Finies les vacances, il est temps de s’attaquer aux gros problèmes, de rentrer dans le vif du sujet : c’est la tonalité de la majorité des commentaires ce mardi. On note une impatience grandissante, voire même un certain agacement. Et ça n’est pas Le Figaro mais bien Libération qui vide son sac… « L’été très moyen de François Hollande », titre le journal. « Récession, sécurité, Syrie… les sorties estivales du chef de l’Etat ont été guidées par un mauvais timing », lâche Libération. « François Hollande est davantage apparu comme un régatier qui tente de s’adapter aux changements de vent que comme un chef de l’Etat sûr de son cap », affirme encore le journal. « Pas de quoi rassurer des Français déjà angoissés par la crise et la multiplication des plans sociaux. »

Et Libération d’enfoncer le clou dans son éditorial : « une discrétion certaine, une placidité à toute épreuve, une distance manifeste, parfois ironique et maladroite, face aux désordres du monde… Ces dernières semaines, François Hollande eut quelque chose de M. Hulot. L’été de l’un renvoyait irrésistiblement aux célèbres vacances de l’autre. (…) Il doit aujourd’hui démontrer d’autres qualités dans l’exercice du pouvoir », s’exclame Libération : « la lucidité d’un meneur de jeu, la clairvoyance d’un éclaireur et la puissance d’un catalyseur. En ces temps de rentrée, chacun peut croire aux bienfaits des bonnes résolutions. »
 
L’heure des choix !
 
Le Monde se montre moins agacé mais tout aussi impatient… « Voici donc venu le temps des choix et des réformes », s’exclame le quotidien du soir. « Face à la stagnation économique, qui mine le pays depuis bientôt un an, comment réagir ? Face à la menace de plans sociaux en rafale, comment redresser notre industrie ? Face à une perspective de croissance en berne, comment échapper à un budget 2013 qui cumule le poids des hausses d’impôts au choc des réductions de dépenses ? (…) Tout cela n’est pas l’affaire de cent jours, certes », relève Le Monde. « Mais pas davantage l’affaire de cinq ans, tant les réponses sont attendues maintenant. L’heure des choix est donc venue », conclut le quotidien du soir. « S’ils étaient, peu ou prou, différés, le temps passé ne pourrait apparaître que comme du temps perdu. »
Et les appels à l’action présidentielle se multiplient également dans la presse régionale… « Pour François Hollande, l’heure des choix arrive », constate La République du Centre. « Après avoir détricoté le sarkozysme, il lui revient de tricoter le hollandisme. Et cela sans perdre le fil de la pelote. »
L’Union insiste : « il n’y a pas de place pour des mesurettes et des reports d’échéances mais pour l’engagement de réformes structurelles indissociables de l’agenda du changement. Le chef de l’État va être contraint de changer de rythme. On ne lui demande pas simplement un style de président normal, on attend qu’il soit un bâtisseur et qu’il trace des perspectives balisées pour la France. »
Et puis cet appel de La Charente Libre : « après le temps des audits, voici le moment d’aller au charbon ! En évitant les coups de grisou sociaux mais sans se dérober face aux obstacles. »
 
Quelle attitude face à la Grèce ?
 
Parmi les nombreux dossiers brûlants qui jonchent le bureau présidentiel : la zone euro… « L’Europe met la Grèce au pied du mur », titre Le Figaro. « Athènes cherche à desserrer l’étau de son plan de sauvetage mais se heurte à la fermeté de ses créanciers européens, Allemagne en tête », précise le journal.
Alors, s’interroge Le Figaro, « la France et l’Allemagne vont-elles surmonter leurs divergences sur l’euro et adopter une attitude commune face à la Grèce ? Si, à peine rentrés de vacances, Angela Merkel et François Hollande se retrouvent jeudi à Berlin, c’est bien parce que cette question, qui handicape l’économie européenne, n’a toujours pas été tranchée. »
 
Le retour de la vignette ?
 
Autre dossier explosif : celui du prix de l’essence… Plus 13 centimes depuis début juillet pour le gasoil et le sans-plomb. Un dossier mis en avant par Le Parisien, avec cette question « comment limiter la hausse ? (…) Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, devrait annoncer la semaine prochaine les mesures destinées à contrer la flambée des prix de l’essence », annonce Le Parisien, mais « le gel promis par François Hollande a peu de chances de voir le jour. »
Alors comment maîtriser les prix ? D’après le journal, plusieurs grandes pistes sont à l’étude. Parmi elles : la taxe flottante, ou même la baisse des taxes, mais cela couterait très cher à l’Etat ; le recours aux réserves stratégiques… mais le marché reprendrait rapidement ses droits. Ou encore, le retour de la vignette qui avait été supprimée en 2000, mais là, relève Le Parisien, ce serait l’automobiliste uniquement qui paierait la note…
 
Grosse pomme !
 
Enfin, elle ne connaît pas la crise… « Apple devient la plus grosse valeur boursière de l’histoire », s’exclament en Une Les Echos. « La firme bat le record de 620 milliards de dollars de capitalisation établi par Microsoft en 1999. » A contrario, la chute est vertigineuse pour l’action Facebook. C’est ce que remarque, entre autres, Le Figaro Economie : « le titre du réseau social est passé pour la première fois sous la barre des 19 dollars hier, soit la moitié de son prix d’introduction en Bourse mi-mai. »

 

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