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    La guerre des monnaies

    Le Japon a fait ressurgir la guerre des monnaies. REUTERS/Truth Leem/Files

    Le terme de « guerre des monnaies » a ressurgi à la faveur des décisions du gouvernement japonais qui a décidé de laisser filer sa monnaie.

    Le Japon a déterré la hache de cette guerre encore bien virtuelle en ordonnant à la Banque centrale d'oublier un peu le contrôle de l'inflation et de faire marcher la planche à billets pour donner de l'oxygène à l'économie. L'objectif du nouveau gouvernement japonais est de faire baisser le yen pour rendre ses exportations plus compétitives. Et ça marche ! Pour l'instant le pouvoir des mots a suffi : depuis la victoire des conservateurs nippons en novembre, le yen a perdu 10% de sa valeur face au dollar et 14% par rapport à l'euro sans que la Banque centrale du Japon n'ait commencé à vendre massivement sa devise. Les constructeurs automobiles nippons se frottent les mains tandis que leurs concurrents commencent à faire la tête. Les Américains ont demandé la semaine dernière à Washington de réagir, ils trouvent déloyal d'être concurrencés par un simple effet de change. On glisse de la guerre commerciale à la guerre des monnaies, qui peut être alimentée par une surrenchère sans fin.

    Pourquoi recourir à la dévaluation ?

    Si Tokyo a recours à cette arme monétaire, c'est parce qu'il ne lui reste pas beaucoup d'autres leviers. Dans une situation de crise, difficile de demander aux industriels de limiter leurs investissements pour améliorer leurs prix, car c'est précisément d’investissements accrus dont ils ont besoin pour retrouver de la croissance. Encore plus délicat de serrer la ceinture des salariés alors que la crise économique a déjà rogné leur pouvoir d'achat. Faire baisser la monnaie apparaît comme la seule arme indolore sur le plan interne. Indolore sur le plan des finances publiques puisque la Banque centrale, à l'origine de la création monétaire, a le pouvoir de vendre autant de yen qu'elle le désire.

    Le Japon n'est pas le premier à jouer avec sa devise

    La Suisse et le Danemark, qui ont vu déferler les investisseurs effrayés par la zone euro, ont pris des mesures dès l'année dernière pour faire retomber la pression sur leur monnaie respective. Le pays le plus célèbre en matière de dévaluation artificielle est celui qui en profite le plus : la Chine. Les Chinois d'ailleurs ne manquent pas d'air puisqu'ils viennent de critiquer vertement la politique japonaise, l'agence officielle mettant leurs ennemis japonais en garde contre le risque d'une guerre des monnaies.

    L’euro du côté des victimes

    Pour le moment, la monnaie européenne encaisse, Mario Draghi estime que ce n'est pas encore un sujet d'inquiétude. Ce n'est pas tellement l'euro qui est perdant mais plutôt les économies les plus faibles de la zone. Un renforcement de la monnaie unique efface les efforts entrepris par les Espagnols pour rendre leur économie plus compétitive. En revanche, un euro fort est supportable pour l'Allemagne ou l'Autriche. Par ailleurs, si tout le monde se met à faire marcher la planche à billets, le vrai danger devient global, on redoute la formation de nouvelles bulles financières au-dessus de ces masses de capitaux flottants. C'est pourquoi, le langage martial fleurit dans la bouche des banquiers centraux ou des ministres des Finances qui, d’ordinaire, préfèrent s’abriter derrière un jargon plus technocratique.

    En bref dans l'économie

    La Banque mondiale de retour en Birmanie avec un chèque de 2 millions de dollars

    Ces fonds serviront à financer des activités de micro-crédit. Après des décennies d'isolement, le secteur bancaire birman est entièrement à reconstruire. La Banque mondiale avait annoncé son retour en novembre dernier. Ce prêt constitue son premier geste concret après vingt-cinq ans d'absence. Elle a promis une aide de 245 millions de dollars à la Birmanie.

    Gangnam, le tube du Sud-Coréen Psy, aspirateur à publicités

    Les simples clics sur YouTube pour regarder le clip video ont rapporté 8 millions de dollars de recettes publicitaires au site américain. Même en en reversant une partie à l'auteur, la filiale de Google apparaît comme la grande gagnante du Gangnam Style : ses revenus dépassent ceux du chanteur. 


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