C’est le débat qui agite les plumes des commentateurs ce lundi matin, après la manifestation qui a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes hier à Paris à l’appel de l’extrême-gauche pour dire non à la politique européenne du gouvernement.
« 80 000 manifestants intraitables contre l’austérité », s’exclame L’Humanité en Une. Pour le quotidien communiste, « la manifestation d’hier est une première (et une grosse !) pierre posée pour faire barrage à l’austérité. (…) Ceux qui étaient dans la rue ont mis à la porte Sarkozy, ils ne veulent pas le voir rentrer par la fenêtre, tempête L’Humanité. (…) Les mesures d’austérité trouveront des foules pour les mettre en échec afin qu’elles n’engendrent pas la récession qu’elles promettent et qu’elles ne balaient pas sur leur passage les droits sociaux, les services publics et la souveraineté populaire. »
Pour Libération, « différents types de non » se sont exprimés hier. « Les dizaines de milliers de manifestants entre place de la Nation et place d’Italie ont pu ainsi brocarder tout à la fois la politique qu’ils jugent “austéritaire” de l’Union européenne, réclamer un référendum sur le traité et dire tout le mal qu’ils pensent des premiers mois au pouvoir de François Hollande. » Et finalement, Libération y voit là un « utile aiguillon qui trouvera, à coup sûr, un écho au-delà des troupes du Front de gauche : le sentiment de frustration politique déborde largement ce cercle depuis la rentrée. Car, affirme Libération, la social-démocratie pour être, par nature, rigoureuse, gestionnaire et responsable ne se définit pas seulement par l’administration scrupuleuse des fonds publics, même si en France c’est une grande nouveauté. »
En fait, relève La Croix, « les quelques dizaines de milliers de manifestants battant le pavé parisien ne doivent pas masquer, par leur radicalité, l’inquiétude sourde et moins démonstrative de nombreux Français devant l’avenir qui se dessine pour eux et leurs enfants. Gagner ou regagner leur confiance est une tâche aussi urgente, pour le gouvernement, que celle de rassurer les marchés, les observateurs et les investisseurs étrangers. »
En effet, complètent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « ce dimanche flottait sur Paris un parfum de désenchantement. Autant que le traité budgétaire européen, ce sont les récentes mesures fiscales, les renoncements aux promesses de campagne, la baisse du pouvoir d’achat et une crainte infinie de l’avenir qui ont poussé les manifestants à battre le pavé. (…) Comme à la Bastille en mars dernier, relève encore le quotidien alsacien, Jean-Luc Mélenchon joue à la perfection son rôle de gauchiste contrariant. Cette crise socialement destructrice est une tribune parfaite. François Hollande aurait tort de négliger sa portée. Cette manifestation résonne comme un premier coup de semonce. »
La France peut-elle faire autrement ?
Toutefois, d’autres commentateurs, à l’instar de Ouest-France, prennent position clairement en faveur du traité budgétaire européen. « Voici de nouveau la France à la croisée des chemins européens. Il nous faut choisir, aujourd’hui, d’aller plus loin avec les pays de l’Union qui l’ont déjà adopté et de fait rendu applicable, ou de nous isoler, affirme Ouest-France. Certains attribuent à l’Europe la cause des difficultés énormes qui sont les nôtres. Mais les coupables sont bien ces pays, dont le nôtre, qui ont parfois beaucoup triché ; qui, en tout cas, ont cru pouvoir bénéficier du bouclier euro pour vivre au-dessus de leurs moyens. Oui, s’exclame donc le quotidien du grand ouest, la France doit voter le nouveau traité. À vrai dire, comme l’a très bien souligné le Premier ministre, elle ne peut faire autrement sous peine de s’isoler et de compromettre sa souveraineté. »
Et puis ce sondage que publie Le Parisien : si les Français devaient se prononcer par référendum sur le traité budgétaire européen, ils seraient une majorité à l’approuver… « 64 % de oui contre 36 % de non, un score a priori sans appel, relève Le Parisien. Sauf que… si l’on tient compte de l’abstention et du vote blanc ou nul qui ne sont pas comptabilisés en cas de “vrai” référendum, le oui ne recueille plus que 53 %, contre 30 % de non et 17 % d’abstention ou nul. Ce qui signifie que bien des Français sont encore hésitants et pourraient changer d’avis. »
Toujours plus !
A la Une également : « impôts : ce que vous allez vraiment payer. » C’est le grand titre du Figaro qui estime que le budget 2013 présenté vendredi dernier par le gouvernement va se traduire par des augmentations d’impôts pour… tout le monde. « On peut tourner la chose comme on veut, les faits sont têtus : des plus modestes aux plus aisés, personne n’échappe à la razzia, s’exclame Le Figaro. La fiction des neuf Français sur dix épargnés par la hausse des impôts – ou la suppression d’avantages fiscaux – n’a pas tenu vingt-quatre heures, y compris auprès des meilleurs experts de gauche. »
Et Le Figaro de citer plusieurs cas de contribuables : famille avec deux enfants, chef d’entreprises, célibataire, retraités… Tous, affirme le journal, paieront davantage.
Mis en examen ?
Enfin, « l’incroyable interpellation » : c’est ainsi que Le Parisien qualifie en Une le coup de filet réalisé par la police hier après le match de handball PSG-Montpellier. Au total, 9 joueurs et 8 de leurs proches ont été interpellés et placés en garde à vue dans l’affaire des paris truqués. La Parisien qui affirme que de ces gardes à vue « pourraient déboucher des présentations, demain, devant le juge d’instruction, à Montpellier. »
« On ne joue plus », s’exclame L’Equipe en Une. L’Equipe qui affirme que « les frères Karabatic, dont Nikola est la grande star du handball français, “seraient proches des aveux”, qu’ils seraient prêts à reconnaître qu’ils ont bien parié sur l’issue de ce fameux match du mois de mai dernier. »

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