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Après le vendredi à haut risque que l’on craignait hier au sortir des mosquées dans le monde musulman, c’est au tour des « salafistes français », comme le titre en Une Libération, de vouloir manifester ce week-end en France pour protester notamment contre les caricatures du prophète Mahomet publiées par l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

Projets de manifestations qui circulent sur Internet, mais manifestations interdites par le ministre de l’Intérieur. Lequel prévient ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France que le gouvernement « saura faire preuve d’une très grande fermeté » face à des « individus très déterminés, qui défient la République ». Et Manuel Valls de déclarer dans les colonnes du quotidien que « l’islam de France dans la République doit être un exemple ».

Salafistes : coucou !

Qui sont ces partisans d’un islam radical en France ? Deux quotidiens français tentent, ce matin, de répondre à cette question, Le Parisien-Aujourd’hui en France et Libération.

Pour résumer la réponse, Le Parisien publie une caricature montrant trois barbus côte-à-côte. « Nous, les salafistes, on est un peu les hippies de l’islam… », dit l’un d’eux. « Sauf pour peace and love », modère l’un des deux autres ! Selon le journal, le nombre de salafistes en France est « estimé entre 12 000 et 15 000 ».

Des chiffres que reprend à son compte Libération. Mais le journal prévient qu’il s’agit-là d’un « décompte qu’il faudra revoir sans doute à la hausse dans les années à venir ». Voulant aller « aux sources du salafisme de France », Libération explique qu’au début des années 2000, des groupes salafistes ont adopté une « stratégie du coucou » afin de s’emparer du pouvoir dans les mosquées.

Et Libération pose la question qui fâche : « Fallait-il […] interdire ces manifestations au nom de risque de troubles à l'ordre public ? La liberté d'expression de Charlie de publier des caricatures bêtes et méchantes de Mahomet tout comme de diffuser un film crapoteux islamophobe est irréfragable. Tout comme l'est la liberté de dire dans les rues de France « ne touche pas à mon prophète ». A condition que ce soit dans le respect des règles et des valeurs de la République ».

Liberté d’expression : droit et devoir

Ouest-France ne dit pas autre chose.  Mais le quotidien au plus gros tirage en France le fait sur le mode affirmatif. « La liberté d'expression doit être défendue partout, tout le temps. C'est une évidence et un devoir. Mais il faut la défendre pour tout le monde […] Aujourd'hui, en France, ceux qui se sentent offensés se voient interdire de manifester leur mécontentement. Ils en sont également meurtris car ils ont le sentiment d'être là aussi méprisés. Deux poids, deux mesures : le gouvernement interdit la manifestation de protestation, mais pas ce qui l'a provoquée ! », se récrie donc Ouest-France.

Quand au quotidien régional Le Républicain lorrain, il regrette que cette agitation « offre à Marine Le Pen l'occasion d'un rustique coup de pub ».

Front national : rentrée fracassante

Marine Le Pen, justement, est à la Une du journal Le Monde, dans les colonnes duquel elle réclame l’interdiction du voile et de la kippa dans les rues. A l’occasion de l’université d’été du Front national qui se tient ce week-end à La Baule, sur la côte atlantique française, Marine Le Pen, qui préside ce parti d’extrême-droite, s’exprime sur la laïcité, dans un entretien que Le Monde qualifie de « musclé ».

Après avoir souligné que la liberté d’expression, dont dépend la liberté de la presse, « ne se négocie pas », Marine Le Pen déclare sans ambages que, si elle était au pouvoir elle mettrait « à la porte tous les intégristes étrangers ». Adepte de l’interdiction des signes religieux ostentatoires dans l’espace public, la présidente du Front national ajoute alors dans les colonnes du quotidien du soir cette phrase qui fait polémique : « Il est évident que si l’on supprime le voile, on supprime la kippa dans l’espace public ».

Ce matin ! Le Parisien-Aujourd’hui en France constate que ces déclarations suscitent un « gigantesque tollé » et les qualifie de « dernière provoc de Le Pen ».

« Plus aucun signe religieux dans la rue, dans les transports, dans les établissements publics, c'est ce qu'elle veut Marine s’indigne Le Progrès. Et bien sûr elle oublie le voile de nos bonnes sœurs, les soutanes de nos curés, la grosse croix sur le torse de Johnny Hallyday ». N’en jetez plus !

En fait « Marine Le Pen cherche à apparaître comme le dernier rempart de la laïcité », analyse Le Figaro. Or, objecte le journal, on voit mal comment la chef frontiste pourrait en plus, « ne pas demander l’interdiction du port de la soutane dans la rue ».

« Voile, kippa, soutane ? ». Au-delà de ces déclarations fracassantes, Libération modère la sortie de la présidente du Front national, en expliquant que le parti d’extrême-droite tente tout simplement de « se faire entendre en vue des (élections) municipales de 2014 ».

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