« La course sans tête », constate Libération. A 15 jours du scrutin présidentiel aux Etats-Unis, « l’ex aequo est presque parfait, relève le journal : 47% d’intentions de vote pour Barack Obama et 47% pour Mitt Romney. (…) Et rien n’indique que le dernier débat télévisé, qui a porté lundi sur la politique étrangère, aidera à les départager. »
« C’est entendu, constate Le Monde : la politique étrangère ne joue aucun rôle dans l’élection américaine. Le mardi 6 novembre, les électeurs se décideront en fonction d’un critère, un seul : l’économie. C’est dommage pour le président sortant, Barack Obama, relève le quotidien du soir, qui, d’estoc et de taille, a, sur le sujet de la diplomatie, terrassé, lundi soir, son adversaire républicain, Mitt Romney. »
Le Monde qui n’accorde aucune circonstance atténuante à ce dernier : « on a beau réécouter le débat, on ne trouvera pas chez le républicain l’esquisse d’une idée, un souffle d’originalité, le début d’une vision. »
Pas d’accord Le Figaro : « le débat de lundi soir sur la politique étrangère a montré à quel point les choix sont devenus limités, même pour les États-Unis : sur la plupart des questions abordées, la différence entre Obama et Romney est, finalement, assez minime, estime Le Figaro. Sur ce plan-là aussi, le candidat républicain a très habilement mené sa barque. Il lui fallait effacer l’image de va-t-en-guerre qui lui a été collée pendant la campagne des primaires. Au sujet de l’Iran comme de la Syrie, mais aussi à propos de l’Afghanistan, Mitt Romney s’est montré modéré, donnant à entendre qu’il ne serait pas un second George W. Bush et qu’il ferait tout pour éviter une nouvelle aventure militaire. »
Pour Nord Eclair, avantage tout de même à Barack Obama dans ce domaine de l’international : « sa politique étrangère nous est connue. Celle de Romney est encore à voir, qui a commencé sa campagne dans l’improvisation avec une méconnaissance des dossiers internationaux. Et surtout avec un entourage très va-t-en-guerre. Il y a une certitude Obama et une inconnue Romney, relève encore le quotidien nordiste. Pour les autres pays de la planète, l’équation est à peu près la même. Tous ont une conviction : quel que soit l’élu, les USA ne sont pas prêts à abandonner leur politique impériale. »
Un grand absent de ce débat : l’Europe… Aucun des deux candidats n’a évoqué la situation du vieux continent. Normal, relève L’Alsace, « l’Europe n’intéresse pas. Même si la crise de l’euro peut déstabiliser l’économie mondiale, ce risque n’est pas perçu comme une menace directe par les Américains. (…) The Artist, le dernier triomphe européen à Hollywood, est un film muet en noir et blanc. Il est tout à fait représentatif de l’image que beaucoup d’Américains ont de nos pays. »
Alors, qui sera le prochain président des Etats-Unis ? On en revient à cette égalité quasi-parfaite dans les sondages… « Il y a quelques semaines encore Obama semblait marcher vers une réélection relativement aisée, note La Dépêche du Midi, aujourd’hui l’hypothèse d’une victoire de Romney n’est plus à exclure, tant les deux candidats sont au coude à coude dans les sondages. »
« La situation n’est plus celle d’il y a quatre ans, renchérit L’Union. Obama ne fait pas la course en tête. Il n’apparaît plus intouchable d’autant qu’il n’a pas brillé lors du débat sur l’économie avec son challenger. »
Mort-né ?
A la Une également : le rapport Gallois… Un rapport sur la compétitivité commandé par le gouvernement à l’ancien patron d’EADS qui devrait être publié le 5 novembre mais qui semble d’ores et déjà promis à un bel enterrement par la majorité… « Ses idées sont déjà connues de tout le microcosme socialiste, rapporte Le Canard Enchaîné : Gallois milite pour 'une réduction massive des charges patronales à hauteur de 30 à 50 milliards d’euros', financée par la CSG. Mais aussi par la TVA. L’exact contrepied du candidat Hollande. » Du coup, le gouvernement pourrait bien faire « machine arrière », affirme Le Canard, « à la grande fureur de l’auteur », qui aurait lâché à l’un de ses proches : « j’en ai marre de voir toutes mes idées dézinguées avant même d’avoir été annoncées officiellement. »
En fait, précise La Presse de la Manche, « ce que dit, semble-t-il, M. Gallois, est de l’ordre du constat le plus élémentaire. A savoir que pour relancer la compétitivité, il faut alléger les charges des entreprises et celles qui pèsent sur les salaires. Mais ces allègements sont autant de rentrées d’argent dont l’Etat a le plus urgent besoin, qui ne sont plus au rendez-vous.
En outre, complète le quotidien normand, la majorité refuse d’ajouter un choc compétitif au choc fiscal qui vient tout juste d’être voté (…). Il aurait fallu alléger le coût du travail et la fiscalité des entreprises, ne pas voter les hausses d’impôts en tous genres imaginées par Bercy, et s’en remettre simplement à une hausse de la TVA et de la CSG, solution reprise dans d’autres pays. Mais là, on bute sur un mur idéologique. La hausse de la TVA sociale, rappelle en effet le journal, c’était le choix de Nicolas Sarkozy. »
« Cela dit, estime Le Journal de la Haute-Marne, le gouvernement semble désormais acquis à l’idée que l’exigence de compétitivité n’est pas une idée de droite, mais la prise en compte de la réalité : la France n’en finit pas de perdre des parts de marché dans le monde. Et des centaines de milliers d’emplois dans la foulée. »

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