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Chronique des Matières Premières

Le Groenland attend impatiemment les investisseurs pour développer ses ressources

Le Groenland attend impatiemment les investisseurs pour développer ses ressources
 
Claire Fages.

Hydrocarbures, terres rares, uranium : les ressources du Groenland sont très convoitées par les puissances étrangères, mais les investisseurs tardent à concrétiser leurs projets.

Le Groenland n'est pas un Etat, il dépend encore du Danemark. Pourtant les plus grandes puissances lui font les yeux doux. Il y a un an le ministre groenlandais des ressources naturelles était reçu en Chine par le futur Premier ministre Li Keqiang. Depuis, le commissaire européen à l'Industrie a visité la province autonome, puis le président chinois Hu Jintao en personne. Quant au président sud-coréen, il est allé directement au Groenland sans même saluer au passage les autorités danoises à Copenhague ! Car à terme, le Groenland, un territoire quatre fois grand comme la France mais peuplé de seulement 57 000 habitants, sera indépendant, avec une poignée de décideurs à sa tête. Or il regorge non seulement d'hydrocarbures, mais de minerais.

Un énorme projet, en particulier, est en suspens, dans le Sud : Kvanefjeld. Il s'agit d'un gisement de 40 000 tonnes de terres rares et d'uranium. Mais il y a encore quelques obstacles de taille : la population groenlandaise, et danoise en général, est méfiante vis-à-vis des sources de radioactivité, depuis l'accident du B52 américain près de la base américaine de Thulé, dans les années 60 - or l'extraction de l'uranium présente toujours des risques. Enfin ce projet demande au minimum un milliard et demi de dollars d'investissements. Greenland Minerals and Energy, la petite compagnie australienne qui a découvert ce gisement, cherche un racheteur puissant.

Kores, la corporation publique qui chapeaute les grands industriels de Corée du Sud, serait sur les rangs. Mais elle se presse lentement, tout comme les autres acteurs mondiaux. Car en ce moment, le prix des terres rares et de l'uranium sont déprimés, et les capitaux peu disponibles. D'où l'impatience de l'exécutif dans la province autonome, qui souhaiterait voir la production commencer dès 2014. Car l'enjeu est de taille : trouver un substitut à l'aide danoise, plus d'un demi-milliard d'euros par an, lorsque l'indépendance sera effective. En juin prochain des élections auront lieu au Groenland, et qu'il y ait ou non alternance dans la province autonome, il semble que la législation évolue en faveur de l'extraction de l'uranium. Maintenant, cela ne veut pas dire que l'argent des investisseurs sera au rendez-vous.

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A lire : Damien Degeorges, Terres rares : enjeu géopolitique du XXIe siècle. Chine – États-Unis – Europe – Japon – Groënland (Ed. L’Harmattan, 2012)
 

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