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    Embellie des cours du pétrole après un retournement du marché

    Réservoirs de stockage de fioul à Damman, à quelque 450 kilomètres à l'est de Riyad, la capitale du royaume d'Arabie Saoudite. AFP Photo/Hassan Ammar

    Entre une demande de pétrole plus forte que prévu et une offre de brut en forte chute, les prix du baril se redressent. Les 111 dollars ont été franchis hier à la Bourse de Londres.

    Les investisseurs ont réalisé que les marchés n'étaient plus aussi inondés de pétrole qu'ils le pensaient. La mer du Nord et le Brésil vont certes produire plus de brut cette année, mais l'Arabie Saoudite a brutalement réduit ses exportations à 9 millions de barils par jour le mois dernier, la plus forte baisse en trois ans (- 5%).

    Le premier exportateur mondial avait jusqu'à présent maintenu un très haut niveau de production pour compenser, d'abord, la baisse des exportations libyennes puis, l'an dernier, la chute des exportations iraniennes. C'est terminé : Riyad a resserré les vannes, anticipant une demande mondiale de pétrole flageolante. Or c'est l'inverse qui semble se produire : l'économie chinoise se redresse à un rythme accéléré, comme en témoignent les derniers chiffres de croissance et du commerce extérieur. L'empire du Milieu aura besoin de plus de pétrole qu'escompté pour faire marcher son industrie - la reprise des importations de brut en décembre en est le signe. De son côté, l'économie américaine se porte également beaucoup mieux, la Banque fédérale anticipe 2,5% de croissance en 2013, ce qui augure d'une plus forte consommation de pétrole aux Etats-Unis.

    La demande de brut progresse, alors que le marché est moins alimenté, c'est pourquoi les cours relativement stables jusqu'à présent sont beaucoup plus fébriles. D'autant que la principale région productrice, le Moyen-Orient, est toujours très agitée, de la Syrie au Yémen, en passant par l'Iran qui procède à des démonstrations de force navale dans le détroit d'Hormuz... Le moindre aléa climatique, comme celui qui a gêné la sortie des tankers irakiens en fin de semaine dernière, fait bondir les cours : hier le baril de Brent a dépassé le seuil fatidique des 111 dollars. A New York, le brut américain reste en deçà, mais à 94 dollars, il a connu une progression encore plus forte pour une raison supplémentaire : l'étau s'est desserré autour des stocks américains de pétrole qui avaient atteint un niveau historiquement élevé dans le Midwest car un oléoduc trois fois plus large achemine désormais le brut vers les raffineries côtières des Etats-Unis.


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