vendredi 11 janvier 2013
Trois ans après le séisme, le pessimisme des Haïtiens
Au bord d'un axe majeur de Port-au-Prince, les sinistrés de ce camp restent circonspects devant ce panneau publicitaire : «Haïti is open for business».
Au bord d'un axe majeur de Port-au-Prince, les sinistrés de ce camp restent circonspects devant ce panneau publicitaire : «Haïti is open for business».
RFI/Amélie Baron
Par Amélie Baron

Il y a trois ans, un tremblement de terre majeur ravageait la capitale haïtienne et plusieurs villes de province, causant la mort de plus de 200 000 personnes. La catastrophe a marqué tous les citoyens et les Haïtiens ont fait preuve d'une extrême solidarité dans les jours qui ont suivi. Aujourd'hui, le pays essaie de se reconstruire mais les grandes inégalités entre la majorité pauvre et l'élite riche ont refait surface et les nombreuses familles des quartiers populaires n'ont pas vu leur quotidien changer.

Le déblaiement des ruines du Palais national, monument qui faisait la fierté de tous les Haïtiens, vient de s’achever. Lors du chantier, les ouvriers ont pris soin de conserver l’immense drapeau qui flottait au moment du séisme devant l'édifice.
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Installée depuis trois ans sur un terrain privé avec 300 autres personnes, Denise 22 ans, espère trouver de l’argent pour suivre des cours de comptabilité.
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Préparer à manger, faire la lessive, tout est compliqué pour Natacha qui vit depuis trois ans dans un abri de quelques mètres carrés avec son compagnon et leur fils de 7 ans.
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Guerline habite depuis 5 ans le quartier populaire de Jalousie, sur les hauteurs de Port-au-Prince. Miraculeusement épargné par le séisme, Jalousie illustre bien l’anarchie urbaine qu’a connu la capitale ces 20 dernières années.
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Construit sans planification, le quartier de Jalousie ne peut gérer ses déchets. Le fatras est ainsi jeté dans les ravines, régulièrement brûlé et à chaque pluie, cette pollution se déverse dans le bas de Port-au-Prince et dans la mer.
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A Jalousie, Florilia vit avec sa mère et sa fille dans une petite pièce où il n’y a de la place que pour un seul lit.
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Jalousie domine la baie de Port-au-Prince. L’enchevêtrement de constructions n’a par miracle pas subi de dégâts lors du séisme. Ce quartier a continué à s’étendre sur les collines avec l’arrivée des familles expulsées de certains petits camps de sinistrés.
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Le chantier de Morne-à-Cabri, à 15 kilomètres au nord de Port-au-Prince, a été lancé par l’Etat pour reloger les sinistrés. Plusieurs dizaines de maisons, sur les 3000 prévues sur les plans, sont presque achevées mais les constructions sont à l’arrêt.
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Depuis plus de 15 ans, Saint-Anne vend des fruits et légumes dans les rues de la capitale. Depuis le passage des cyclones Isaac, en août, et Sandy, en octobre, les prix ont flambé. Et elle a du mal à payer les frais de scolarité de son fils de 16 ans.
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Au bord d'un axe majeur de Port-au-Prince, les sinistrés de ce camp restent circonspects devant ce panneau publicitaire : «Haïti is open for business».
Amélie Baron/RFI

    tags : Haïti
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