Un débat bien encombrant apparemment pour les socialistes qui ont l’intention de vite tourner la page… « François Hollande pressé d’en finir avec le débat sur le traité européen » : c’est le grand titre du Monde qui explique que « le président veut clore le feuilleton du pacte budgétaire qui divise la gauche. »
« Le clivage sur l’Europe n’est certes pas une nouveauté à gauche, relève Le Canard Enchaîné. Le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen qui déchira le PS quand Hollande en était le premier secrétaire reste gravé au couteau dans sa mémoire. Et le retour, sept ans plus tard, de divergences sur l’Europe et leur étalage au moment où l’exécutif n’est pas au mieux de sa popularité n’arrange pas, bien sûr, ses affaires. »
D’autant que ce traité européen est au mot prêt celui que Nicolas Sarkozy avait avalisé… D’où ce titre, ironique, du Figaro à propos de l’intervention hier du Premier ministre devant les députés : « face à la gauche, Ayrault défend le traité de Sarkozy. »
L’Humanité rappelle également à qui il faut attribuer la paternité de ce traité, mais cette fois, pour mieux le dénoncer : « ce traité est resté délibérément l’affaire des petits cercles du pouvoir, qui, en quelque sorte, l’ont confisqué pour le faire passer en douce à l’issue d’une procédure parlementaire rapide. (…)
C’est en effet à la va-vite, s’exclame le quotidien communiste, qu’il faut faire oublier que ce pacte est l’enfant de l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, et de la chancelière allemande, Angela Merkel.(…) Et le post-scriptum, obtenu par François Hollande il y a quelques mois sur le thème de la croissance, n’est destiné qu’à amuser la galerie. »
Quelle vision pour l’Europe ?
Mais surtout, relève pour sa part Libération, « si l’exécutif veut boucler la séance au plus vite, c’est pour ne pas ouvrir le débat du fédéralisme, (…) qui risquerait aussi de diviser la majorité. » Du coup, « le débat mal traité », s’exclame le journal en Une qui constate que si « le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a plaidé hier en faveur de la ratification du traité budgétaire, il n’a pas éclairé la politique européenne de la France. »
En effet, pour Libération, « le Premier ministre a préféré ne prendre aucun risque et s’en tenir à un niveau de généralité qui n’a fâché personne. Ni dans son gouvernement, ni dans sa majorité. De peur des divisions, il a oublié sa vision. Les grandes options - Quel fédéralisme ? Quelle solidarité partagée ? Quel contrôle démocratique ? - n’ont pas même été présentées, comme si la gauche au pouvoir refusait de participer pleinement à l’élaboration du débat démocratique. »
Certes, renchérit Le Courrier Picard, « il est temps pour le président d’expliquer sa vision : si ce Traité constitue un acte imposé de discipline budgétaire, quelle est l’étape suivante sur la route de l’intégration politique ? »
Mediator : nouvelle affaire dans l’affaire ?
A la Une également : le scandale du Mediator, avec « les chiffres qui sèment le doute ». C’est le dossier du Parisien qui constate « qu’à ce jour, 86% des demandes d’indemnisations des victimes du Mediator ont été rejetées par les experts désignés par le ministère de la Santé. » Du coup, s’interroge le journal, l’antidiabétique des laboratoires Servier est-il vraiment à l’origine des quelque 500 décès qu’on lui impute ? « Le scandale se dégonfle-t-il ? »
Ou alors, y a-t-il une « nouvelle affaire dans l’affaire ? » Pour Irène Frachon, le médecin auteur du livre qui a révélé le scandale, les laboratoires Servier font pression sur les experts : « Il est quand même incroyable, affirme-t-elle au Parisien, que l’Etat ait décidé de retirer ce médicament en s’appuyant sur des études prouvant sa dangerosité et que, deux ans plus tard, un collège d’experts prenne des décisions souvent contraires. »
Le débat sur l’adoption par des couples homosexuels à la Une du Figaro. Avec ce titre : « les psy mettent en garde contre l’adoption. (…) Christiane Taubira, ministre de la Justice, veut que le projet de loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels leur permette d’adopter 'dans les mêmes conditions que les hétérosexuels', rappelle le journal. Cette perspective inquiète la plupart des pédopsychiatres, affirme donc Le Figaro. Ils estiment que les enfants élevés par deux parents de même sexe seront confrontés à des situations très complexes. Ils mettent en doute les 'études' rassurantes sur leur comportement. »
Convaincre pas contraindre !
Enfin, à lire dans Le Monde, le portrait de Marie-Christine Saragosse, qui va bientôt présider aux destinées de l’AEF, l’Audiovisuel extérieur de la France, dont RFI fait partie. « La candidate normale », titre le quotidien du soir, allusion sans doute à l’unanimité dont elle a fait l’objet… jusqu’à l’Elysée. « Une femme du sérail, soucieuse d’apaisement après les turbulences nées de fusions conduites à marche forcée », commente Le Monde. Le Monde qui rapporte les propos de la future patronne de RFI : « 'je veux convaincre, pas contraindre. (…)
On a fusionné en détruisant. Il est temps de réaffirmer les identités de chaque média et de panser les blessures'. Mais, derrière cette proximité, relève le journal, la chaleur peut être trompeuse. 'Je suis exigeante et déstabilisatrice', prévient-elle en expliquant que l’empathie avec ses collaborateurs n’empêche pas des sanctions lorsqu’elle estime le travail mal fait. »

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