Quinze assassinats depuis le début de l’année, 22 l’année dernière : l’Ile de Beauté est la région d’Europe où il y a le plus de crimes de sang. D’où ce sombre constat à la Une de Libération : « Corse : l’île aux meurtres. (…) L’assassinat, hier, de l’avocat Antoine Sollacaro illustre la dérive d’une région où disparaissent les frontières entre nationalisme, politique et banditisme ». Libération n’a pas de mots assez durs pour condamner cette dérive : « L’île de Beauté est une île de cruauté, affirme le journal. (…) Le folklore, l’irrédentisme, l’histoire corses ne sont que prétexte à un dévoiement de la politique locale qui confond trafic d’influence, corruption et banditisme ».

Et ce matin, l’indignation est générale dans la presse.
« En Corse, on flingue sans discernement, s’exclament Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Par basse vengeance ou appât du gain. Pour un ensemble immobilier ou le contrôle de quelques machines à sous. Plus tant par idéologie finalement. La violence qui gangrène l'île de Beauté, titulaire du record d’Europe de l’assassinat, ne semble plus avoir ni signification ni limite et encore moins de garde-fous. Elle est devenue multiforme, incontrôlable ».

« Les assassins corses ne reculent plus devant le poids des institutions, déplore La Charente Libre. (…) Cette notion d’État de droit n’a plus le moindre sens pour les tueurs à gages et leurs commanditaires, si toutefois elle a pu un jour en avoir un. En Corse, plus que jamais la vendetta tient lieu de droit pénal et la mafia de droit civil ».
Et le quotidien charentais de s’interroger : « qui peut encore croire que le nationalisme et l’indépendantisme ne soient autre chose que les loqueteux paravents d’intérêts personnels, à cent lieues de l’intérêt général des Corses ? »

Quelle solution ?

Que fait l’Etat ? Beaucoup de moyens et peu d’avancées… En effet, constate Le Midi Libre, « tous les gouvernements ont posé une main de fer sur l’île. Sans résultat. Exécution. Plastiquage. Incendie. Les politiques passent, les Corses trépassent. (…) Toutes les politiques de droite et de gauche visant à pacifier la vie de 300 000 ressortissants ont été vaincues. Nicolas Sarkozy avait compris que cette terre de mission ne ressemblerait à aucune autre. Ni ses nombreux voyages, ni ses intentions n’ont eu raison de la violence. Manuel Valls, le chouchou des sondages, serait bien inspiré de mettre les mains dans le dossier corse. On lui souhaite bon courage ».

Le Journal de la Haute-Marne, lui, ne croit plus en l’action de l’Etat : « les échecs répétés du pouvoir central face à la question corse montrent à l’évidence que la solution ne viendra que des Corses eux-mêmes et d’une véritable volonté de rompre avec ce folklore criminel ».

Distinguer les collectionneurs des spéculateurs…

A la Une également, ce soupir de soulagement lâché par Le Figaro : « impôts : la gauche revoit (un peu) sa copie  ». En effet, se félicite le journal, finalement, « les œuvres d’art n’entreront pas dans le calcul de l’ISF et la redevance télé ne sera pas étendue aux résidences secondaires ». Et « quel dommage que cette preuve par l’art ne dessille pas davantage les yeux du Premier ministre ! », s’exclame Le Figaro. « Qu’il ne se soit trouvé personne, au gouvernement, pour s’inquiéter des conséquences en chaîne du matraquage programmé des classes supérieures et des chefs d’entreprise. Car les mêmes causes produisant les mêmes effets, ce qui est vrai pour l’art vaut aussi pour la vie des affaires, affirme le journal. Et ce qui est vrai pour l’ISF appliqué aux tableaux de maître vaut tout autant pour l’ISF appliqué à l’épargne et au capital. Qu’on le veuille ou non, c’est ainsi, martèle Le Figaro : l’excès d’impôts mine le système économique de l’intérieur, fait fuir les richesses et ceux qui les produisent ».

Analyse différente, on s’en serait douté, pour L’Humanité. Le quotidien communiste reconnait que « l’impôt sur la fortune appliqué aux œuvres d’art affecterait lui-même le mouvement de l’art ». Toutefois, estime-t-il, « il serait bienvenu de distinguer les collectionneurs et les galeristes des spéculateurs, qui enferment dans la nuit des coffres-forts le travail de grands artistes, comme on stocke des lingots. Un dispositif particulier pourrait être rapidement élaboré ».

Cocorico !

Enfin, le football, avec un match nul aux allures de victoire. Un but partout hier soir entre l’Espagne et la France en qualifications pour la Coupe du monde. Cocorico… « Les Bleus tiennent tête à l’Espagne », constate Le Figaro.
« C’est comme ça qu’on vous aime », lance Le Parisien en Une. Le Parisien qui estime en effet que ce nul « vaut une victoire », face à des « Espagnols champions du monde » qui « ont rarement autant souffert ».

L’Equipe ne cache pas non plus son plaisir : « jouissif », s’exclame le quotidien sportif qui affirme que « la France a sans doute livré hier en Espagne sa meilleure prestation depuis très longtemps. (…) Magnifiques en seconde période, les Bleus ont mérité mille fois l’égalisation de Giroud ». D’autant que, souligne L’Equipe, « le but de Menez en première période, refusé pour hors-jeu, était valable ».
Finalement, tout s’est joué à quelques centimètres et à quelques secondes, puisque le but libérateur des Bleus a été inscrit à la toute fin du match.

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