A la lecture de certains quotidiens ce matin, les Français découvriraient presque qu’il fait chaud en été. Il faut dire que, pour les vacanciers en tout cas, la météo durant la première moitié du mois de juillet a été pourrie. Mais l’alerte à la canicule aujourd’hui lancée, réveille le cauchemar de l’été 2003, où la forte hausse du thermomètre avait coûté la vie à près de 15 000 personnes en France.
Voilà pourquoi Le Parisien lance en Une cette mise en garde : « Soyez vigilants ! ». Interrogée par le journal, la ministre des affaires sociales explique pourquoi elle a décidé d’activer le plan canicule « dans six départements méridionaux » et d’en placer cinq autres « sous vigilance ». Et Marisol Touraine prévient dans les colonnes du Parisien : « S’il devait y avoir une crise sanitaire, il y aurait une mobilisation générale ».
« Coup de chaud tardif sur la France, rehausse Le Figaro. Les températures pourraient atteindre 40°C dans la moitié sud du pays ». Le journal rappelle que le début d’été fut « grelottant » et résume cet emballement météorologique d’une formule : « de la douche froide au sauna ».
« Pauvre juilletiste ! ironise Le Progrès (en référence aux infortunés qui ont pris leurs vacances en juillet). Une fois rentré au bercail, et, surtout, au travail, sans avoir pu recharger ses batteries, qu'est-ce qu'il apprend le juilletiste? Que ses collègues, eux, sucent des glaces, se prélassent sur un sable sec, et jouent à la pétanque sans coupe-vent. Pire, à partir d'aujourd'hui il va subir quelques jours de canicule en ville, mal dormir dans un appartement surchauffé et sans un souffle d'air... Et il devra en plus surveiller les personnes âgées de son entourage. La guigne ! »
Moins railleur, plus rassurant que Le Progrès, La Nouvelle République du Centre-Ouest rappelle que le « "séisme sanitaire" du terrible été 2003 a laissé des traces sensibles dans les gouvernements qui se sont succédé depuis celui de Jacques Chirac ». Lequel, il est vrai, « n'avait su ni anticiper, ni gérer un drame d'une ampleur ô combien inattendue. Il existe désormais un "plan canicule" », souligne La Nouvelle République, volontiers rassurante. « Même si la France transpire entre 35 et 40°C pendant deux ou trois jours, pas d'inquiétude », assure le quotidien régional. On respire...de l’air chaud…
Céréales : alerte à la pénurie
Qui dit air chaud dit sécheresse. Et qui dit sécheresse dit envolée des cours du maïs, du soja et du blé. A tel point que Libération consacre sa Une à cette flambée des cours des denrées. « En cause : de très mauvaises récoltes prévues aux Etats-Unis et la spéculation sur les produits alimentaires », accuse le journal, qui est allé enquêter aux Etats-Unis. Vrai grenier céréalier du pays, le Nebraska n’offre plus qu’un maïs jaune et rabougri, sec sur pied et déjà grillé par le soleil. Ne reculant devant aucun effet de style, Libération nous instruit ainsi qu’à perte de vue, les épis de maïs du Nebraska pendouillent « comme des sexes épuisés » ! Le journal ne précise pas à quel sexe il fait allusion, mais l’image est on ne peut plus nette.
Quand aux dérèglements climatiques qui sont la cause de cette panne bien peu sexuelle, ils font le bonheur (et le profit) des spéculateurs. « La spéculation sur les produits alimentaires aggrave les distorsions des marchés, constate Libération. Dans une économie mondialisée, cette flambée des prix menace déjà, comme en 2008, les pays les plus pauvres et les plus fragiles. Des émeutes de la faim sont possibles en Afrique de l'Ouest ou en Egypte, dans tous ces pays qui dépendent des céréales importées et subventionnées pour nourrir leurs peuples », craint le quotidien.
WikiLeaks : transparence bien tempérée
C’est une affaire qui partage la presse française. Citoyen australien, Julian Assange est toujours réfugié à l’ambassade de l'Equateur à Londres, et Quito a confirmé hier lui accorder l’asile politique. Conséquence, le siège de ladite ambassade se poursuit et l’on se demandait hier à Londres si les forces de l’ordre britanniques n’allaient pas donner l’assaut à la représentation diplomatique équatorienne pour se saisir du fondateur de WikiLeaks, site internet sur lequel Julian Assange avait diffusé des centaines de milliers de documents diplomatiques américains volés dans des ordinateurs militaires.
«Bravo M. Assange ! approuve Le Républicain lorrain. Voilà au moins quelqu'un qui a dérangé énormément de monde en deux ans à peine ». Tirant la leçon de cette affaire, le quotidien régional estime que cette histoire « écrite pour le cinéma est à elle seule un condensé complexe de la mondialisation contemporaine aux prises avec un dispositif juridique relevant de lois et de conventions adoptées au siècle dernier. »
La République des Pyrénées est plus nuancée. Certes, estime le journal, l’autre leçon à titrer de cette affaire porte sur la société de l'information, où la transparence « fait figure de vertu cardinale ». Toutefois, modère le journal, cette transparence doit être « encadrée, notamment pour permettre à l'action publique de se conduire à l'abri des polémiques. L'information est gage de liberté. Certainement pas la diffusion irresponsable de centaines de milliers de documents officiels. »

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