Ces deux derniers jours, ont eu lieu à Bamako les Assises de l’occupation. Un forum de discussion organisé par la Coalition pour le Mali, une « initiative citoyenne trans-parti, trans-idéologie et trans-région », pour reprendre les termes utilisés par le quotidien Le Républicain. Le Républicain qui a suivi avec attention ce débat.
« Quelques heures après la première exécution extrajudiciaire à Tombouctou par les envahisseurs et à quelques heures d’une rencontre vitale du Conseil de Sécurité sur la crise malienne, la Coalition pour le Mali a fortement secoué les dattiers, s’exclame le quotidien bamakois.
Ce qui en est tombé, hélas, ce ne sont pas les dattes savoureuses de l’Inchawag, mais celles de la colère légitime contre ce qui ressemble ici à une assistance à compatriotes en danger et là, à un endossement de l’indépendance du Nord arrosé de larmes de crocodile ou de propos bravaches sur fond d’inertie. Les vrais experts ne sont pas au Pentagone ou à Abuja, constate encore Le Républicain, ils sont à Bourem, Tessalit, Gao et ce sont ceux, qui vivant avec leurs agresseurs, connaissent leurs visages, leurs forces et leurs faiblesses. »
« Le Mali a été suffisamment mordu… »
Alors, la parole s’est donc libérée hier et avant-hier. Le Républicain, toujours, a recueilli de nombreux témoignages, cris de colère ou encore de frustration, pour ces notables, ces religieux, ces simples citoyens venus partager leur vécu.
Tout d’abord des constats : « six mois de palabre et rien » ; « aujourd’hui nous sommes à 251 jours d’occupation » ; « les Droits des femmes sont violés… on n’a pas le droit de parler à un homme » ; « c’est la pauvreté qui pousse les jeunes à aller dans les rangs des groupes armés »
Et puis, il y a les opinions des uns et des autres sur une sortie de crise, des opinions parfois tranchées, parfois opposées… « Le Mali a été suffisamment mordu, s’il a des dents il doit aussi réagir » ; « le sentimentalisme ne marche plus… je préconise haut et fort la guerre » ; « je préconise que la CEDEAO intervienne et la négociation après » ; « je préfère la négociation parce que le jour où on va faire la guerre, on ne trouvera personne là-bas » ; ou encore, « les populations craignent une guerre qu’on ne pourra pas contrôler »
Commentaire du Républicain : ces « témoignages convergent tous vers un seul postulat : l’adversaire est à portée de main, il peut être vaincu et sera vaincu si le gouvernement malien le veut et s’il peut compter sur la solidarité agissante du monde. (…) Les congressistes ont dit autre chose de capital, relève encore le quotidien bamakois : après l’avoir libéré, il faudra panser le Nord où la confiance ne règne plus et où la précarité s’est accrue. Le Sahel a besoin de son plan Marshall pour éviter à sa population de dépendre du paracétamol d’Aqmi. Par l’audition des martyrs du Nord, Bamako confirme ce besoin depuis hier. »
Quand ?
Pour L’Observateur au Burkina, il y a « non-assistance à peuple en danger. (…) C’est en principe aujourd’hui jeudi que s’ouvre, à New-York, la session du Conseil de sécurité de l’ONU sur, entre autres, l’examen de la situation au Mali. (…) Combien de rounds faudra-t-il aux quinze pays membres avant de donner quitus aux contingents militaires de la CEDEAO ? Comme on le constate, le chemin vers une résolution ouvrant la voie à une intervention internationale s’annonce longue. De la maison en verre aux dunes de sable du septentrion malien, il y a loin. Au propre comme au figuré. »
Et L’Observateur de s’interroger : « combien de personnes faut-il encore amputer, combien de couples non halal faut-il encore lapider à mort, combien de musulmans frelatés faut-il zigouiller afin que la Communauté internationale daigne réagir ? »
Le site d’information Fasozine renchérit : « Quand lanceront-ils l’assaut ? C’est la question qui brûle toutes les lèvres depuis que les autorités de Bamako ont fini par s’accorder avec la CEDEAO pour aller en guerre contre les groupes islamistes. On attendrait plus que le quitus du Conseil de sécurité de l’ONU pour donner un cachet international aux casques des 'libérateurs'. »
En attendant, constate Fasozine, « les islamistes continuent d’imposer la charia à des populations abandonnées à elles mêmes. Non seulement elles sont coupées du reste de leurs compatriotes, mais elles courent constamment le risque de se voir couper le bras ou le pied par leurs nouveaux maîtres, pour un oui ou un non. Le pire dans l’angoisse permanente de ces Maliens perdus au Nord, conclut le site d’information burkinabé, c’est qu’ils ne savent ni le jour, ni les hommes, encore moins le temps que prendront l’Etat malien et ses alliés de la CEDEAO pour les délivrer. »
En effet, pour de nombreux journaux, le déploiement des troupes de la CEDEAO n’est pas encore pour demain… Outre le feu vert de l’ONU, il y a encore beaucoup de détails en suspend. Pour le journal malien La Mutation , « il faudra plus de temps encore (4 à 6 mois) pour voir ces forces étrangères sous le nom de la Mission de la CEDEAO au Mali (la MICEMA). »
La Mutation qui relève notamment que « la CEDEAO n’est pas parvenue à convaincre l’Algérie et la Mauritanie d’aller en guerre totale. Pour l’instant seuls, le Niger, le Tchad voire l’Afrique du sud sont disponibles à envoyer des troupes au Mali. C’est au vu de toutes ces insuffisances criardes que la CEDEAO a été obligée d’aller peaufiner sa copie. C’est dire, conclut le journal malien, que les populations des zones occupées devront encore patienter enfin de se voir délivrer de ces bandits armés. Pauvre Mali ! »

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(1) Réaction
une attente penible
C'est vrai pour la Cedeao de convaincre l 'Algérie et la Mauritanie de prendre part a ce rappel à l'ordre a ces bandits armés dont on ne sait leur provenance encore sur leur appartenance religieuse jusqu'a s 'errige en véritable tortionnaire. ces deux pays n ont qu 'a se decider pour la cause humanitaire et pour l 'honneur d 'une Afrique fatiguee qui a besoin de Paix.