lundi 21 janvier 2013
L'avenir des relations économiques entre la France et l’Allemagne
Angela Merkel (g) et François Hollande (d) célèbrent à partir du 21 janvier le cinquantenaire de l’amitié franco-allemande.
Angela Merkel (g) et François Hollande (d) célèbrent à partir du 21 janvier le cinquantenaire de l’amitié franco-allemande.
REUTERS/Jacky Naegelen/Files
Par Dominique Baillard

On célèbre à partir de ce soir à Berlin le cinquantenaire de l'amitié franco-allemande scellée par le traité de l'Elysée. Cette relation se reflète-elle sur le plan économique ?

En termes d'échanges commerciaux, le partenariat entre les deux pays est extrêmement poussé puisque l'Allemagne est le premier client de la France et également son premier fournisseur. Cette osmose déjà ancienne s'explique en grande partie par leurs attributs respectifs. Ce sont les deux pays les plus peuplés de la zone euro, avec une frontière commune assez importante, et ce sont les plus riches.

A eux deux, ils représentent presque la moitié du PIB de l'union monétaire, 47% exactement en 2010 selon les statistiques de l'Insee. Leurs économies sont par ailleurs extrêmement complémentaires. EADS, le groupe aéronautique essentiellement franco-allemand dans son capital, en est la plus belle expression avec la réussite d'Airbus. Mais c'est à peu près la seule car on voit au contraire la concurrence se renforcer dans les autres secteurs, que ce soit dans l'automobile ou dans l'agroalimentaire.

Malgré les complémentarités, les cycles des deux pays sont totalement divergents. Le chômage, qui explose en France à 10% alors qu'il est contenu à 5 % en Allemagne, illustre bien ce grand écart. On a vu l'Allemagne exporter, investir, de plus en plus hors de France et de la zone euro, tandis que la balance commerciale de la France se dégrade depuis dix ans.

Cela se traduit en chiffres : Volkswagen a vendu l'année dernière 9 millions de véhicules, soit deux fois plus que Peugeot PSA et Renault réunis. Les exportations allemandes représentent 44% de la richesse nationale, 24% seulement pour les exportations françaises. La part de la France dans le commerce extérieur allemand stagne tandis que celles des pays émergents et des voisins d'Europe orientale grimpent.

Ces chiffres laissent à penser que l'Allemagne se désintéresse de son voisin et partenaire historique. Mais à moyen terme, l'intérêt de l'Allemagne reste profondément ancré au sein de l'Union européenne, aux côtés de la France. La contraction de son économie au quatrième trimestre l'a clairement démontré : quand l'Europe s'enrhume, à cause de la rigueur qui bride sa consommation, Berlin tousse ! L'Allemagne a besoin de ce marché européen.

Elle en a d'autant plus besoin que c'est ici, tout près de ses frontières, qu'elle a choisi d'externaliser une partie de sa production. Un emploi automobile sur cinq en France par exemple est généré par des entreprises allemandes. Et puis, à plus long terme, l'Allemagne qui se dépeuple a tout intérêt à maintenir sa relation avec un pays plus dynamique sur le plan démographique, comme c'est le cas de la France. Reste à trouver un nouveau souffle politique et européen pour porter l'économie. L'harmonisation fiscale à l'étude entre Paris et Berlin est sans doute un pas dans cette direction. 

D'abord en provenance de Francfort où la Deutsche Bank a annoncé la reprise de ses activités financières sur les produits agricoles

La plus grosse banque allemande, qui avait abandonné ce type de produits sous la pression de l'opinion publique, qui associait la spéculation à la faim dans le monde, a décidé d'y revenir, estimant que ses activités dans ce secteur n'avaient pas d'incidence sur la hausse des cours.

Un vent d'insousiance souffle sur Wall Street où le VIX, l'indice de la peur, est retombé à son plus bas niveau depuis juin 2007

Qu'est-ce que c'est que cet indice ? C'est ce qui mesure la confiance des marchés. Quand il est bas, comme c'est le cas en ce moment, cela signifie que les opérateurs estiment que les titres ne vont pas trop bouger, que la volatilité du marché est faible, ce qui est rassurant car les mouvements brusques à la hausse ou à la baisse alimentent l'insécurité et in fine soit découragent les opérations soit renforcent les opérations de couverture pour limiter les risques. En clair, le VIX, c'est le baromètre des marchés américains. Il est donc au beau fixe à Wall street.

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