lundi 15 octobre 2012
Inde : l’ouverture du marché de la distribution, entre craintes et nécessités
A la sortie de Bombay, le supermarché indien Hypercity a ouvert en 2006. Un énorme palais climatisé, qui s'est adapté à la consommation locale, avec des rayons végératiens bien séparés.
A la sortie de Bombay, le supermarché indien Hypercity a ouvert en 2006. Un énorme palais climatisé, qui s'est adapté à la consommation locale, avec des rayons végératiens bien séparés.
RFI/Sébastien Farcis
Par Sébastien Farcis

En Inde, le gouvernement a adopté, il y a un mois, une réforme très attendue, et qui pourrait bientôt engendrer une révolution économique et sociale : il a ouvert le marché du commerce de détail aux investisseurs étrangers. A moyen terme, les grands groupes comme le Français Carrefour ou l’Américain Wal-Mart devraient ouvrir des supermarchés modernes dans ce pays d’1,2 milliard d’habitants, ce qui leur était interdit jusqu’à présent. Et c’est ainsi tout le système de distribution indien qui pourrait être chamboulé, car aujourd’hui, plus de 90% de ce secteur estimé à 350 milliards d’euros, est détenu par les petits épiciers de quartiers. Cette réforme soulève donc d’énormes craintes de la part de ces petits commerçants, qui ont peur d’être écrasés sous le poids de ces multinationales étrangères. Et avec ces épiciers, c’est tout le modèle traditionnel indien de commerce de quartier qui pourrait disparaître.

Dans le quartier huppé de Bandra, à Bombay, "Bazar road" est l'un des centres du commerce de détail.
RFI/Chandra Shekar
Les vendeurs ambulants de fruits et légumes côtoient les petits commerces familiaux comme les épiceries, papéteries, quincailleries ou vitreries.
RFI/Sebastien Farcis
Mais comme la plupart des commerçants de cette rue, Dilip Jain, qui tient ce bazar-quicaillerie familial, se sent menacé par l'arrivée des géants étrangers de la distribution.
RFI/SébastienFarcis
Imesh Thakkar, lui, est moins inquiet. Il connaît parfaitement ses produits, et peut offrir un service et un conseil précieux aux clients.
RFI/Sébastien Farcis
Entre épices et fruits secs ou préparations spéciales pour la cuisine indienne, son épicerie ouverte depuis 1898 vend une telle gamme de produits au détail que les supermarchés auront certainement du mal à le concurrencer.
RFI/Sébastien Farcis
Cette compétition sera certainement plus féroce pour des commerçants de cette rue qui vendent des produits industriels.
RFI/Sébastien Farcis
La force de beaucoup de ces détaillants est de réussir à offrir une gamme de choix énorme, pour de très petites sommes. Mais ce modèle est-il viable pour longtemps ? La nouvelle génération prendra-t-elle la relève ?
RFI/Sébastien Farcis
A 15km de là, à la sortie de Bombay, le supermarché indien Hypercity a ouvert en 2006. Un énorme palais climatisé, qui s'est adapté à la consommation locale, avec des rayons végératiens bien séparés par exemple.
RFI/Sébastien Farcis
Il attire la classe moyenne qui cherche à gagner du temps et souhaite également trouver des produits de plus haute gamme, ou importés.
RFI/Sébastien Farcis
A une centaine de mètres de là, les habitants d'un grand bidonville, eux, ne se rendent jamais dans ce supermarché. Ils vont dans cette épicierie-pharmacie, qui offre des produits moins chers et des médicaments génériques.
RFI/Sébastien Farcis
L'agriculture devrait également être affectée par l'arrivée des supermarchés. Aujourd'hui, la distribution passe par des intermédiaires qui prennent environ 10% de commission, comme ici dans la grande halle de Pune, près de Bombay.
RFI/Sébastien Farcis
Les agriculteurs pourraient être tentés de passer des contrats de production directement avec les supermarchés, pour réduire ces commissions
RFI/Sébastien Farcis
Mais ces changements mettront du temps à s'opérer, car la production agricole est éclatée entre de petits exploitants.
RFI/Sébastien Farcis

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