
De Kaboul à Homs, elles et ils risquent leur vie pour raconter le monde. A l'occasion des 6èmes assises du journalisme qui se sont tenues cette semaine à Poitiers, les grands reporters Hervé Ghesquière, Edith Bouvier et Alfred de Montesquiou sont nos invités. Ils racontent leurs expériences et partagent leurs visions du métier de journaliste.
Leurs noms résonnent encore dans nos têtes, égrenés pour certains, jour après jour, dans l'attente de leur libération. D'autres sont devenu(e)s, malgré elles, malgré eux, les héros de l'histoire qu'ils étaient simplement venus raconter. Jeunes ou moins jeunes, ils ont choisi de couvrir les zones les plus inconfortables et dangereuses. Bosnie, Rwanda, Irak, Afghanistan, Syrie, Libye. Ils sont souvent considérés, probablement malgré eux aussi, comme l'aristocratie du journalisme.
Mais attention aux faux pas! Attention à la déveine! On ne manquera pas, par derrière, de souligner leur imprudence leur inconscience et même leur ingratitude envers ceux qui les ont sortis des mauvais coups (quand il y en a).
Journalistes de guerre, journalistes de crises, ils sont trois à être venus nous raconter leur perception du métier ce qu'ils ont appris dans l'épreuve, à leur avantage ou à leurs dépens.
Les assises du journalisme ont organisé, ce mardi 2 octobre 2012, une table ronde ayant pour thème : Grand reportage: parole à la génération printemps arabe.
Étaient notamment invités à s'exprimer Edith Bouvier et Alfred de Montesquiou qui se sont distingués dans leur couverture du printemps arabe. Le modérateur de cette rencontre était une autre figure du journalisme célèbre, Hervé Ghesquière, rendu célèbre par sa captivité d'un an et demi dans les geôles talibanes d'Afghanistan.
Hervé Ghesquière est journaliste, grand reporter à France 2. Il vient de consacrer un livre à sa détention en tant qu'otage des talibans en Afghanistan. Il a pour titre 547 jours chez Albin Michel, il s'agit bien sûr de la durée de sa captivité entre décembre 2009 et juin 2011 en compagnie de Stéphane Taponier et Reza, leur fixeur. Un livre dont l'ambition est de raconter la captivité, le cauchemar de la vie d'otage et aussi de dissiper plusieurs malentendus.
Edith Bouvier est journaliste. Elle travaille au Figaro après plusieurs années à RFI. Son nom a fait la Une des journaux, après qu'elle ait été blessée le 22 février 2012 dans un bombardement de l'armée syrienne. Celui qui a tué le photojournaliste français Rémi Ochlik et la journaliste américaine Marie Colvin. Edith a été grièvement touchée à la jambe. S'en sont suivis 10 jours de calvaire qu'elle a choisi de raconter dans un livre: Chambre avec vue sur la guerre publié chez Flammarion. Elle y retrace ces journées de peur et d'horreur et parle aussi de son parcours de jeune journaliste du Kurdistan irakien à la Tunisie en passant par le Sud Soudan.
Alfred de Montesquiou est journaliste, grand reporter à Paris Match. Il a été également basé à Haïti pour Associated Press. Il est lauréat 2012 du prix Albert Londres pour sa couverture de la révolution libyenne. Il est en train de préparer plusieurs livres en ce moment, dont nous reparlerons probablement. Il a récemment contribué au livre Révolutions consacré au travail de Rémi Ochlik avec lequel il a fait équipe.

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