mardi 16 octobre 2012
Gazprom dans la tourmente
Siège de Gazprom à Moscou.
Siège de Gazprom à Moscou.
© AFP
Par Anastasia Becchio

Le géant russe du gaz accumule les déconvenues alors que la deuxième conduite de son gazoduc Nord Stream est entrée en service, la semaine dernière. Ces derniers mois, les mauvaises nouvelles se sont accumulées : perte de 10 % du marché intérieur et chute de 23 % du bénéfice sur un an.

Cette fois, Vladimir Poutine ne s’est pas déplacé dans la baie de Portovaïa, dans le golfe de Finlande, pour l’événement. Le président russe a envoyé un message vidéo diffusé lors de la cérémonie d’ouverture, dans lequel il a souligné l’importance géopolitique de cette infrastructure pour la Russie, qui peut désormais exporter son gaz en Europe occidentale en contournant la Pologne, la Biélorussie et l’Ukraine. La mise en service de la deuxième conduite du gazoduc Nord Stream permet de doubler sa capacité à 55 milliards de m3 par an, soit un tiers du volume du gaz russe exporté vers l’Europe, par la mer Baltique et l’Allemagne.

Le tableau pour Gazprom est pourtant loin d’être idyllique. Ces derniers mois, les mauvaises nouvelles se sont accumulées : à commencer par la perte de 10 % du marché intérieur et la chute de 23 % du bénéfice sur un an. Une note récente de la banque VTB Capital a révélé de sérieux problèmes financiers pour la société. A cela s’ajoutent une mauvaise réputation de gestion opaque et inefficace, récemment pointée du doigt par Vladimir Poutine en personne ainsi que l’ouverture d’une enquête pour entrave à la concurrence de la part de la Commission européenne. 

Autre dossier préoccupant et non des moindres pour la compagnie : le développement de l’extraction du gaz de schiste. Selon l’Agence internationale de l’énergie, l’émergence de cette nouvelle source d’énergie pourrait bientôt faire perdre à Gazprom sa position de leader mondial sur le marché du gaz d’ici dix ans. « Est-ce la fin de la dictature de Gazprom ? », s’interrogeait récemment le journal Vedomosti. « Bien que Gazprom ait longtemps nié l’existence de ce problème, la révolution du gaz de schiste aux Etats-Unis a eu des répercussions sur ses bénéfices », notait le quotidien des affaires.

Le géant russe avait prévu de fournir du gaz aux Américains à partir du gisement offshore de Shtokman en mer de Barents, mais le projet a été repoussé. Petite consolation, le gaz russe reste pour le moment plus compétitif en Europe que le gaz américain, du fait des coûts de transport.

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