A l’occasion des 100 premiers jours de François Hollande à l’Elysée, le site Guinée Conakry Infos fait le point sur la politique africaine de la France initiée par le nouveau président de la République. Une nouvelle politique qui se fait encore attendre, déplore le site : « le nouveau président français n’aura pas mis à profit les 100 premiers jours de son magistère pour envoyer les signes du changement qu’il a promis, affirme Guinée Conakry Infos. Le seul véritable motif de satisfaction qu’on peut en tirer est d’ordre symbolique : la substitution du ministère du Développement à celui de la Coopération. Au-delà de cette réforme essentiellement sémantique, l’impact de l’alternance à la française, a du mal à être perçu sur le terrain africain, constate encore le site guinéen. Certes, par rapport à la crise malienne et pendant une période brève, le président français avait semblé montrer plus de respect et d’autonomie à l’égard des institutions africaines que sont l’UA et la Cédéao. Mais visiblement, cette posture avait fondamentalement pour objectif de trancher avec l’attitude à la fois cavalière, orgueilleuse et condescendante de Nicolas Sarkozy, dans les crises ivoirienne et libyenne. La dernière tournée que Laurent Fabius a effectuée dans les pays du Sahel est, à ce titre, illustrative d’un certain retour sur les traces sarkozystes. Sur la même lancée, constate encore Guinée Conakry Infos, l’équivoque que le président François Hollande continue à entretenir autour de sa participation ou non au prochain sommet de la Francophonie censé se tenir à Kinshasa, est une déception pour les défenseurs de la démocratie en Afrique. Mais une preuve de la valse-hésitation qui caractérise encore son approche. Une attitude qui montre bien, conclut le site guinéen, que François Hollande cherche encore ses marques. »
Une intervention armée inévitable…
La crise malienne avec cette question posée par le quotidien Le Républicain : « peut-on négocier avec les islamistes ? ». Réponse sans appel du journal : « les faits sont vraiment vérifiables. Il n’existe aucun pays qui a connu les affres de l’intégrisme radical et qui a trouvé une solution par la voie du dialogue. (…) L’évolution actuelle de la situation nous montre que l’intervention militaire est vraiment inévitable d’une manière ou d’une autre, estime Le Républicain, afin de mettre définitivement un terme aux ambitions démesurées de ces intégristes fanatiques qui n’ont rien en commun avec nos valeurs. Cependant la victoire du Mali ne repose pas sur le dialogue politique, relève le quotidien bamakois, mais plutôt sur l’engagement et la détermination de ceux qui ont prêté serment pour la défense de la nation. »
Justement, on attend toujours l’annonce du nouveau gouvernement malien. La nouvelle équipe au pouvoir pourrait être connue ce mercredi. Et en attendant, les appels à l’union se multiplient dans la presse malienne. Exemple : Le Zénith Balé pour qui « le trio Dioncounda-Cheikh Modibo Diarra-Sanogo doit comprendre que l’union sacrée contre les assaillants est la seule voie du salut pour notre chère patrie. (…) Pour nombre de Maliens, l’entente entre Dioncounda et Sanogo est la clé de la sortie de crise, relève Le Zénith Balé. Le tour sera bien joué si CMD adhère à ce rapprochement pour la réalisation de l’union sacrée tant attendue. Prions pour cette synergie, gage du succès final. »
… mais quand ?
Car le temps presse en effet… « Pendant qu’à Bamako on guerroie pour un pouvoir qui n’existe que dans l’imaginaire des protagonistes, constate La Nouvelle Patrie, les assaillants, eux, font œuvre utile en fixant tous les jours que Dieu fait, les fondamentaux de leur imposture. Des funestes nouvelles qui nous parviennent des régions occupées, c’est une grande armée composée de jeunes maliens retournés, affirme le journal, prêts à défendre leurs nouveaux chefs au détriment du drapeau de la mère patrie, si tant il est vrai que cette patrie continue d’être la leur. Ce ne serait apparemment plus le cas pour bon nombre d’entre eux, fatigués d’attendre et convaincus du mépris dont ils seraient victimes de la part de leurs frères et sœurs du Sud. »
Alors quid d’une éventuelle intervention internationale ? Pour l’instant, le Mali n’a pas validé le plan de la Cédéao et les Nations unies trainent des pieds… Le site d’information Slate Afrique s’interroge : « où est la force de 3 300 hommes de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest censée partir à la reconquête du Nord-Mali ? Encore dans les cartons, constate-t-il. On en parle depuis des mois, mais les choses n’avancent guère malgré de multiples réunions au sommet. (…) Cette force ouest-africaine devrait notamment assurer la sécurité des autorités de transition à Bamako, relève Slate Afrique. Mais les ex-putschistes ayant brièvement pris le pouvoir en mars restent très influents. Et ne voient pas d’un bon œil une intervention militaire étrangère. »
Conclusion : « pendant que la situation se décompose lentement à Bamako sous le regard impuissant de l’Algérie, de la Cédéao, de l’Union africaine et des Occidentaux, les “fous de Dieu” ne perdent pas de temps, constate Slate Afrique. (…) Un sanctuaire islamiste est en cours de formation au cœur du Sahara. Il serait temps de sortir de la torpeur estivale pour agir. »

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