| Dernières infos | ||
Le discours du président français devant la conférence environnementale, hier à Paris, avait de quoi réjouir ses alliés d’Europe écologie les Verts. Coup sur coup, le Chef de l’Etat a dit « non » au gaz de schiste et il a fixé à fin 2016 la date de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace, dans l’est de la France, confirmant ainsi une de ses promesses de campagne et déclenchant, ce matin, une vraie réaction en chaîne dans la presse française.
« Hollande donne des gages aux écologistes », lance en Une Le Figaro, qui dénonce le parti « écologiquement correct (mais) économiquement incohérent » du président. « François Hollande sacrifie l'intérêt général sur l'autel de la cohésion gouvernementale, estime le journal... Si elle épouse un peu l'air du temps, sa posture écologique relève surtout du calcul politique, désapprouve Le Figaro. Ce n'est pas ainsi que l'on redressera l'économie française! »
Calcul politique ? Dans les rédactions, tout le monde est d’accord. A commencer par les premiers concernés, les journalistes alsaciens, puisque c’est-là que ce discours, qualifié d’ « historique » par la ministre de l’écologie Delphine Batho, va, sans délai, se transformer en acte.
La fermeture de Fessenheim ? Comme son nom l’indique, Les Dernières Nouvelles d'Alsace est un journal alsacien très lu dans la région de cette centrale nucléaire, l’unes des plus vieilles de France. « Fessenheim est plus qu'une centrale, un symbole, souligne les DNA... La fermer... C'est une rupture supplémentaire avec l'ère Sarkozy ». Durant la campagne électorale, l’ancien président s’était en effet rendu à Fessenheim pour assurer les Alsaciens que, lui réélu, la centrale demeurerait en activité. Grande pourvoyeuse d’emplois locaux, cette centrale est un poumon économique de la région. Et, naturellement, sa fermeture, à présent programmée, inquiète les riverains.
Pour L'Alsace-Le Pays, l’autre quotidien régional alsacien, « arrêter Fessenheim ne réglera pas le problème du nucléaire ». Le confrère n’a pas tort, car la France dispose de dix-neuf centrales nucléaire. Voilà pourquoi, regrette L’Alsace, se convertir vraiment à l’écologie « nécessite un plus grand courage politique que celui de condamner la seule centrale alsacienne ».
Hollande : de l’eau dans le gaz.. de schiste
L’autre décision « écologique » de François Hollande hier, c’est donc le « non » au gaz de schiste. Et là-encore, la presse n’est pas dupe. Si, comme on l’a vu, Le Figaro affirme que le choix écologique du président est « économiquement incohérent », ça n’est pas seulement en raison de l’emploi local en Alsace, c’est aussi parce les exploitants potentiels des gaz de schiste faisaient miroiter la création de milliers d’emplois nouveaux en France. Mais les Verts ne voulaient pas en entendre parler. Et François Hollande leur a donné satisfaction.
Ce faisant, le président, hier, a « fait coup double, explique La Charente libre. Il a planté un drapeau dans le camp vert et mieux encore, affiché une présence résolue sur la scène intérieure après un été en demi-teinte », allusion à la chute vertigineuse du président dans les sondages qui a marqué cette rentrée politique. Mais cela ne veut pas dire que François Hollande ait inversé la tendance avec son discours écologique hier à Paris. C'est « à la fin de la foire qu'on compte les bouses, formule La Charente libre, en l'occurrence en 2017 », qui est la date de la prochaine présidentielle.
François Hollande fin politique ? Ce « gage donné aux Verts », comme le résume Le Journal de la Haute-Marne, est fustigé par L’Eclair des Pyrénées, qui y voit « une espèce d'obscurantisme ». Pas sûr qu’à long terme, sa loyauté vis-à-vis des Verts soit payée de retour, en tout cas Le Midi Libre a comme un doute. Le président de la République « repeint la rentrée en vert », constate le quotidien. Mais du cannabis aux prix des carburants, en passant par le diesel, le traité européen ou encore les Roms, les dossiers qui fâchent au sein de la majorité sont nombreux. Or « Hollande ne pourra pas avoir toujours la main verte », prévient Le Midi Libre.
Culture : coupez !
La culture est aussi un dossier qui fâche à gauche, avec une politique de rigueur dans ce secteur qui déplait à Libération. « La culture au pain sec », dénonce Libé en manchette, sous la photo d’un tableau blanc, tout blanc, accroché aux cimaises d’un musée anonyme. En ces Journées du patrimoine, qui se déroulent tout ce week-end en France, le journal ne voit guère d’un bon œil les coupes claires opérées par la ministre de tutelle Aurélie Filippetti dans le budget culturel de la France et l’abandon de projets jugés non-essentiels en ces temps de crise. « C’est l’austérité qui prévaut », se désole le quotidien.
« De la gauche il était possible d'attendre un polyptyque incluant aussi la sanctuarisation de la culture... tout simplement pour le symbole, regrette Libération. (…) La gestion de la pénurie comme politique culturelle: une première à gauche », souligne le journal.
Un exemple, Hadopi, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet, autrement dit l'autorité administrative qui est sensée combattre le téléchargement illégal sur Internet. Ce matin Libération confirme que le ministère de la culture « s’apprête (…) à demander une réduction de son budget ». Une coupe qui rendrait probablement inopérante cette structure voulue par Nicolas Sarkozy, étant tout de même rappelé que le téléchargement-pirate reste un délit.
Assurance-vie : paradis fiscal en péril
Le journal Le Parisien-Aujourd'hui en France croit savoir que le ministère de l’économie envisage de modifier le principe de base de l’assurance-vie. Jusqu’ici, il suffit d’ouvrir un contrat de ce type pour faire courir le délai pris en compte par le fisc pour en taxer les produits. Au bout de huit ans, l’impôt sur l’assurance-vie est très faible. Selon Le Parisien, « ce sont les dates de placement qui seront prise en compte pour calculer l’avantage fiscal ». Et ça changerait tout, bien sûr pour ce type de placement, l’un de préférés des Français. A suivre...

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati













Réagissez à cet article
(0) Réaction