« Semaine noire », s’exclame même Le Monde en première page. Le Monde qui énumère tous les écueils économiques et sociaux qui menacent le chef de l’Etat dans les prochains jours. Ce mardi : « premier plan social d’une série probable, celui de Sanofi. Mercredi, publication de chiffres du chômage accablants, (…) la barre des trois millions de chômeurs devrait être franchie. Jeudi : décision de justice sur le plan social de Conforama. Et vendredi : la loi de finances et ses 20 milliards de hausses d’impôts. »

Pendant ce temps, relève le quotidien du soir, « le chef de l’Etat est à New York pour l’ONU. »

Justement, sur le plan diplomatique, le président en prend également pour son grade… Là, c’est Le Figaro qui se lâche. « Politique étrangère : Hollande cherche ses marques », titre le journal. « Le chef de l’État intervient aujourd’hui à la tribune de l’ONU à New York. L’occasion pour lui de préciser une image diplomatique qui reste floue », affirme Le Figaro.

Le Figaro qui dresse un bilan peu flatteur de la nouvelle diplomatie de notre pays : « les réalisations sont minces, estime-t-il. On est très loin de ce retour au 'gaullo-mitterrandisme' promis avec emphase par ceux qui ne manquaient pas une occasion de critiquer l’activisme de l’ancien président. Sans doute avaient-ils oublié que ni de Gaulle ni Mitterrand n’aspiraient à la normalité… »

Et Le Figaro de détailler : « sur la Syrie, le dossier le plus 'chaud' du moment, la paralysie est d’autant plus patente que la Libye avait donné lieu à une démonstration de force française. Sur l’Europe, question prioritaire s’il en est, François Hollande n’a jamais pu 'renégocier' le traité budgétaire comme il l’avait promis, au mépris des réalités les plus évidentes. (…) Et bien des dossiers n’attendent pas, relève également Le Figaro : le Sahel aux prises avec les islamistes, l’Iran et la menace nucléaire… À l’ONU, conclut le journal, Hollande doit cesser d’être 'normal' pour remettre la France sur la carte du monde. »

Grand écart !

L’Humanité revient sur le traité budgétaire européen… L’Humanité qui publie un sondage selon lequel 49% des Français désapprouvent le choix de la ratification de ce traité par la voix parlementaire, contre 39% qui l’approuvent. Des chiffres qui font dire au quotidien communiste que « les Français veulent un référendum ». Ca tombe bien, L’Humanité est pour une consultation populaire également : « la nécessité d’un débat public sur le sujet se fait sentir de plus en plus fort », affirme le journal qui rappelle sa position anti-austérité.

Ce débat sur le traité budgétaire européen fait décidemment encore couler beaucoup d’encre ce matin, avec la suite de la polémique à propos de la position des écologistes d’Europe Ecologie les Verts, qui sont représentés au gouvernement, et qui sont contre le traité. On revient au Monde qui s’insurge contre ce « jeu de dupes », affirme-t-il, des ministres Verts et qui réclame carrément leur éviction du gouvernement.

Cécile Duflot, la ministre Verte du Logement, se défend ce matin dans Libération : « la question du départ des écologistes ne se pose pas, affirme-t-elle. (…) Nous avons fait le choix - et c’est à ce titre que je suis ministre de ce gouvernement - d’une majorité commune, socialistes et écologistes. Cela ne veut pas dire une fusion des uns et des autres. Il est tout à fait légitime que mon parti puisse s’exprimer sur les sujets qu’il souhaite. »

Un numéro d’équilibriste que nombre de commentateurs ont bien du mal à comprendre ce matin, à l’instar de Sud-Ouest : « Mme Duflot refuse de prendre ses responsabilités. Elle veut rester au gouvernement, mais elle refuse de défendre la position de ce même gouvernement sur le traité européen. (…) Quelle impression de désordre ! Avec une majorité pareille, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, n’ont presque plus besoin d’opposition. »

Les Dernières Nouvelles d’Alsace renchérissent : « Quand Mme Duflot entend conserver son portefeuille dans un gouvernement favorable au traité budgétaire européen tout en restant dans un parti qui s’en écarte absolument, elle révèle une aptitude au grand écart qu’on attend plus d’une ballerine que d’une ministre. »
Du coup, Ouest France s’interroge : « combien de temps durera la cohabitation entre les écologistes et les socialistes ? »

Négocier ses impôts…

Enfin, ce constat à la Une du Parisien : « face à la crise, tout peut se négocier. » En effet, relève Le Parisien, « la situation économique contraint, dans de nombreux domaines, vendeurs et acheteurs à croiser leurs intérêts. Pour les entreprises, il faut faire du chiffre ; pour les consommateurs, l’heure est à la recherche du meilleur prix. »

Le Parisien qui note « le nouveau comportement de consommateurs plus 'décomplexés' que jamais » et qui n’hésitent pas donc à tout négocier… Que ce soit dans les secteurs de l’automobile, de la banque, de l’immobilier, de la téléphonie, d’internet, de l’aménagement de la maison et même les impôts !

« Discuter avec le fisc, c’est possible ! », s’exclame le journal. « Tous les contribuables en rêvent : négocier son impôt sur le revenu ou son ISF. Et c’est, dans de très rares cas, possible. A ceci près que l’administration ne négocie qu’en cas de situations extrêmes. Licenciement, divorce… si vous arrivez à démontrer que votre situation a été chamboulée au cours des derniers mois, le fisc peut vous offrir une ristourne (non-paiement de la redevance télé, par exemple, ou l’étalement de vos mensualités). »

Mais il ne faut pas trop rêver, soupire Le Parisien« Le contribuable devra, quoiqu’il arrive, payer l’impôt qu’il devait à l’origine. »

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