Les Français ont le moral en berne. Chaque jour ou presque, ils apprennent qu’ils devront se serrer davantage la ceinture. Bien sûr, relève La République du Centre, « le gouvernement répète mécaniquement que seuls les plus aisés seront mis à contribution. Mais à force de ponctions nouvelles, les moins aisés des plus aisés, autrement dit les classes moyennes, n’échapperont pas à la rigueur fiscale. Dernier exemple en date, pointe le journal, prenant valeur symbolique, la fin des avantages fiscaux dont bénéficient les retraités. »

En effet, « les retraités dans le collimateur », s’exclame Le Figaro en Une. Le Figaro qui estime « qu’il n’est évidemment pas interdit d’ouvrir un débat sur la participation des retraités à l’effort national. » Mais, avance-t-il, « avant de songer à alourdir encore leurs prélèvements, commençons par traquer impitoyablement les dépenses inutiles. Empilement de prestations sans contrôle ni contreparties, laxisme sur les indemnisations et les dépenses sociales, prescriptions médicales abusives… Il y a du travail ! Sans compter la chronique de la gabegie ordinaire, encore alimentée par un énième rapport de l’Inspection des finances sur les opérateurs de l’État. »

Bercy doit tailler !

Nous en parlions déjà hier : c’est Le Parisien qui révélait la teneur de ce rapport sur les agences de l’Etat, dont certaines doublonnent avec d’autres organismes ou sont même inutiles… Un rapport signé de la très sérieuse Inspection générale des finances qui provoque bien des réactions ce matin. « Edifiant, (…) accablant et fort instructif ! », s’exclame Le Midi Libre. « Comment supporter que de tels organismes parapublics coûtent, chaque année, aux contribuables quelque 50 milliards d’euros ? D’autant plus choquant à l’heure où le gouvernement cherche à économiser sur tous les fronts. (…) Bien sûr, il ne s’agit pas de jeter tous les bébés avec l’eau du bain. N’empêche ! Bercy n’a pas intérêt à noyer le poisson. Il doit tailler avec vigueur dans la longue liste des organismes inutiles. »

« C’est dire si la fuite du rapport de l’IGF est opportune, renchérit Le Républicain Lorrain. Celui-ci regorge de pépites que Bercy va se faire un devoir d’exploiter de toutes les manières possibles, puisque, selon l’étude remise - avant les élections -, "le montant agrégé de fonds de roulement manifestement excessifs" - en clair : le filon à ponctionner – s’élevait déjà à près de deux milliards d’euros il y a deux ans. Une aubaine en ces temps de paupérisme budgétaire où, pour voir loin, il faut y regarder de près. »

Et il n’y a pas que ce rapport de l’inspection des Finances, relève La Croix. « Chaque jour, de nouveaux rapports passent en revue les lieux où il serait si facile apparemment de faire des économies substantielles : les agences de l’Etat (donc), mais aussi le financement des régions ou encore le marché des médicaments… Qu’en fera le gouvernement ? », s’interroge La Croix.

Les technocrates d’accord ?

Pour ce qui est des agences de l’Etat, il y a donc « du gras à moudre », pour reprendre l’expression utilisée par Libération. Libération qui relève que « les ministres de l’Economie et du Budget, Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac, ont promis hier une traduction concrète (du rapport de l’Inspection générale des Finances) dès le budget 2013. D’après leur entourage à Bercy, précise le journal, "les opérateurs vont devoir dès cette année faire les mêmes efforts en termes de limitation des effectifs" que le reste de l’administration. »

Et finalement, ces réajustements, « ces tirs de cadrage pourraient en vérité, relève La Montagne, rendre grand service à François Hollande au cours des deux annus horribilis qui l’attendent. La croissance restera à zéro, le chômage continuera d’augmenter, les amortisseurs sociaux feront croître les dépenses publiques et le président de la République n’échappera pas aux mesures impopulaires et à l’augmentation généralisée des recettes, donc des impôts. » Mais, estime La Montagne, « il pourra s’appuyer, pour rendre lisibles ses choix, sur les avis des technocrates d’État qui semblent s’être concertés pour dénoncer les gâchis de l’administration. »

Un moteur à eau ?

La chasse au gaspi toujours… avec cette fois, « des idées neuves pour économiser l’essence » : c’est le dossier du Parisien qui relève que « du simple gadget à la vraie innovation, les idées pour lutter contre la flambée des prix à la pompe se multiplient : moteur à eau, moteur à air comprimé, carburant à base de paille de blé… »

Alors, arrêtons-nous sur ce moteur à eau, véritable serpent de mer des inventeurs de tout poil… Il s’agit en fait d’un moteur « dopé » à l’eau, explique Le Parisien. Le principe : « un réservoir placé dans le véhicule contient de l’eau réchauffée par les gaz d’échappement ; la vapeur d’eau booste ensuite la combustion du moteur, ce qui réduirait la consommation de carburants de 10 à 30%. » Un procédé déjà adapté et adopté par « des milliers d’entreprises, de collectivités locales et même par des particuliers. »

Et puis des précisions aussi sur ce fameux carburant à base de paille de blé ou de son : il s’agit d’un « bioéthanol de deuxième génération », explique Le Parisien, dont le procédé vient d’être mis au point par une PME de l’Hérault, avec « un coût de fabrication réduit de 20 à 30% par rapport aux actuels biocarburants. »

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