En cette période de fête pour les musulmans, la presse du continent est en sommeil : quasiment aucun quotidien dans les kiosques ce lundi et sur Internet, les sites d’informations n’ont pas été renouvelés… Il faut donc piocher dans la presse du week-end pour glaner quelques informations.

Et l’événement du moment est donc l’Aïd al Fitr, la fête de la rupture du jeûne, dont la date est fixée en fonction de l’apparition du croissant lunaire. C’est aujourd’hui lundi au Sénégal, en tout cas pour une majorité de fidèles. Car comme le relève l’agence de presse sénégalaise, l’APS, « les musulmans sénégalais avaient démarré le Ramadan en deux vagues successives, montrant qu’ils peinent encore à s’accorder sur ce point. »

En effet, explique l’agence, au Sénégal, c’est la CONACOC, la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire, qui fixe les dates de début et de fin du ramadan. La CONACOC qui comprend notamment les représentants des différents khalifes généraux, des associations islamiques et des imams et dont les recommandations sont suivis par une majorité de fidèles.

Mais il faut compter aussi avec la Commission d’observation du croissant lunaire, la COCL, qui cette année, a annoncé la fin du Ramadan 24 heures avant la CONACOC… Résultat, certains, au Sénégal, ont fêté la Korité, comme on l’appelle là-bas, hier, et d’autres, la majorité, la célèbrent ce lundi.

Paix et stabilité !

Au Mali, l’Aïd a eu lieu samedi… « Une fête placée sous le signe de la cohésion et de la paix », relève le site d’information Afrik.com qui nous propose un reportage au quartier de Yirimadio, sur la rive droite du fleuve Niger, dans la commune VI du district de Bamako : « ici, hommes, femmes et enfants ont prié dans la ferveur et la piété. L’occupation du Nord-Mali par les bandes armées, les islamistes et autres trafiquants de tous genres ne laisse personne indifférent, relève Afrik.com.

C’est pourquoi l’imam Diaby a appelé les hommes politiques et la classe dirigeante à privilégier les intérêts supérieurs de la nation malienne. "Il faut qu’on se donne la main pour que la paix et la stabilité reviennent dans cette patrie qui nous est chère, soutient-il. Pour Mamadou, un fidèle musulman, le pays a besoin de retrouver son lustre d’antan, c’est à dire la cohésion et l’entente entre tous ses fils. »

Un Ramadan calme en Algérie

En Algérie, à présent, qui fêtait également la fin du Ramadan samedi, ce mois de jeûne a été celui de « l’apaisement », note le quotidien Liberté. « Le mois de Ramadan, avec la double chaleur des prix et du climat qui l’a marqué, s’achève tout de même par une note positive. Selon un décompte informel, c’est le premier Ramadan, depuis 1992, où l’on n’a enregistré quasiment pas d’actes terroristes, relève Liberté.

En somme, un mois relativement tranquille. C’est énorme. Car il y a quelques années, les mois de Ramadan étaient rythmés par des massacres collectifs encore bien présents dans les mémoires. » Toutefois, tempère le quotidien algérien, « force est de noter d’autres formes de violence qui sont en train de se propager dans la société, prenant des dimensions inquiétantes.

C’est le cas de ces citoyens remontés contre l’administration qui s’en prennent aux édifices publics. (…) C’est le cas aussi de ces jeunes en perte de repères, en situation de fragilité sociale et psychologique, qui versent dans la délinquance. »

Le poids des salafistes

En Tunisie, ce mois de Ramadan a coïncidé avec une montée en puissance des salafistes. C’est ce que relève ce lundi Le Figaro en France… « Mus par un sentiment d’impunité, les islamistes radicaux ont perturbé plusieurs manifestations culturelles, signale le journal. Ils ne sont pas les plus nombreux de la mouvance islamiste mais leurs agissements les rendent très visibles.

Les salafistes tunisiens ont choisi l’action pour imposer leur ordre moral. Trois soirs d’affilée, ils ont, par l’intimidation ou la force, fait annuler ou interrompu des manifestations publiques dans trois villes différentes de Tunisie. » Exemple, mercredi dernier à Kairouan dans l’est du pays : « c’est le chanteur tunisien Lotfi Bouchnak qui a fait les frais de l’activisme salafiste, affirme le journal.

Au dernier soir d’un festival de musique soufie, le chanteur devait être accompagné de musiciens iraniens. Donc chiites. Or, rappelle Le Figaro, le chiisme ne fait pas bon ménage avec le sunnisme des salafistes, qui ont vu dans ce concert une atteinte au sacré, dans une ville considérée comme la quatrième ville sainte de l’Islam. Intimidés au pied du bus, les musiciens iraniens ont préféré rester à l’hôtel. »

Et Le Figaro de relever que « l’absence d’intervention des autorités fait dire à beaucoup en Tunisie que l’État est complice de ces agissements. Comme en juin dernier, après l’attaque d’une galerie d’art contemporain et des nuits de trouble dans le pays, que le gouvernement n’avait que mollement condamnées.

La thèse même d’une manipulation par Ennahda, le parti au pouvoir, est souvent brandie », remarque encore Le Figaro qui précise que « le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité commenter ces accusations. »

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