueur, remonter les cours. La Bourse, c’est comme le buffet de la gare. Tout est bon à prendre, entre deux coups de sifflet. Et les commentaires qui s’en suivent laissent parfois pantois.
 
Témoin Le Figaro, qui salue le « spectaculaire rebond des Bourses européennes ». Le quotidien souligne qu’après « avoir douté, les marché sont persuadés que l’Europe et la BCE feront vraiment tout pour éviter un effondrement de la zone euro ». Mais ça, c’est dans les pages dites « saumon », du nom de leur couleur, que les lecteurs du Figaro peuvent le lire ce matin. Parce qu’à la Une du même journal, mais cette fois-ci dans les pages de couleur blanche, les lecteurs ont droit à un éditorial d’un tout autre tonneau.
 
« Il n’y aura pas de miracle, énonce en effet Le Figaro. La crise de l’euro ne va pas s’évaporer dans la moiteur de l’été. Même s’il le souhaite (…) le président de la Banque centrale européenne, n’a pas de baguette magique pour nous épargner une rentrée agitée ». Faudrait savoir !
 
Pages blanches contre pages saumon, dans Le Figaro, ce sont les premières qui tranchent. Et qui expliquent que les marchés, une fois encore, ont eu comme souvent, une réaction « à courte vue » ! Figaro-ci, Figaro-là !
 
François Hollande : people normal
 
Loin de cette agitation boursière, les dirigeants politiques français ont pris leurs quartiers d’été. Mais pour certains d’entre eux, le mois d’août pourrait bien être chaud. Car « cet été, les paparazzis traquent les politiques », avertit Le Parisien-Aujourd’hui en France.
 
En Une du journal, un couple sort d’une boutique de cartes postales de la commune de Bormes-les-Mimosas, dans le sud de la France, sous le regard d’une touriste en short et casquette qui immortalise la scène d’un clic de son portable. Il faut dire que c’est du couple présidentiel dont il s’agit. Chemise manche longues et col ouvert, François Hollande apparait également en pages intérieures du journal aux cotés de sa compagne Valérie Trierweiler. Photos de vacances « normales » (ou presque) que l’on retrouve aussi dans Libération. Mais il faut croire que cette normalité-là passionne les lecteurs puisque Le Parisien-Aujourd’hui en France publie aussi une photo des photographes qui traquent le président. L’œil vissé au téléobjectif, embarqués sur des bateaux ancrés au large du Fort de Brégançon, la résidence présidentielle d’été, ils montent la garde. « Désormais, c’est en maillot de bain que les paparazzis rêvent d’immortaliser » François Hollande !
 
Loin d’avoir calmé les ardeurs des paparazzis, le bain de foule que se sont ostensiblement offert hier François Hollande et Valérie Trierweiler à Bormes-les-Mimosas a, au contraire, aiguisé l’appétit des chasseurs d’images.
 
JO : famille en or
 
Mais ce matin, dans la presse française, la grande affaire, ce sont encore et toujours les jeux olympiques. Avec la joie du judoka français Teddy Riner, médaille d’or après sa victoire sur le Russe Alexander Mikhaylin. Et celle de Florent Manaudou, le petit frère de Laure, qui a coiffé tout le monde sur le fil de l’eau de la piscine olympique, en remportant la victoire sur 50 mètres nage libre.
 
Point commun entre Teddy Riner et Florent Manaudou, ce sont tous deux des « géants ! », titre Le Parisien-Aujourd’hui en France. Non seulement par la taille (2 m 03 pour le premier, 1 m 99 pour le second) mais aussi par celle de leur exploit olympique.
 
« Magistral », lance L’Equipe, qui se réjouit de ces « bonheurs en série hier à Londres ». Dans le quotidien sportif, le judoka français est croqué à genoux dans son kimono, avec, en guise de bras, deux arbres qui montent au ciel. Car contrairement à la bourse, en judo, il faut croire que ça arrive quelquefois, que les arbres grimpent ainsi jusqu’au plus haut des cieux.
 
Tout aussi lyrique au sujet de Florent Manaudou, L’Equipe se lâche et s’extasie sur cette « famille en or » que le nouveau champion olympique du 50 mètres forme avec sa sœur Laure, championne, elle, il y a huit ans. « Ca ressemble à un passage de témoin, déclare Florent au quotidien sportif. J’espère avoir un jour le même palmarès que Laure ».
 
La leçon de cette filiation, de ce lignage pourrait-on dire, c’est ce matin Sud-Ouest qui la tire. « Derrière chaque médaille, souligne le quotidien régional, ce sont, au-delà de la seule aventure individuelle, du seul talent, de l’envie ou de l’orgueil à vaincre, les mêmes ingrédients (...) Et surtout, chaque fois, la qualité d’une relation filiale ou fraternelle qui rappelle combien un sportif ne gagne jamais seul, mais toujours avec quelqu’un qui, silencieux, attentif, parfois oublié, a su, des semaines, des mois, des années, attendre cette éclosion. Si l’on devait se féliciter d’une première réussite du sport français, c’est également de celle-là que l’on se réjouira », analyse finement Sud-Ouest.
 
Usain Bolt : la bosse du sprint
 
Un mot, pour conclure, de la suite du programme olympique. Ou plutôt un nom : Usain Bolt. Photos à l’appui, sous toutes les coutures, le Jamaïcain entre en piste à Londres pour tenter de prouver qu’il est toujours l’homme le plus rapide du monde. Mais L’Equipe nous apprend aussi que, selon une étude réalisée par une revue vétérinaire britannique, le sprinter serait « au coude à coude » avec un dromadaire. Lequel est capable de courir le 100 mètres en 9 sec. 8. Et encore, sans les pointes.

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